D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Le retour de la grosse campagne D&D qui envoie du steak de Dragon.

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D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Message par Lord Kntrack » 08 févr. 2014 11:21

La Légende du Sorcier Sombre - Chapitre I : renaissance

Année 1370 du Calendrier du Pacte

Voilà maintenant 20 ans que le fort Tryr tomba sous les coups des armées du Sorcier Sombre. 20 ans que les royaumes vivent dans une paix illusoire. 20 ans que le mur des ossements à séparé Tryr du reste de Demétaire.

La défaite fut lourde de conséquence. Le culte de Tempus, celui-là même qui engendrait les plus fabuleux guerriers s’est écroulé sur lui-même. La chute du très saint Fort Tryra provoqué un véritable schisme au sein de l’institution.

Le conseil des immortels de Thrèbes se voile les yeux. Alors dans l’ombre les agents du mal œuvre pour une conquête totale du continent, les magiciens se complaisent dans un semblant de calme et de prospérité. Rien ne viendra d’eux.

Enfin la mort des Tonnerres de Tempus, un symbole de courage et de bravoure a achevé tout espoir et tout envie de riposte. Aucun héro ne s’est pour le moment dressé contre cet ennemi.

Mais aujourd’hui , à Sommeval , dans un petit village de la vallée du pays d’Othe, un groupe de trois guerriers font chemin vers la veille ferme abandonnée de la famille Gorion.

« Que fait-on maintenant qu’on est arrivé ? Qu’attends tu de nous ? »

Khéro regarda longtemps les ruine de la ferme, puis elle se tourna vers ses compagnons Wolf et Alagos .

« On se relève et on fait ce qu’on sait faire le mieux. On défourraille et on botte le cul au Sorcier Sombre ! »

Nos Héros s’installèrent dans la ferme et tandis qu’un bon feu réchauffa la bâtisse, Khéro expliqua son plan à ses amis.
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Lord Kntrack » 08 févr. 2014 11:29

Les Héros de Demetaire

Abani Al Seik

Race : Humaine
Classe : rôdeuse des sables
Âge : 22 ans
Origine : Royaume des Princes Nomades, désert du Satahamib
Joueur : Ragouzi

Abani al Seik est une rôdeuse humaine de 22 ans (voir mon avatar du joueur). Elle a vécu toute sa vie dans le désert, est une pro de la survie en milieu hostile, et est douée en équitation et au combat à deux sabres. Elle se débrouille aussi à l'arc mais préfère de loin foncer dans le tas.

Elle a décidé de quitter l'espace de vie du clan et de parcourir le monde suite à sa rencontre lors de sa jeunesse avec la guerrière Honorine Tchazz, qui l'a éblouie par ses prouesses de combattant et ses histoires de terres lointaines. Elle a survécu à de nombreuses épreuves au sein du clan, notamment à son rite d'initiation à 14 ans où les adolescents sont lâchés en groupe dans le désert sans eau ni nourriture durant deux semaines.

Le clan al Seik, surnommé aussi clan des chevaux, est un clan de nomades qui escorte les voyageurs en caravanes de dromadaires ou chameaux et vendent des chevaux. Ils ont des mœurs assez particuliers: Ils ne prient pas les dieux mais les reconnaissent dans leur vie quotidienne, élèvent leurs enfants en commun (de telle sorte que plus personne ne sait bien qui sont les siens), et respectent bien sûr le fameux code du désert.

Si Abani s'ouvre au monde, elle respecte aussi ce mode de vie et trouve les étrangers très étrangers...

Hildegarde (Hilda) Garbo

Race : Demi Orques
Classe : Guerrière maître archer
Âge : 40 ans
Origine : Tribu nomade orques du centre (Vaste Plaine / Valis)
Joueur : Lilianthe


Hildegarde (Hilda) Garbo est une archère demi-orque de 40 ans, ancien soldat et vétéran de la guerre contre le Sorcier Sombre.

C'est une demi-orque « entre deux âges », encore musclée et agile, relativement imposante, mais pas autant qu'on pourrait penser pour une orque et dont la présence dans une pièce reste assez remarquable. Par contre, il ne faut pas lui demander de résoudre une énigme...

Elle porte une cotte de mail, un arc long et une épée longue et semble plus prompte à se servir de l'arc que de l'épée. Elle est en général d'humeur assez sombre. Elle ne le fait pas exprès, mais la vie l'a rendue plutôt pessimiste. Dans ces propos, elle est assez désabusée et cynique.

Elle a deux enfants quasiment adultes dans son clan et a repris sa route par monts et pas vaux. Le hasard, ou le destin, lui a fait croiser la route d'un fantôme de son passé. Peut-être l'heure est-elle venue ?

Honorine Tchazz

Race : humaine
Classe : guerrière, batailleur de Lerina
Âge : 35 ans
Origine : Martel, capital du royaume de Tryr
Joueur : Chazam

Honorine est une guerrière aguerrie, qui a grandi en perdant sa famille lors de l’invasion de sa région et la perte du Fort Tryr. Elle a passé les 20 années suivantes à se former et à essayer de trouver des compagnons qui pourraient l’aider dans sa quête de vengeance.

Elle n’est pas très loquace, la communication n’est pas son point fort. Elle possède un charme quasi surnaturel, mais son stoïcisme et sa réserve en font plutôt une beauté de glace qui impressionne plutôt que séduit. Ce qui marque le plus chez elle c’est surement l’épée démesurée qui lui barre le dos.

Enaelynn

Race : Elfe
Classe : Prêtresse de la Cavalière Rouge
Âge : 92 ans
Origine : Sylvania
Joueur : Malefiss

Je m'appelle Enaelynn, Enae pour mes amis. Je suis une elfe des bois de 92 ans (ça correspond à environ 15 ans chez les humains). J'ai de longs cheveux bruns coiffés en une tresse qui m'arrive jusqu'au milieu du dos. J'ai le teint légèrement bronzé, ou plutôt un peu moins pâle que mes congénaires. Mes yeux sont couleur bleu vert parfois tendant vers le gris.

Je viens d'une famille de la petite noblesse de Sylvania. Je suis une prêtresse de la Cavalière Rouge. Vous allez dire que c'est bizarre pour une elfe de suivre une divinité du panthéon humain. Ca vient du temps de mon grand-père, un stratège qui avait servi au coté des Hommes lors de la guerre contre Marmo.

Je suis partie de Sylvania il y a 3 mois de ça et je suis arrivée dans les Terres Sauvages il y a quelques jours avec mes serviteurs Roselia, Eleadan et Taraniel.

Kaëline
Race : Demi Elfe
Classe : Voleuse
Âge : 27 ans
Origine : inconnue, faisait partie d'un groupe de marchand nomade
Joueur : Futé

Kaëline est une demi-elfe de 27 ans grande et élancée, né d'une mère humaine et d'un père elfe. Sa mère était à l'époque marchande nomade dans une caravane qui arpentait toute la partie Ouest de Démétaire. Kaëline en a vu du pays durant sa jeunesse. C'est aussi durant ses voyages qu'elle a développé son sens du commerce et de la roublardise (après tout, il faut savoir réparer les injustices en cas d'impayé !!!).

Lorsque sa mère s'installa définitivement à Cercyl, pour ouvrir une échoppe, Kaëline décida de continuer à voyager. Mais cette fois, elle voulait profiter plus longuement des cités et des richesses que l'on peut y trouver. Elle vivait en acceptant des missions des différentes guildes de voleurs, mais elle ne voulait voler que les riches pour se donner bonne conscience. Après tout, s'ils ont réussi, c'est qu'ils sont forcément malhonnêtes, donc on peut bien leur prendre un peu de leur argent pour compenser.

Après avoir passé quelques moi à Thrèbe, Kaëline quitta précipitamment la ville car des amis au sein de la guilde lui ont appris que des assassins la poursuivait.
Va falloir se faire oublier quelques temps, et Trinsic semble une bonne destination pour celà.

Eölwë Fenaëro Culùrien

Race : Haut Elfe
Classe : Magicienne de l'école des Arts Elfiques
Âge : 172 ans
Origine : Fanelraée en Seldarnia
Joueur : Joz

Ëolwë Fenaëro Culùrien est une magicienne Haute Elfe de 172 ans, soit une vingtaine d’années humaines. C’est une belle jeune femme aux longs cheveux argentés coiffés en un chignon sophistiqué et aux prunelles d’un violet d’améthyste. Sous ce visage d’ange se cache une magicienne d’une rare érudition.

Elle est issue de la haute noblesse de Seldarnia. Fille du Baron Tidurian Culùrien, elle est appelée à siéger au conseil restreint de Seldarnia.

Ëolwë suit des études de magie à la prestigieuse école des Arts Elfiques et c’est dans ce cadre qu’elle décide de parcourir le continent en compagnie de sa cousine Rachel, fille de feu le Seigneur Galinndan, des Tonnerres de Tempus. L’enseignement de sa cousine lui a permis d’acquérir de nombreuses connaissances dans le domaine des arcanes mais lui vaut aussi parfois la méfiance de ses congénères.

Dans sa 48ème année de formation, Ëolwë et Rachel quittent Thrèbes pour faire route vers Raiden, où Ëolwë assistera aux cours de jeunes magicens. C’est là qu’elle va faire la rencontre d’étonnants compagnons…

Marla

Race : Drakéïde de bronze
Classe : Paladine
Âge : 28 ans
Origine : Cercyl
Joueur : Maëlig

Marla est une jeune drakéide de bronze d'environ 28 ans. Ses traits draconiques sont très marqués et l'un de ses yeux est bleu. Son père est de race humaine, il est orfèvre à Drakarys, cité du Cercyl. La mère de Marla, Krysante, est la plus ancienne représentante des dragons de sa lignée. Marla a un frère jumeau, Morieg, de qui elle fut très proche, mais qu'elle n'a pas vu depuis bientôt 5 ans.

Après avoir grandi à Drakarys ou elle a failli devenir orfèvre, Marla est partie avec son frère pour un long périple qui dura près de 4 ans et finit par se retrouver à Thrèbes ou elle suivit la formation pour devenir guerrier béni de Torm.
Aujourd'hui, Marla Oeil d'Azur est une paladine convaicue mais toujours hantée par les fantômes de son passé.
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Chazam » 18 févr. 2014 16:48

Je remettrai mon BG à la suite des autres quand ils le posteront
Dernière modification par Chazam le 24 févr. 2014 11:47, modifié 1 fois.
Taxidermiste spécialisé en dragon

l'Intelligence c'est comme les sandales elfiques quand on en a pas on s'ecrase !!!

Un bon Thunk est un Thunk mâchouillé par mon Chagar.

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Lord Kntrack » 20 févr. 2014 13:37

Ceux qui souhaitent poster leur BG peuvent le faire...
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Lord Kntrack » 23 févr. 2014 11:43

Fort Tryr :

595 : Les terres naines des montagnes de Kartabe sont vendus au royaume de la Vaste Plaine. Un peu moins de 130 ans plus tard en 728 les premiers Tempusiens occupent réellement le fort et commence les travaux transformation. La citadelle naine du Pics des Enclumes devient peu à peu une place forte.

738 : Le Fort du col du Pics des Enclumes est inauguré et l’étendard du culte de Tempus y est hissé pour la première fois.

850 : Le capitaine Hubert de Tryr prend le commandement de la garnison.

853 : L’ouvrage est baptisé Fort Tryr à la suite d’une bataille légendaire qui marqua l’histoire de la région et du culte de Tempus.

Tryr et ses hommes repoussèrent pendant 100 jours les armées des orques. Sur les 200 guerriers seuls 3 dont le vaillant commandant survécurent. Durant cette bataille fut créée la première compagnie du fort Tryr nommé la compagnie du Sang Versé. Le combattant prononcèrent la première fois le serment du fort.

Tryr quitta le fort après la bataille et quitta définitivement le culte de Tempus peu après. On pense qu’il est mort quelque année après.

Le titre de compagnie du fort est donné aux hommes mobilisés dans le fort et à son commandant. A chaque passation son nom change et son rang est incrémenté. Ainsi la compagnie du Sang Versé fut la 1ère compagnie du fort. La tristement célèbre 71ème compagnie, celle de l’Epée Rugissante, fut celle qui tomba au fort en 1350…

Étendard du fort :

Le fort à toujours porter deux étendard. Le premier est celui de la compagnie qui occupe le casernement. Et le second, le saint étendard du fort, celui qui procurait en ce lieu toute sa splendeur, est celui ce la première compagnie. Il est resté en place depuis la glorieuse bataille du commandant Tryr jusqu'à la chute du fort en 1350.
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Lord Kntrack » 24 févr. 2014 17:28

La carte topo (en cour de création) est en ligne sur la dropbox en HD
La carte géo à subi quelque correction minime
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Ragoezi » 27 févr. 2014 21:00

Bon alors voilà puisqu'on a le droit de poster ses petites histoires... Vlà celle que j'avais préparé par erreur ;)



On n’insiste jamais assez sur l’importance de bonnes chaussures.

Pourtant, une mauvaise paire de chaussures peut coûter cher à leur possesseur. C’est ce que me rappelle mon pauvre pied écorché, rouge, à vif, érodé par le sable qui s’infiltre sans cesse dans ce maudit trou apparu au deuxième jour de notre périple. J’ai bien tenté de colmater, avec des tissus, de nouer des morceaux de mon takakat déchiré, mais rien n’y fait : Ce maudit sable s’infiltre partout, y compris dans mes blessures.

On m’avait par contre prévenu qu’on surestimait toujours ses capacités à survivre lors de l’initiation, et qu’à quatorze ans, on ne se rend pas bien compte de la difficulté. Que ce qui compte vraiment, c’était le mental. C’est vrai. Parce qu’il y a toujours quelque chose qui ne se passe pas comme il le devrait en théorie. Par exemple les chaussures. Avoir appris depuis ma naissance à vivre dans le désert me confère des connaissances indispensables, mais la seule chose qui fait la différence entre la vie et la mort, ici, c’est la volonté de vivre.

Et l’esprit d’équipe.

Devant moi, Mondo, mon frère, s’arrête un instant. Il met sa main en visière pour dissimuler ses yeux au soleil écrasant, de plus en plus haut au fur et à mesure de notre marche. Au départ, nous pouvions évoluer de nuit. Les initiations débutent d’ailleurs toujours en période de pleine lune pour que cela soit plus facile pour les adolescents. Mais forcément, au bout de douze jours, nous perdons la lune, et devons marcher le jour, pour ne pas nous perdre. Nous nous sommes mis en route dès qu’il y a eu suffisamment de lumière, mais le soleil nous rattrape, et nous commençons à cuire.

-Là-bas, ça a l’air pas mal, non ?

Il désigne un petit amas rocheux, dont quelques renfoncement laissent espérer un luxe inouï : de l’ombre. Ça a l’air effectivement pas mal, pour établir notre dernier camp. Le premier, de simples trous dans le sol, nous avait bien protégés de la chaleur, mais Salomé, ma sœur, a failli se faire piquer par le scorpion que nous avons dérangé en creusant. L’accident mortel le plus fréquent, avec les morsures de serpent. Le second, lorsque nous n’avons plus trouvé de nourriture, nous l’avons établi un peu plus loin. Nous avons été réveillés en pleine nuit lorsque le trou mal consolidé de Tantoké, mon frère, s’est effondré sur lui. Heureusement, nous avons pu le déterrer avant qu’il n’étouffe.

Nous n’avons pas une trop bonne moyenne, avec deux accidents potentiellement mortels. La majorité des groupes s’en sortent mieux que nous. Mais bon. Nous sommes toujours vivants.

-Les gars, murmure Niobé, bien emmitouflée dans son chèche, c’est un mirage là-bas ?

Je plisse les yeux dans la direction qu’elle indique. C’est vrai que cela pourrait être un mirage : la simple réverbération sur la roche brûlante. Mais c’est dans un petit creux d’ombre. Et puis cela pourrait être une vision de l’esprit, mais il y a un peu de vert juste à côté.

-Sais pas, on verra bien en approchant, ne te fais pas trop d’espoir.

Nous marchons. Le rocher a l’air à la fois proche et lointain. Mon pied me brûle. Le mirage se précise petit à petit, et révèle bientôt qu’il n’en est pas un. Il y a de l’eau.

Il y a de l’eau.

A chaque pas ensanglanté se mêle une bouffée d’euphorie, car plus nous nous rapprochons, plus nous constatons qu’il y a bien de l’eau, de la vraie. Pas du jus de cactus, pas du sang de serpent, pas de la transpiration ou de l’urine recueillis dans les takakat, sources d’eau que nous avons utilisées à outrance jusqu’à aujourd’hui. Non. De la vraie eau, liquide. Mes lèvres se rappellent soudainement à mon corps, craquelées. Elles ont le goût du sang.

Pas de précipitation. Les leçons. Ne pas se jeter dessus. Il ne manquerait plus que nous absorbions un bouillon se sorcière tout droit jailli des entrailles de Démétaire, gorgé de souffre, et que nous mourrions bêtement de dysenterie.

Mondo recueille de l’eau dans sa main –c’est son tour de faire le goûteur-, tend sa langue avide vers le liquide. Ne dit rien. Absorbe une gorgée. La fait tourner en bouche, puis l’avale. Il se tourne vers nous et sourit.

Quelque chose jaillit de mes entrailles vers mon cœur. Un soulagement tellement intense que quelques larmes perlent de mes yeux. Heureusement, maintenant on peut gâcher un peu. Mais pas trop.

Nos mains en coupe se tendent précautionneusement vers l’eau. Se forcer à ne pas trop boire la première fois, comme dans les leçons : Elle est brûlante. Le but, ce n’est pas de se rafraîchir avec cette eau à température du thé, c’est de suer.

Même chaude, l’eau rencontrant mes lèvres fait renaître la vie dans tout mon organisme. Je bois, lentement, profitant de chaque gorgée, bénissant les dieux de nous accorder cette manne. Les autres font de même. A regret, nous laissons de concert la mare chaude et nous retirons à l’ombre dans un recoin du rocher.

Au bout de quinze minutes, les quelques gorgées avalées ont réchauffé notre estomac, et commencent à perler sur notre peau. Nous sommes en nage. Alors nous retournons à la mare et buvons cette fois-ci à grandes lampées. J’aperçois brièvement mon reflet dans le liquide : Le visage sombre et les grands yeux noirs d’une fille du désert, entre les ouvertures de mon chèche.

Nous nous ressemblons beaucoup, en fait, moi et mes frères et sœurs : Abani al Seik, Niobé Al Seik, Mondo al Seik, Salomé al Seik et Tantoké al Seik. Tous emballés par nos lourds vêtements qui retiennent la transpiration, mais laissent passer le vent. Nomades du désert. Cela se voit juste en nous voyant de loin : Nous faisons partie du Clan. Et cela suffit à dire que nous sommes frères et sœurs.

Dans les faits, tous les al Seik sont frères et sœurs. Même si nous ne connaissons ni notre père ni notre mère. Les étrangers regardent souvent ces coutumes avec effarement, mais nous sommes ainsi, nous, le Clan des Chevaux, comme ils nous appellent.

Les enfants naissent, et le Clan s’en occupe. Le Clan les nourrit, les éduque, les habille. Le Clan les aime. Et nous sommes ainsi tous frères et sœurs. Si un jour un enfant sort de mon ventre, il passera dans mes bras, mais aussi dans celui de ma voisine, et celui de son voisin, et tous ceux du clan. J’oublierai quel enfant est sorti de mon ventre, car pour nous, ce n’est pas important, et je serai heureuse, car tous les enfants du clan seront les miens.

De retour à l’ombre, nous nous endormons, toujours transpirant. Je sens ma température corporelle descendre lentement. Je me sens mieux. Cette nuit, avant que le soleil ne se couche, lorsqu’il fera moins chaud, j’ouvrirai ma chaussure et irai nettoyer les plaies dans l’eau.


La nuit, je rêve, oubliant mon pied écorché. C’est quelque chose qui s’est réellement passé.

J’ai quelques années de moins, et nous escortons une guerrière à travers le désert. Elle est grande, très belle, avec de longs cheveux noirs. Elle a une épée gigantesque et a l’air redoutable. Très silencieuse, aussi.

J’aimerais qu’elle me raconte des histoires, j’insiste, mais elle se tait.

Un jour, des bandits tentent de nous attaquer, en nombre. Nous sommes trop peu pour nous défendre, mais elle se dresse devant eux, féroce, impitoyable, abattant deux fois plus d’hommes que les guerriers du clan. Moi en comparaison je n’arrive qu’à planter un poignard dans un pied. Je la contemple avec admiration.
Après cette journée-là, elle se décide enfin à me raconter des histoires. Des histoires d’ailleurs, de batailles, d’armées entières se précipitant au combat. D’un grand fort. De la mer.

Les armures cliquetantes, les chevaux lancés au galop. Une vie d’aventure, palpitante, dure et exaltante.
La mer. Des étendues d’eau, si loin qu’on n’en voit plus l’horizon. J’ai du mal à me l’imaginer.
J’ai toujours voulu savoir ce qu’il y avait au-delà des montagnes. Par curiosité. Par jeu. Mais c’est lors de cette rencontre que j’ai décidé de devenir combattante et de partir découvrir le monde.


Lorsque je me réveille, je me rappelle que, si je survis, je vais bientôt pouvoir commencer à réaliser ce rêve, et étudier les arts du combat. Cela me revigore. Il est plus difficile de survivre sans but.

Nous passons encore les deux derniers jours bien planqués près de la mare. C’est presque peinard, en comparaison des premiers jours de notre initiation. Le troisième, Mondo ouvre la petite bourse qu’il garde avec lui depuis le début, et invoque les ancêtres avec la poudre qu’elle contient, pour qu’ils préviennent le clan que nous avons survécu, et leur indiquent notre position.

Quelques heures plus tard, des chameaux apparaissent au loin, et viennent à notre rencontre avec des youyous.

Nous sommes maintenant adultes.

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Lord Kntrack » 27 févr. 2014 23:27

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Saison 1

Message par Lord Kntrack » 07 mars 2014 11:33

On est encore loint de la reconquête. ..mais bon ça va être bon samedi
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Message par Lord Kntrack » 07 mars 2014 18:01

Salut à tous. ça y est le super admin m'a réorganisé le forum.

J'ai fait ce sujet pour échanger sur tout ce qui est background et intrigue de la campagne. Vos réflexion sur qui que quoi dont où ? En fait le sujet sur le fil rouge de la campagne.

En parallèle il y aura un sujet sur chaque concernant chaque épisode, où chacun meujeu compris pourra échanger sur la partie et le scénario. Enfin je ferai également un topic sur les règles du jeu.

PS : je me suis permis de purger un peu. Voilà lâchez vous, posez vos question échanger sur vos théorie vos découverte etc....
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Message par Joz » 12 mars 2014 18:15

Bon je poste le mien, peut-être plus traditionnel que certains que j'ai pu lire pour le moment..

---

Eölwë naquit en 1198 du calendrier du pacte à Fanelraée, capitale du royaume elfique de Seldarnia. C’est une Eladrin de sang noble, issue d’une des plus influentes familles du royaume. Son père, le Baron Tidurian Culùrien, siège au conseil restreint de Seldarnia.

Eölwë est l’ainée d’une fratrie de trois sœurs, Valenae est la cadette et Andraste la benjamine. Etant l’ainée, Eölwë est appelée à succéder à son père en sa qualité de membre du conseil restreint. Valenae, quant à elle, sera prêtresse de Corellon Larethian et Andraste deviendra certainement l’épouse d’un riche héritier du royaume, afin d’assurer la descendance de la lignée.

Enfant, Eölwë apparut comme très intelligente, faisant montre d’une rare perspicacité pour son jeune âge. Elle fût formée à l’art de la diplomatie et de la politique et bénéficia d’une éducation à la hauteur de son rang. Ses précepteurs vantèrent souvent sa soif de connaissances auprès de son père. En grandissant, elle devint une belle jeune femme aux longs cheveux argentés et aux prunelles d’un violet d’améthyste. Sa grâce quasi surnaturelle et ses traits altiers en faisaient la digne successeure à son père. Seul signe distinctif, le tatouage lunaire qu’elle arborait sur la joue droite, gage de son rang dans la famille.

Elle développa dès son plus jeune âge une affinité particulière à la magie arcanique, tout comme sa mère et sa cousine avant elle. A l’âge de 74 ans, elle commença ses études de magie à l’école des arts elfiques, la plus prestigieuse école de magie de tout le royaume. Brillante élève, elle opta rapidement pour l’école de l’évocation. Son attrait pour les forces élémentaires était dévorant, et cette pratique était exaltante pour Eölwë. Elle s’entrainait sans relâche et brillait de par sa maîtrise des flux arcaniques et ses connaissances, étoffées par ses nombreuses lectures d’anciens grimoires de la bibliothèque de Fanelraée.

Tout au long de son premier cycle d’études à l’école des arts elfiques, Eölwë recevait fréquemment la visite de sa cousine. Elle se délectait de ces moments passés en sa compagnie car elle avait beaucoup d’affinités avec sa cousine, malgré leur différence d’âge et le peu de temps qu’elles passaient ensemble. C’était avant tout une mage très puissante mais aussi un puits de savoir, qui la régalait toujours d’une anecdote truculente au sujet de ses voyages ou lui contait par le menu l’histoire de sa branche divergente de la famille. Eölwë apprenait beaucoup en sa compagnie, bien que son père n’aime guère ces visites.

Au terme des cinquante années d’étude, Eölwë se prépara pour son voyage initiatique à travers le royaume. Elle avait hâte de traverser le pays et de parfaire son art de la magie, grisée par le récit des nombreuses aventures de sa cousine. Quelque temps avant son départ, elle reçut une visite de celle-ci qui lui fit une offre incroyable : elle se proposait de l’accompagner lors de son voyage, afin de l’encadrer dans sa formation. Son sang ne fit qu’un tour, c’était une occasion en or qu’elle ne pouvait refuser ! Toutefois, elle allait devoir en parler à son père et redoutait par avance sa réaction.
« Bonjour, Père.
- Je suis au courant, répondit-il simplement, la fixant durement de ses prunelles d’un bleu d’azur. Et c’est non.
Eölwë s’attendait à sa réaction mais elle s’était préparée à cela.
- Père, je vous en conjure, c’est une chance en or de parcourir le monde !
- Et pourquoi voudrais-tu te mêler à tous ces Selkechiin ? Cherches-tu donc à m’embarrasser ? Le déshonneur de ton oncle est encore cuisant, même après toutes ces années.
- Point du tout, Père ! Bien au contraire. Connais ton ennemi et connais-toi toi-même, c’est vous-même qui me l’avez enseigné. Comment mieux connaître ces différents peuples primitifs si ce n’est en les côtoyant et en vivant avec eux au quotidien. De plus, Rachel sera avec moi pour me protéger si besoin est.
- Cette bâtarde ! Rugit-il. Je la préfèrerais morte, comme son père, que la savoir avec toi.
- Allons, Père. Son savoir est immense et sa magie puissante, vous le savez tout aussi bien que moi. Lorsque je reviendrai, je serais votre digne héritière. Vous ai-je jamais demandé quelque chose Père ? Ayez foi en mon jugement, je ne vous désappointerai pas, je vous le promets.
Un long silence s’en suivit, durant lequel son Père la scruta froidement, sondant son âme. Lorsqu’il laissa échapper un soupir, Eölwë sut qu’il avait abdiqué. Elle accouru auprès de lui et lui baisa les joues.
- Milles merci Père, vous ne le regretterez pas !
- I Edelhie enwe vanya, lui répondit-il. » Et elle s’en alla préparer ses affaires.

Grisée par sa confrontation avec son Père et par son succès, elle regagna, toute tremblotante, ses appartements. Sa cousine l’y attendait, déjà prête pour le départ. Elle la fixa toutefois avec un curieux regard et lâcha : « Ainsi donc nous sommes l’ennemi ?
Eölwë marqua une pause mais ne fut pas surprise par sa remarque.
- Tu as tout entendu, je n’en doute point, mais tu sais très bien que c’était nécessaire pour convaincre Père. Et tu sais tout aussi bien que je ne partage pas sa haine des autres peuples !
- Mais tu partages sa méfiance, je le vois en toi.
- Certes, dut-elle avouer à contrecœur, mais j’ai été élevée dans la plus pure tradition des Seldar, cela fait partie des enseignements que j’ai reçus. Et c’est aussi une des raisons qui me pousse à vouloir faire ce voyage en ta compagnie ! Je veux vivre ce que tu as vécu, rencontrer toutes ces races et me forger ma propre opinion d’eux. C’était la stricte vérité qu’elle livra là à sa cousine.
- Bien, répondit-elle en souriant, c’est bien ce que je pensais. »

Eölwë s’affaira ensuite à préparer son nécessaire de voyage, ce qui comprenait un coffre entier de vêtements : de belles robes d’apparat dont une magnifique robe de brocart violette, rehaussée de dessins brochés d’argent. Cette robe était sa favorite, soulignant parfaitement la couleur de ses yeux. Elle emportait aussi des tenues de plus modeste facture, plus adaptées pour le voyage. Ses deux possessions les plus précieuses qu’elle décida d’emporter avec elle furent une bague d’une rare finesse, tressée de plusieurs fils d’or blanc et surmontée d’un formidable saphir - cette bague était le sceau de la famille Culùrien - et son grimoire de magie. C’était un grimoire de très belle facture, fabriqué à partir d’un cuir noir de toute beauté, le sceau de la famille était martelé sur la surface du grimoire, encadré par des entrelacs elfiques couleur argent. Ce grimoire était fermé d’un fermoir massif, d’un noir de ténèbres, rehaussé par la présence d’améthystes. La tranche du grimoire est couverte d’anciennes runes elfiques qui dégagent une étrange aura magique. Ces runes lui ont été apprises par sa cousine et garantissent qu’elle seule peut disposer du grimoire. Pour parachever cette pièce d’une beauté sans nom, le papier vélin qui composait ce grimoire était d’une rare finesse et illustré de nombreuses enluminures très particulières, car correspondant en réalité aux sorts qu’Eölwë avait appris.

Enfin parée, Eölwë alla rendre une dernière visite à ses sœurs et sa mère avant son départ. Elle trouva Valenae au temple, agenouillée devant la statue de Corellon Larethian et rendant hommage à son Dieu. Valenae comprenait parfaitement les raisons de son voyage et lui dit simplement « Anar caluva tielyanna, ce à quoi elle lui répondit, non sans un pincement au cœur : Namarie ». Ce fut toutefois plus difficile avec sa plus jeune sœur Andraste qui ne put contenir ses larmes. « Ne soyez pas tristes, leur dit-elle. Je vous tiendrai informées de l’avancement de ma tâche et puis, j’ai Rachel avec moi ! Tye melane, Andraste, tye melane, Mère » et elle s’en fut.

Le crépuscule et sa lueur si caractéristique se profilait à l’horizon et Eölwë et Rachel se mirent enfin en route pour ce voyage qui allait durer cinquante ans. C’est sa cousine qui décida de leur itinéraire : ils parcourraient tout d’abord les terres du royaume elfique, Seldarnia et Sylvania. Sa cousine avait nombre de connaissances qui n’avaient pas tourné le dos à sa famille et qu’elle souhaitait faire rencontrer à Eölwë. Elles allèrent tout d’abord à l’Est en direction d’Idryl, puis elles se rendirent à Bois-Sauvage et enfin à Pélagir. Eölwë visitait toutes les écoles de magie sur leur route et se montrait très assidue dans son travail. Il n’était pas rare qu’elles séjournent plusieurs semaines au sein d’une école de magie, afin qu’Eölwë y suivent la formation enseignée. Sa cousine se montrait implacable dans ses exercices et imposait une discipline de fer à sa protégée, si bien que cette dernière progressait énormément. Plusieurs mois passèrent jusqu’à ce qu’elles arrivent à Pélagir, frontière des royaumes de Seldarnia et de Silvania. Eölwë ne s’était jamais rendue aussi loin dans le royaume et c’est avec un mélange d’appréhension et d’impatience qu’elle attendait de franchir la frontière. Elles se rendirent à Tol Brezdir où elles restèrent six mois environ, durant lesquels Eölwë suivit de nombreux cours à l’académie de la ville. Où qu’elles aillent, Den Rachel était bien accueillie, et par la même elle aussi.

Le royaume de la Vaste Plaine était la prochaine étape de leur périple. Elles traversèrent le pays d’ouest en est, faisant de nombreuses haltes sur leur chemin. Malgré les nombreux à priori que nourrissait Eölwë, force lui fut de reconnaître que les autochtones étaient à des lieux de la description faite par ses précepteurs. Les gens qu’elle avait jusqu’alors rencontrés étaient au demeurant fort courtois et agréables, bien que sa beauté et sa verve pouvait en désarçonner plus d’un. Elles se rendirent ensuite à Château Bief, mais Eölwë comprit vite que Rachel comptait en réalité l’emmener au Fort Tryr. Beaucoup de choses avaient été dites au sujet du Fort Tryr et elle en avait lu bien plus encore dans ses grimoires, mais elle avait soif de connaissance et savait que sa cousine, ayant vécu l’Histoire, pourrait l’instruire sur cette guerre. De plus, l’histoire de son père, le traître, n’est que peu contée en Seldarnia, aussi Eölwë ne connaissait que peu de choses de cette branche de sa famille et des combats qu’il a livrés pour ses idéaux. A leur arrivée au Fort Tryr, Rachel eut peine à cacher son émotion, elle qui est d’un naturel pourtant si calme. Aussi, c’est avec beaucoup de tact et de pudeur qu’Eölwë posa ses premières questions, non sans les avoir retournées des dizaines de fois dans sa tête au préalable. Et c’est ainsi que Rachel lui livra son histoire, sa rencontre avec son père, et le combat des Tonnerres de Tempus. L’émotion était palpable et Eölwë prit la pleine mesure de l’amour que sa cousine lui portait, car se mettre à nu ainsi et lui livrer la dure et triste vérité n’est pas chose aisée.

Après leur séjour en Tryr, les deux cousines se rendirent à Valis, puis firent un passage par le Petit Cercyl et se rendirent enfin à Thrèbes, capitale du royaume de Démétaire. A mesure qu’elles approchaient, Eölwë ne tenait plus en place. Elle allait enfin pouvoir se rendre à la bibliothèque de Thrèbes et dévorer ces grimoires pourtant si rares, véritables joyaux de la connaissance du royaume. Leur séjour à Thrèbes dura plusieurs années, au cours duquel elle fit la rencontre de nombre de personnages influents, grâce à sa cousine. Celle-ci en profita aussi pour se reposer, car à son âge avancé, le voyage s’avérait parfois très éprouvant pour elle. Mais sous ses airs de vieillarde, elle n’en était pas moins redoutable. La formation aux sciences arcaniques d’Eölwë avançait bon train et elle faisait la fierté de sa cousine.

Les jours et les années passaient sans se ressembler, car tout au long du voyage, sa cousine la nourrissait de récits d’histoire et de batailles, et bien qu’Eölwë en connaisse la plupart au travers de ses lectures, elle se délectait de chaque miette d’information que sa cousine lui donnait. Elle prenait un grand soin à retranscrire tous ces récits dans son grimoire. Par ailleurs, ce voyage était aussi l’occasion pour elle de mettre en pratiques les différentes langues qu’elle s’est échinée à apprendre tout au long de ses études.

Lors de la 27ème année de leur voyage, elles entamèrent leur visite du royaume des Princes Nomades. Sa cousine tenait absolument à se rendre à la Citadelle de la Dent Noire et avait nombre d’histoire à propos de cette citadelle. Elle lui fit découvrir la « Poussière d’Etoile », une petite boutique pour arcanistes, parfaite pour se réapprovisionner en consommables. Lorsqu’elles entrèrent dans l’échoppe, une vague de tristesse emplit le visage de sa cousine. « Qu’y a-t’il, l’interrogea Eölwë. Rien de grave, la rassura-t-elle, simplement le constat de ma vieillesse et la nostalgie du passé. J’avais connu autrefois le gérant de cette boutique, glissa-t-elle avant de ressortir. »
Rachel lui apprit par la suite que c’est ici qu’elle avait fait la connaissance de Galinndann, ignorant alors que c’était son père.

De nombreuses rumeurs courraient à l’époque dans les Terres Sauvages, faisant état d’une invasion fulgurante venant de l’est. La Fédération des Principautés du Grand Orient serait déjà tombée aux mains de l’ennemi. A mesure que ces rumeurs s’amplifiaient, Eölwë remarqua l’appréhension grandissante de sa cousine, chose ô combien inhabituelle. Rachel la prit par le bras et lui dit alors « Rendez-vous à K’ntrack City à la prochaine lunaison, tu y seras en sécurité. J’ai un mauvais pressentiment et il faut que j’en aie le cœur net. » A peine eut-elle terminé sa phrase qu’elle disparut aussi soudainement. « Maudite téléportation… grommela Eölwë. »

Eölwë tâcha alors de gagner K’ntrack City par ses propres moyens. Les premiers jours seule furent étrange, car elle était jusqu’alors habituée à la présence rassurante de son mentor. Toutefois, ce sentiment ce dissipa bien vite, car Eölwë avait une pleine confiance en son enseignement et en ses capacités. Elle décida de couper à travers les Terres Sauvages pour gagner au plus vite la cité. Après plusieurs jours, à la nuit tombante, Eölwë installa, comme à son habitude, son bivouaque pour la nuit. Elle était à proximité de Sid Taldar et avait parcouru plus de la moitié du chemin. Alors qu’elle s’apprêtait à méditer, un léger tressautement dans un fourré, à quelques mètres de là, l’emplit d’un doute. Elle scruta alors avec attention en direction du bruit et discerna une bête qui la fixait de ses yeux luisants. Ses tripes se nouèrent mais Eölwë ne perdit pas son calme pour autant. Elle se saisit de la seule arme dont elle avait besoin, son grimoire, et commença à incanter. Ses gestes étaient précis, ses paroles claires et assurées. Elle s’était préparée de nombreuses années pour cela. Le lézard géant fondit sur elle à travers les hautes herbes et Eölwë attendit patiemment qu’il soit à portée pour lâcher sur la bête une fantastique décharge d’électricité. La bête était sonnée sur le coup mais repartit à la charge une ultime fois et vint heurter un nuage de feu. Eölwë resta debout, interdite, le cœur battant la chamade. Elle l’avait fait, elle avait réussi ! Mais elle était maintenant complètement épuisée. Sa méditation fut courte cette nuit là, par crainte de subir un nouvel assaut. Le reste de la route se déroula toutefois sans autre embûche. Lorsqu’elle retrouva sa cousine, ce fut la première chose qu’elle lui raconta, toute fière de son exploit. Elle s’enquit alors des affaires pressantes de Rachel, mais celle-ci lui dit alors, contrariée, qu’elle n’avait pu s’entretenir avec Dame Marche Lune, car elle a été convoquée à Thrèbes pour une session extraordinaire du conseil des mages. Cela ne rassura pas du tout Rachel, au contraire, car cela n’augurait rien de bon pour le royaume. Etrange coïncidence : l’année suivante, le Fort Tryr tomba aux mains du Sorcier Sombre... Rachel en fut effondrée, car elle avait connu nombre des Tonnerres de Tempus morts ce jour-là. Son abattement ne fut que de courte durée, car elle était encore plus déterminée à parfaire l’enseignement de sa cousine et de la préparer au mieux pour ce qui allait suivre… Car au plus profond de son être, Rachel savait que tôt ou tard, le fort serait à nouveau aux mains des serviteurs de la justice.

Vingt années ont passé depuis la chute du Fort. La santé de Rachel s’est détériorée et elle consomme de plus en plus fréquemment de l’arax, une drogue elfique très puissante, comme palliatif à sa condition. Sa fin est proche, mais Rachel ne ressent aucune tristesse, car elle a pu accomplir sa dernière tâche : accompagner sa cousine à travers le pays, lui enseigner son savoir et ses connaissances et la préparer à sa vraie destinée. Car pendant ces quarante huit années, Rachel à préparé Eölwë pour sa véritable mission.
« Hantalë, Rachel, pour tout ce que tu m’as donné.
- Utulie'n aure, Eölwë, tu es maintenant prête. »

En guise de dernier périple, Rachel et Eölwë se rendent à Raiden, où Eölwë devra suivre un cours de magie humaine de premier cycle, enseignement bien en-dessous de ses compétences, ce qui la rend dubitative quant à la condition de sa cousine.
Dernière modification par Joz le 13 mars 2014 16:30, modifié 1 fois.

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Chazam
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Message par Chazam » 13 mars 2014 16:00

Une taverne étape sur la route de Château Bief, beaucoup de marchands et autres voyageurs y prenaient repas et repos. Mais ce soir-là, il n’y avait pas grand monde, 2 nains, un marchand, un groupe d’humain habitué du lieu ainsi qu'un barde près du feu.
Le barde entama quelques notes de musique et lança « Sur son fier destrier, la belle de guerre, fit plier les ennemis, seule elle dérouta une armée, écoutez, écoutez, l’histoire d’une femme, écoutez, écoutez, l’histoire d’une dame… »

Avec si peu d’oreilles il ne fallait pas se louper, il n’avait plus un sous et la faim le tenaillait, ce soir il fallait son meilleur conte, ce soir, il parlerait d’Honorine Tchazz. Les histoires d’orphelins qui deviennent des héros ça marche toujours, en tout cas c’est dans le top 10 du guide des bardes. Le barde, ragaillardi par sa nouvelle certitude, reprit donc son récit en posant son luth sur le côté tout en s’assurant que son auditoire était captivé…

« Je me nomme Honorine Tchazz »
Furent les premiers mots qu’elle prononça alors qu’elle se présentait à ses futurs compagnons. Des mots simples mais qui changèrent sa vie. Elle avait trouvé un groupe très hétéroclite, formé de personne de diffèrent horizons. Une seule chose changea par rapport à tout ce qu’elle avait connu avant. Elle était sûr que chacun d’eux était exceptionnel, même si pour certain cela ne paraissait pas flagrant, le potentiel qu’elle ressentait en leur compagnie n’avait pas de limite.
Ses compagnons lui répondirent, « bienvenu à toi, Honorine » ce sont les mots qui forgea la destinée de ce groupe, des mots qui les mirent sur le chemin que nous connaissons tous, le chemin dont nous avons tous aujourd’hui entendu les exploits, celui des héros….
Mais laissez-moi vous conter l’histoire de cette guerrière, voilà comment tout cela débuta.
Honorine vient d’une ville garnison appelé Martel, près du fort Tryr, elle vu le jour en 1334, fille d’une famille simple, une mère qui travaillait comme couturière et un père qui était messager.
Elle grandit parmi les contes et légendes que son père ne cessait de lui narrer avant d’aller se coucher.
Des histoires de Magie, de Dragons, de Thèbes, des Tonnerres de Tempus, Galinndan L’Eladrin, Oriana la Tiefline, Gabriel L’archange, Dubravko le demi-orc, Khero la naine ainsi que Celandine, Océane, Camille et Meridian, toutes les batailles du fort Tryr, il n’y avait pas de fins aux histoires que prenait plaisir à raconter son père, sauf peut-être celles dans les rêves de cette petite fille. Elle grandit avec cette envie d’aventure et de destin héroïque, des fois comme une magicienne baignant dans le feu, des fois comme une guerrière sur un champ de bataille.
Quand elle eut 10 ans et alors qu’elle se baladait sur les hauteurs de la route menant au fort qui surplombait toute la vallée. Tout en reprenant son souffle après l’effort, elle contemplait au loin les prêtres, paladins et autres fervent de Tempus manœuvrer aux portes du fort Tryr. Le brillant de leur armure, l’aura qui semblait s’échapper d’eux, la précision des ordres et des mouvements de troupes, elle était là, seule, à presque toucher son rêve… Mais elle ne voulait pas entrer dans l’ordre, car même si cela était difficile, les bons soldats de Tempus se voyaient affecter au fort. Ce qu’elle voulait c’était d’avoir cette honneur mais en étant externe du culte, comme les Tonnerres, car là, être bon ne suffisait pas, il fallait être la meilleure…
2 ans plus tard, sa mère au prise avec une maladie qui l’a frappa aussi rapidement qu’elle semblait être inconnue, força la jeune fille à rester au chevet de celle-ci. Son père n’était plus le même quand l’année suivante, ils ont dut la mettre en terre. Les histoires ont cessé, la tristesse et le chagrin les avaient remplacés. Malgré sa forte envie d’aller étudier les armes et de vivres ses propres aventures, elle ne pouvait se résoudre à laisser son père qui, et cela ne fait aucun doute, ne tenait plus que par la présence de sa fille tant son chagrin été insurmontable.
Mais, un évènement tragique, doublement tragique même, allait changer sa vie définitivement. Quelques mois après son 15eme anniversaire, Le fort Tryr fut détruit par la force. Impensable, des troupes avaient pris le fort Tryr, une chose qui n’était jamais arrivée lors des précédents siècles et même pendant les temps les plus sombres de l’empire.
Et comme pour en ajouter à ce drame, elle vit une volée de flèches s’abattre et puis la lumière disparue, un bruit sourd, un râle et plus rien, si ce n’était que la lourdeur de son père arc-bouté sur elle, sans vie, le corps criblé de flèches. Elle découvrit à ce moment-là que tous les héro qu’elle ait jamais rêvé, son père en était le plus grand. Elle pleurait, rageait, pestait, mais elle fuyait, accompagnée et protégée par quelques survivants vers château Bief où elle trouva refuge. Là-bas, après quelques semaines, elle prit la décision, surement la plus folle de toute sa vie, bien plus grande que celle de venger son père, bien plus grande que celle de reprendre le fort et de lui restituer sa grandeur, elle voulait faire tomber Khal Darken et pour cela il fallait qu’elle devienne ce qu’elle a toujours rêvé d’être…
Elle était là à poser les pierres qui recouvraient la dépouille de son père enterré aux côtés des soldats du fort. Un prêtre qui était là s’approcha d’elle et lui demanda « Veux-tu que je récite la prière des morts ? » La jeune fille lui fit un simple signe de la tête et le prêtre s’exécuta. Honorine entendait en fond sonore une voix qui ne cessait de lui parler, mais elle ne pouvait se concentrer, elle ne pensait qu’à ce qu’elle allait faire dorénavant, ses parents lui manquaient terriblement. Le prêtre voyant le désespoir de la petite, ne cessait de la questionner, mais apparemment rien ne l’atteignait. D’une voix un peu plus forte il dit « suis nous, nous te donnerons à manger et un lit pour te reposer avant la grand départ demain. » Elle le suivit sans même réfléchir. Elle mangeât sans faim et se coucha les yeux pleins de larmes.
Le lendemain, tous étaient rassemblés devant les portes de Martel. Le prêtre s’approcha de la jeune fille, détacha son épée de sa ceinture et lui tandis. « Tiens, prend là ! Fais en ce que tu veux. Tu pourras la vendre un bon prix et redémarrer une nouvelle vie… ». Elle le remercia. Ils se saluèrent et se séparèrent.
Le prêtre la regarda partir. Juste avant qu’elle ne disparaisse il lui demanda : « Au fait on ne s’est pas présentés. Moi c’est Erik Tolsen de Tempus et toi ? » Elle répondit « Honorine » et commença sa route…

Je les sens bien là, je sais que la larmichette n’est pas loin, si seulement j’avais un assistant, je suis sûr que si il commençait à faire tourner le chapeau les pièces commenceraient à tomber, mais malheureusement je suis seul et si je stoppe mon récit pour quémander les pièces tout sera retombé … quelle poisse, bon continuons, je suis sûr que je vais les faire cracher tous ces radins… j’ai faim…

Elle fit le point sur le reste de ses économies et décida d’entamer le voyage jusqu’à Lerina. Elle ne voyait pas d’autre solution, elle pourrait y suivre la meilleure instruction possible. Mais avant de penser plus loin, il fallait arriver à Lerina et y réussir le test d’entrée…
Lors de son trajet, elle ne pouvait se résoudre à vendre cette épée, elle était gigantesque, du moins pour elle et ce poid, si elle comptait progresser rapidement, ceci était peine perdue, mais elle serra les dents et continua en accrochant cette épée dans le dos.
Le voyage fut éprouvant pour la jeune femme. Elle arriva à Lerina, épuisée et cela n’aidant pas les tests d’entrée avaient lieu le lendemain. Elle n’avait pas d’équipement si ce n’était ses vêtements malmenés pendant son voyage, une vielle dague émoussée et une besace trouée et vide.
Elle passa devant l’entrée du camp et pu y voir la plaque en mémoire de Galinndan mais aussi de tous les combattants mort pour protéger cette ville, car Lerina n’était pas un petit village, comme Honorine l’avait entendu dans les contes, mais une petite ville qui vivait de son commerce avec les tribus nomades et bien sûr de son école militaire qui drainait beaucoup de passage.
Apparemment l’officier le plus gradé de l’école se présenta à la foule et comme un récit sorti du fond des âges, le capitaine lança son discourt :
« Vous tous qui vous êtes déplacés, tout d'abord merci, sachez que l'enseignement que vous allez recevoir ne sera pas une partie de plaisir, je compte former des hommes d'élites. Je ne serai ni tendre, ni compréhensif. Vous serez tous mis à rude épreuve, je vous prodiguerai cours de stratégies et cours de combats. Les resquilleurs et autres tir au flanc seront renvoyés… »
La première épreuve fut un test d’endurance, voilà qui n’arrangeait pas Honorine, sa fatigue allait elle lui couter sa réussite…

Le barde prit soin de vérifier qu’il n’avait pas perdu quelques clients en route, il savait qu’il en allait de son salaire et du repas qu’il pourrait se payer. Un des nains l’interpella, dis-nous barde tu l’a déjà vu ? Que faire, que faire se demanda-t-il l’honnêteté ou le mensonge…
« Bien sûr, j’ai mangé à sa table pas plus tard que la semaine dernière » dit-il d’un ton sur. Tu parles je ne l’ai entre-aperçu qu’une fois et encore de dos sur son cheval et il y avait bien 300 mètres de distance…
Il prit une respiration et reprit.


Voilà plusieurs heures qu’elle courait, certains tombèrent, d’autres serraient les dents, elle ne savait plus du tout ou elle en était, elle avait mal mais elle était trop fatiguer pour y penser, je dois récupérer le fort, pensa-t-elle, faire plier ce royaume qui m’a tout prit… ces phrases tournaient en boucle dans sa tête, comme un leitmotiv gravé dans le plus profond de son être.
Quelques heures passèrent encore, Honorine n’avait plus la force de mettre une jambe devant l’autre, elle entendait bien les gens marmonner et elle les voyait la montrer du doigt pendant qu’elle passait en se trainant tant bien que mal, la pauvre, elle n’était plus en mesure de comprendre que sa persévérance et sa force de caractère imposait le respect de la foule et l’envie de ceux qui avaient abandonnés… car la première épreuve était plus qu’un test d’endurance, c’était avant tout un test de volonté.
Le capitaine annonça la fin de l’exercice. Elle tomba à genoux, le souffle court et les membres tremblant, il lui restait à peine assez de force pour entendre ce que le capitaine disait. «Mes lieutenants vous installerons dans vos baraquements et je vous attendrai sur le terrain d'entrainement pour votre première leçon.» Honorine avait repris ses esprits après s’être installée et avoir avalé un quignon de pain. Elle était maintenant dans la cour intérieure de l’école, le capitaine était là et il lança
"Avant toutes choses, voici ce que j'aimerai que vous reteniez tous. Votre épée servira à la défense des faibles, elle ne doit en aucun cas servir vos propres intérêts. Tant que vous serez sous ma responsabilité, je ne tolérerai aucune bagarre, aucune rébellion. Si mon enseignement ne vous satisfait pas, libre à vous de partir. Y a-t-il des questions ?"

Ces phrases que lançait le capitaine, Honorine apprit que c’était les mêmes phrases qu’avait prononcé Galinndan lors de son premier cours et cela faisait plus de 300 ans que ces mêmes mots furent prononcés.
Personne ne s’était manifesté, les gens savaient que les petits malins étaient mal vu et surtout que les enseignants de l’école n’étaient pas des manches et qu’une dérouillée allait forcement suivre. C’est comme ça qu’Honorine commença son apprentissage alternant combat, stratégie, endurance, force… Elle échangea rapidement sa dague pour une arme plus longue, l’épée longue d’abord, puis le cimeterre pour changer mais son dévolu fut jeté sur l’épée à 2 mains que lui avait donné le prêtre.
Si les premiers mois furent durent car elle était souvent la cible des hommes plus forts et plus expérimentés, personne ne rivalisait avec son assiduité et son dévouement à son entrainement. Les cours tournaient sur des cycles de 3 mois, elle travaillait entre les cycles pour pouvoir se payer les sessions suivantes. Apres 2 années, plus aucun homme ne la prenait à la légère. Ceux qui essayèrent comprirent très rapidement qu’elle n’avait pas l’apparence en adéquation avec ses talents.
Elle commençait à accumuler les bons résultats fruit de son entrainement acharné, elle en fut récompensée par le Capitaine de l’école qui lui donna la chance de s’inscrire au tournoi annuel en la mémoire de Galinndan de plus c’était les 300 ans de la victoire des Tonnerres, ce qui avait un prestige encore plus grand.
Elle fut inscrite dans la catégorie novice, car elle n’était encore qu’une jeune étudiante dans l’école. Durant les éliminatoires, elle affronta une nomade, farouche et agile, qui maniait 2 cimeterres comme s’il s’agissait de simples lianes, qui se déformaient, s’articulaient les rendant impossible à suivre pour le commun des mortels, Honorine quand a elle compensait son manque de dextérité par une force incroyable. La concentration des 2 jeunes femmes était extraordinaire, ces combattantes offrirent un spectacle tel qu’elles se virent récompensées par un prix d’honneur. Personne ne pouvait les départager, ce qui était sur c’est que ce jour-là tous les hommes d’armes présents étaient estomaqué devant tant d’engagement et de maitrise à un si jeune âge. La nomade quitta le tournoi, sans laissé d’explication, ce qui laissa à Honorine le champ libre jusqu’à la victoire. Honorine était plutôt heureuse de rencontrer une guerrière aussi habile, elle savait qu’elles allaient se retrouver, il ne pouvait en être autrement. Plus qu’une rivale ce jour-là, elle a vu en la nomade une amie… même si les mots échangés étaient peux nombreux, les armes, elles, ont crié leur contentement à trouver une égale.

Et hop j’en profite pour rajouter un peu plus d’héroïsme par ci, par là. Allez y mes mignons préparez vos ronds… Le barde dans son envolée lyrique senti son corps défaillir, tant son ventre lui rappelait dans quel état de famine il se trouvait. Il dut donc calmer ses ardeurs et reprendre plus … tranquillement son récit… bon sang, que j’ai faim ca a intérêt à payer sinon je ne suis pas sûr de repartir vivant….

Quelques temps plus tard, ce n’était plus une enfant mais sous les traits d’une femme qu’Honorine évoluait. Il est vrai qu’a première vu elle était plutôt grande pour une femme, des lignes avantageuses, des muscles peu saillants et pourtant elle était capable de déployer une force que peu d’homme pouvait canaliser. C’était même devenu une de ses spécialités, jeter le doute dans l’esprit de ses opposants. Elle se baladait affublée de sa grosse épée à 2 mains dans le dos. Elle s’amusait à faire croire qu’elle avait du mal à s’en saisir avant chaque combat, mais quand elle la faisait virevolter, une danse envoutante, presque magique, mais terriblement mortelle s’amorçait. Elle disait toujours que la meilleure défense était l’attaque et que c’était pour cela qu’elle ne portait pas de bouclier.
Nevir, un guerrier nain, qui était venu jusqu’à Lerina pour y étudier en fit les frais, le pauvre avait pris la petite de haut, ce qui est cocasse pour un nain…

Humm, humm…

Cela non sans quelques sarcasmes et piques bien placés, il l’avait prise à la légère. Quand le combat commença, les yeux d’Honorine changèrent, ils laissèrent transpirer une incroyable concentration et elle entama sa danse macabre. Le nain mit bien un ou 2 coups de marteau mais il s’aperçu très rapidement qu’il n’était pas de taille, encore une fois pour un nain rien d’étonnant….

Le barde se figea l’espace d’une seconde, mais reprit rapidement, il ne voulait pas que les nains dans la salle s’offusquent.

Alors que le sieur nain esquivait les coups, sans qu’il ne se l’explique, des coupures apparaissaient sur son corps, comme si, même quand elle ratait sa cible, l’énergie qu’elle mettait dans ses coups en augmentait la portée. Le nain sans qu’il ne comprit ni pourquoi ni comment, avait fini par demander grâce à la jeune femme qui lui tendait sa main dans un large sourire.
Ses jours à Lerina en tant qu’étudiante arrivèrent à leur fin, le capitaine en personne lui demanda même de rester pour enseigner sa discipline car elle n’avait plus d’égale désormais. Mais elle avait trop envie de suivre sa propre route, elle avait une histoire à régler. Elle reçue la médaille de Lerina marquant ainsi la fin de sa formation, en fait cela faisait bien longtemps qu’elle aurait pu quitter ce lieu, mais elle pensait que plus de temps elle pourrait passer entre ces murs plus elle pourrait se charger du courage et de la force de ceux qui les ont bâti.
Elle passa, quelques années supplémentaires à Lerina, à escorter des caravanes et à combattre la faune local, ce qui lui permit de se payer un équipement correcte et de pouvoir voyager sans avoir à regarder ni à la destination, ni au coût du voyage. Ce ne fut pas une partie de plaisir, car aucun groupe d’escorte ne la prenait au sérieux, elle dut briser quelques os et quelques ego de mâle pour faire sa place.
Le jour de ses 25 ans elle quitta les terres des nomades et Lerina. Elle se sentait prête, prête à afin récupérer ce qui lui a été volé, prête à faire plier un royaume, prête à en bâtir un… Elle ferait renaitre le Fort Tryr et elle y rebâtirai un royaume autour.

Le barde allait continuer le récit quand la porte de l’auberge s’ouvrit violemment à cause du vent qui sévissait à cette époque de l’année, un groupe de 7 aventuriers entra dans l’auberge.

« Tavernier de la bière et à manger et prépare nous 2 chambres nous resterons cette nuit. »

Honorine, lança un regard à travers la pièce et quand elle aperçut le barde elle demanda

« L’ami pourrais-tu nous compter les dernières nouvelles de cette région, voilà longtemps que je n’y suis pas revenu, si tu sais quoi que ce soit sur le fort tryr, j’aimerai que tu commences par ça»

Le barde n’en revenait, le groupe dont il ne cessait de raconter les histoires et autres faits d’armes était là devant ses yeux…

« Si tu n’as pas encore mangé vient te joindre à nous… »

Il se déplaça promptement vers la table, il avait faim… tellement faim…
Taxidermiste spécialisé en dragon

l'Intelligence c'est comme les sandales elfiques quand on en a pas on s'ecrase !!!

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Maëlig
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Message par Maëlig » 15 mars 2014 17:43

Les sentiments de Marla étaient plus que partagés … en réalité c'était même une tempête d'émotions qui s'abattait sur ses épaules. Elle sentait la peur qui tenaillait les membres d'équipage et leur empressement à prendre la mer pour quitter au plus vite les rivages de l'île. Elle aussi était pressée de partir mais les yeux de Morieg qui la regardaient s'éloigner lui faisaient l'effet d'un coup de poignard dans le coeur.
Lui avait décidé de rester ...
Marla avait déjà été plusieurs fois à la croisée des chemins au cours de son existence mais la décision qu'elle venait de prendre allait tout changer, elle en était certaine … à commencer par la séparation d'avec son frère.
Pendant le traversée qui la ramenait jusqu'au continent, Marla laissa son esprit s'égarer … de toutes façons elle n'était pas dérangée par l'équipage qui préféra ignorer sa présence.

Marla avait vu le jour à Drakarys, cité drakeide du Grand Cercyl, située presqu'à la frontière d'Alania et toute proche de la forêt des Grands Lacs.
Son père Léonard les avaient élevés, elle et son frère jumeau comme il l'avait pu étant données les circonstances. Léonard était l'orfèvre de la cité et il y était reconnu et apprécié même si en tant qu'humain parmi les drakéides, faire sa place n'avait pas été chose facile. Sa physionomie avait probablement été un atout puisqu'il était très grand et sa musculature était très développée … rien à voir avec un drakéide bien sûr mais tout de même !
Marla se revoyait en train de jouer avec Morieg dans l'arrière cour de leur maison dont la devanture correspondait à l'atelier de leur père. Morieg et elle étaient différents des autres enfants de Drakarys : leurs traits draconiques étaient nettement plus marqués … et puis ils n'avaient pas de mère …
Pour Marla, cela n'avait pas d'importance car leur père était tout ce qui comptait pour elle et la cité lui apportait tout le bonheur dont elle avait besoin. Pour Morieg, c'était différent : il avait maintes fois questionné leur père sur leur mère. Il se demandait pourquoi ils avaient un père humain …

Tant qu'ils étaient enfants, Léonard les laissa dans l'ignorance, éludant les questions de son fils.
Marla et Morieg vécurent donc comme n'importe quel enfant de la cité à ceci prêt qu'ils n'allaient pas vénérer Bahamut au temple. Leur père ne le leur avait pas interdit mais il ne les avait pas élevés dans cette croyance et donc ses enfants n'avaient jamais éprouvé le besoin d'un dieu.
Marla et Morieg étaient appréciés dans la cité, malgré leur différence : les autres enfants s'étaient habitués et les adultes n'en avaient jamais semblé choqués ou étonnés. Cela venait peut-être du fait que leur père était un élément essentiel de la cité … mais Marla avait toujours pensé qu'il s'agissait d'autre chose.

A l'adolescence, les traits des jumeaux s'accentuèrent encore : leur peau était entièrement couverte d'écailles aussi solides que du bronze, en ayant la couleur et les reflets caractéristiques. Leur stature était extrêmement imposante, surtout pour Morieg. Leurs yeux étaient de la couleur de l'or et d'une forme reptilienne évidente. Le haut de leur tête était surmonté d'une sorte de crête d'écailles plus grandes et plus dure que les autres et d'ou partaient de longs cheveux drus entortillés les uns avec les autres, ne formant plus que de longues tresses grossières d'un brun cuivré. Leur corps était de forme plutôt humanoïde mais avec une musculature développée à l'extrême, et notamment un torse impressionnant. Leurs jambes et leurs bras se terminaient par les pieds et des mains griffus, capables de couper tous les métaux ! En plus d'être griffus, leurs membres étaient palmés ce qui en faisaient de très bons nageurs.
Par ailleurs, ils apprirent à développer leur souffle. Celui-ci envoyait un faisceau électrique, contrairement aux autres membres de la communauté dont le souffle était de feu.
Marla était reconnaissable à sa musculature plus en finesse et à des pectoraux qui auraient pu faire penser à une poitrine si elle avait été humaine. Et puis il y avait ce détail incroyable qu'aucun autre drakeide ne possédait : l'un de ses yeux était bleu … d'un bleu aussi clair que l'azur, même s'il conservait bien sûr son aspect reptilien ! Ce détail lui avait d'ailleurs longtemps valu le surnom de « œil d'azur ». Aujourd'hui, seul son père l'appelait encore de cette façon.

Marla et Morieg apprirent peu à peu le métier d'orfèvre : cela leur plaisait et puis surtout cela avait toujours semblé évident qu'ils prendraient la suite de leur père. La communauté fonctionnait ainsi : chaque enfant était amené à prendre une route que sa famille avait tracé pour lui et qui permettrait à la communauté de vivre comme elle l'avait toujours fait.
Et pourtant quelque chose avait bouleversé le cours des choses peu de temps avant la naissance de Marla : tout le monde le savait mais personne n'en parlait. Cela avait amené une grande tristesse dans la cité mais les choses avaient repris leur court et cet événement n'était plus qu'un élément d'histoire qui n'était même pas enseigné aux jeunes.
Marla adorait l'orfèvrerie, elle adorait manier l'or pour lui donner l'aspect demandé et par dessus tout, elle adorait faire cela avec son père et son frère. Ainsi donc passèrent les années jusqu'à cette fameuse nuit qui apporta la première pièce à l'édifice que serait la vie de Marla.

Depuis toujours elle dormait dans la même chambre que son frère pendant que leur père dormait à l'étage en dessous. Une nuit elle se réveilla en sursaut et elle vit immédiatement qu'il en était de même pour Morieg … c'est lui qui parla en premier :
- tu as senti ca ? Lui demanda-t-il
- Bien sûr que je l'ai senti, répondit-elle
- qu'est-ce que c'était ?
- Je ne sais pas … un rêve … ou une sorte de message …
- oui, c'est ca … un message … tu as raison ...
Il semblait tout aussi perturbé qu'elle et ils ne purent se rendormir.

Ils se levaient toujours au lever du soleil, en même temps que leur père et ce matin là, le déjeuner ne fut pas aussi joyeux que d'habitude. Marla expliqua à leur père qu'elle et son frère avaient ressenti une sorte de message, comme un appel vers … ils ne savaient quoi ! Marla avait du mal à trouver les mots pour exprimer ce qu'ils avaient éprouvé la nuit passée, elle s'embrouillait et commençait à perde patience lorsque Léonard l'interrompit :
- ne t'inquiète pas mon Oeil d'Azur, je sais de quoi tu parle, elle m'avait dit que cela arriverait un jour … j'avais juste préféré oublier cet avertissement …
Marla et Morieg se regardèrent, perplexes, puis leur père reprit la parole :
- les enfants, nous n'ouvrirons pas l'échoppe aujourd'hui … nous partons pour les Grands Lacs !
Ils préparèrent chacun un petit paquetage qui leur permettrait de tenir toute la journée : de quoi manger et des vêtements adaptés à la nage. Le voyage dura quelques heures durant lesquelles Léonard se montra étrange aux yeux de ses enfants : il semblait triste mais résolu à la fois.

Marla et Morieg connaissaient les Grands Lacs puisqu'ils y venaient souvent étant petits pour s'y amuser et nager.
En arrivant, ils se dirigèrent tous deux vers la berge qui leur était familière mais leur père les incita à les suivre dans une autre direction. Ils contournèrent donc une partie du lac et se retrouvèrent d'un coté que les deux drakéides ne connaissaient pas. Là, Léonard leur demanda de se changer et de se préparer à nager. Ils entrèrent tous trois dans l'eau et se mirent à nager pendant quelques centaines de mètres. Tout à coup, l'eau se fit plus froide et plus sombre, comme si le lac était devenu plus profond et c'est le moment que choisi l'humain pour prendre une grande goulée d'air et plonger à pic. Les jumeaux se regardèrent et imitèrent leur père. Finalement l'eau n'était pas si sombre et ils arrivèrent à le suivre sans peine jusqu'à un amas rocheux au fond du lac. Leur père contourna une roche et disparut … ils firent de même et purent constater que ce rocher masquait l'entrée d'une grotte qui n'était pas immergée mais au contraire relativement vaste … comme une bulle d'air sous l'eau.
- ca alors ! Mais quel est cet endroit ? S'extasia Marla ?
- C'est l'antre de Ofkrysantemiseln, plus connue sous le nom de Krysante …
Marla ne pouvait se méprendre : il s'agissait de manière évidente de l'antre d'un dragon. Même si elle n'en avait jamais vu, les histoires et légendes drakeïdes mentionnaient toujours des dragons : leur splendeur, leur richesse, leur puissance … et chaque jeune drakéïde avait des connaissances sur les habitudes de vie des dragons.
- mais qui est Krysante ?, demanda Morieg
- c'est … notre mère !, répondit Marla avant que Léonard ne termine sa phrase.
Et Léonard commença un récit qui dura des heures, pendant que ses enfants buvaient ses paroles.

Léonard avait débarqué dans la cité drakéïde alors qu'il était jeune adulte. Il avait appris à aimer ce peuple, avec toute l'arrogance et la prétention dont ils étaient capables parfois. Il admirait leur courage, leur détermination et leur fidélité. A cette époque, Drakarys était sous la protection d'un grand dragon de bronze femelle nommée Ofkrysantemiseln qui régnait aussi en maître sur les Grands Lacs. Léonard développa une véritable admiration pour Krysante ; admiration qui n'était que fantasmes puisque personne ne l'approchait mis à part une fois par an pour lui donner son tribut pour la remercier de sa protection. Le jeune homme vivait donc en harmonie avec la cité et c'est à cette époque qu'il s'y fit sa réputation d'orfèvre hors pair. Il participait d'ailleurs toujours au butin du dragon en confectionnant de magnifiques pièces, à chaque fois uniques et d'une rare perfection.
Un jour, alors qu'il travaillait dans son atelier, une femme entra dans l'échoppe. Elle était plus âgée que lui et il fut immédiatement intimidé. Elle était grande et fine, avec une musculature ciselée comme du métal. Ses cheveux étaient de la couleur du bronze et ils cascadaient sur ses épaules. Elle portait une tenue de velours vert émeraude, composée d'un pantalon et surmonté d'une tunique largement décolletée, le tout si prêt de son corps que Léonard eut l'impression de pouvoir la voir nue. Son regard le captiva immédiatement, il avait quelque de chose de félin … ou plutôt de reptilien. Ses yeux avaient la même couleur que sa chevelure, hormis le coin supérieur droit de son œil droit qui était de la couleur de l'azur.
La femme le regarda intensément sans ouvrir la bouche et Léonard sut immédiatement qui elle était. Elle resta deux jours entiers avec lui et repartit comme elle était venue en lui disant simplement ceci :
- ton travail m'a touché au plus profond de mon être et tu méritais de le savoir. Je ne reviendrai plus jamais te voir et je t'interdis de venir à moi. Un jour tu auras de mes nouvelles et alors tu sauras quoi faire.

Après cela, Léonard passa de longs mois à se morfondre jusqu'à ce que la délégation chargée d'apporter les présents à Krysante revienne un beau jour en annonçant que leur protectrice avait déserté son antre. Anéanti, Léonard voulu aller voir par lui-même et ce qu'il trouva le bouleversa … son rêve s'était envolé mais avait laissé derrière elle deux oeufs, comme blottis l'un contre l'autre, et cachés derrière un rocher de l'antre. Léonard emmena les oeufs avec lui et les plaça sur une étoffe, prêt du feu qui brulait continuellement dans son atelier. Il les observait chaque jour et savait que ce qui en sortirait serait une partie de lui. Il était prêt à les accueillir, comme si finalement le but de son existence avait été cela depuis le début. Le jour ou la première coquille se craquela, toute la tristesse de son amour perdu disparut et laissa la place à une gratitude sans mesure. Son rêve était devenu réalité sous une forme qu'il n'avait pas imaginée jusque là.
Lorsque Léonard présenta Marla et Morieg à la communauté, personne ne sembla étonné et tout le monde sut qu'ils étaient ses enfants.

A la fin de son récit Léonard sembla soulagé. Les deux jeunes drakeïdes, eux, étaient bouleversés mais pas surpris. Marla avait toujours su que leur histoire était différente et Morieg était surexcité par la vérité.
Ils rentrèrent tous les trois à la nuit tombée et passèrent la soirée à discuter autour du feu.
- vous devez partir la retrouver, leur dit Leonard, elle vous appelle ...
Marla était déchirée mais elle savait au plus profond d'elle-même que leur père disait vrai. Le plus fou est qu'elle savait exactement ou ils devaient se rendre avec son frère : l'île de Moss.
Quelques jours plus tard, Marla et Morieg étaient prêts à partir, ils firent leurs adieux à leur père et partirent en direction de Valis.
A peine sortis du Cercyl, la population changea et les drakéides se firent de plus en plus rares. Pour les jumeaux, ce fut le premier changement auquel ils durent faire face, eux qui n'avaient connu quasiment qu'un humain : leur père. Ils durent apprendre à supporter le regard des autres, parfois simplement étonné, parfois presque apeuré et très rarement admiratif.
Leur voyage vers l'île de Moss dura prêt d'un an et demi. La plupart du temps ils voyageaient seuls mais parfois ils se joignaient à une caravane ou à un petit groupe d'aventuriers. Ils passèrent même une fois une journée complète avec un paladin qui leur raconta comment sa foi et sa dévotion avaient changé sa vie. En y repensant, Marla ne se souvenait même pas quel dieu il avait choisi de servir.
De Valis, ils avaient décidé de passer par le nord mais en évitant au maximum le désert dont le climat leur serait difficile à supporter. Ils traversèrent donc le royaume des Princes Nomades par Saint Flawn et la citadelle de la Dent Noire. Puis ils rejoignirent Gothetia par Pel Kahhn ; là ils longèrent le Mur des Ossements et donc une partie du nord des Terres Sombres. Cette petite partie du voyage marqua l'esprit de Marla car elle y apprit l'histoire de la chute du Fort Tryr et celle du Sorcier Sombre. Même si cette histoire était passée et surtout ne la concernait pas, cela lui pesa longtemps émotionnellement, elle se sentait touchée eu plus profond de son être.
Ils firent route ensuite pour Yblos puis Artblos et traversèrent ainsi la Fédération des principautés du Grand Orient. Là ils décidèrent de longer la côte jusqu'à Urcis en espérant y trouver un bateau pour y rejoindre l'île de Moss. Au fur et à mesure qu'ils approchèrent d'Urcis et qu'ils faisaient part de leur projet, les regards devinrent de plus en plus suspicieux et surtout choqués. L'île de Moss était la terre des Dragons et personne n'y allait jamais, il semblait même y avoir une interdiction que personne ne bravait !

Arrivés à Urcis, ils décidèrent de s'installer quelques jours dans une auberge en attendant de trouver une solution. Un soir alors qu'ils prenaient leur repas, un homme vint les trouver. Il était très grand, avait une longue chevelure brune aux reflets cuivrés et il portait une tenue de cuir brune, cloutée par endroit. Il s'installa à leur table et les regarda quelques instants avant de s'adresser à Marla :
- tu dois être Oeil d'Azur ?
Celle-ci fut abasourdie un moment , personne ne l'appelait plus ainsi même si sa particularité physique ne passait jamais inaperçue.
- je m'appelle Marla et voici mon frère Morieg, et oui, je suis celle qu'on nommait autrefois Oeil d'Azur.
- Bien ! Alors retrouvez moi tous les deux au port, demain matin au lever du soleil , je vous mènerais à votre destination... vous voulez bien aller à Moss ?
- Heu … oui c'est bien ca … mais vous pouvez y aller ?
- Ne vous inquiétez pas pour ca. A demain !
Marla et Morieg passèrent la soirée à discuter de la décision qu'ils allaient prendre. Mais elle s'était imposée à eux dès le départ en réalité. Ils avaient tous deux ressenti cet événement comme une évidence qu'ils ne pouvaient refuser. Ils n'étaient d'ailleurs même pas inquiets et c'est plein de sérénité qu'ils allèrent se coucher. Le lendemain ils se rendirent au port ou ils retrouvèrent l'homme qui les fit monter sur un navire de petite taille qui ne servait manifestement que pour de courts trajets. La traversée fut courte mais elle suffit à Marla pour atteindre la conviction que leur « capitaine » n'était pas un homme … elle sentait chez lui le sang de dragon.
Ils arrivèrent sur les berges de Moss ou les attendaient une femme magnifique entourée de deux jeunes dragons. Ils étaient déjà de taille impressionnante et leurs écailles avaient la couleur du bronze. L'homme quand à lui, avait disparu.
Les deux drakéides étaient très impressionnés et ils n'osèrent pas bouger. La femme s'avança vers eux et les regarda d'un air assez sévère mais surtout très solennel. Marla remarqua immédiatement la tâche bleue dans son œil droit et cela lui confirma ce qu'elle savait déjà de l'identité de cette femme.
- je vois que vous avez entendu mon appel mes enfants. Vous avez fait preuve de courage en y répondant et je constate que votre père vous élevés comme je l'espérais. Je suis Ofkrysantemiseln, votre mère ! Et voici vos frères.
Il se passa à nouveau un an et demi avant que Marla ne reparte de Moss.
Les premiers jours de leur séjour, Krysante garda sa forme humaine et leur expliqua pourquoi elle les avait laissés. La vie d'un dragon est longue, très longue et son intention n'avait jamais été de rester dans les Grands Lacs et le temps était venu pour elle de repartir vers Moss.
Les mois suivants, leur mère reprit sa forme de dragon ce qui fut extrêmement déstabilisant pour Marla au début. Morieg mit beaucoup moins de temps à s'adapter, lui. Krysante expliqua à ses enfants drakéides tout ce qu'ils devaient savoir sur la part draconique de leur être. Ils apprirent ainsi qu'ils étaient très probablement les seuls de leur race à avoir des caractéristiques de bronze. Les dragons de bronze n'avaient jamais voulu donner jour à des « sous-espèces » comme ils les considéraient. Marla et Morieg avaient vu le jour uniquement grâce à la reconnaissance de Krysante pour leur père. Krysante leur expliqua aussi qu'ils étaient issus d'une grande lignée de dragons de bronze dont elle-même était la plus ancienne représentante.
Elle avait décidé de rappeler ses enfants à elle dans le but de leur montrer la deuxième partie d'eux-même, qu'ils ignoraient en effet jusqu'alors. Elle leur montra son antre, son trésor, ses pouvoirs … Ils eurent peu affaire aux autres dragons de l'île, Krysante ne les fréquentant elle-même que très rarement. Cela aussi faisait partie de leur nature : le besoin de solitude.
Morieg sentit très rapidement sa nature draconique prendre le dessus sur sa nature humaine … il se sentait chez lui et surtout, enfin parmi les siens. Les dernières semaines avant que Marla ne décide de repartir, il avait même pris ses distances d'avec Krysante et avait trouvé une grotte ou s'établir. Il commenca à chasser par lui même et devint de plus en plus solitaire, il partait des jours entiers à travers l'île.
Pour Marla, les choses étaient différentes. Elle se sentait reconnaissante de tout ce savoir mais pourtant, elle savait qu'elle aspirait à autre chose. Cette certitude l'envahissait de plus en plus, à mesure que grandissait son besoin de repartir. Elle sentait aussi qu'elle ne voulait par retourner à Drakarys … elle avait besoin d'autre chose … elle se sentait irrésistiblement appelée vers autre chose.
Elle fit ses adieux à Krysante, à ses frères dragons et … à Morieg. Cela fut déchirant mais ils avaient tous les deux compris que leurs destinées se séparaient ici.

Après avoir quitté Moss et rejoint Arepta, Marla décida cette fois de repartir par le sud de Démétaire. Elle traversa la mère des Archipels et longea la côte jusqu'au royaume de la Haute Forêt Elfique. Elle traversa ses terres en remontant vers le nord pour y atteindre ses iles. Là elle put enfin rejoindre Thrèbes en Alania. En quittant Moss, elle avait su que c'était là-bas qu'elle devait se rendre. Sa conviction était aussi limpide que lorsqu'elle avait sentit l'appel de sa mère. Mais cette fois elle se sentait appelée vers quelque chose d'autre. Quelque chose qui ne serait pas juste une étape de sa vie, quelque chose qui conditionnerait tout le reste de son existence.
Elle passa quelques jours à marcher à travers Thrèbes. Elle n'errait pas, en fait elle savait même exactement ou elle devait aller mais elle voulait s'accorder ces quelques jours de liberté avant. Elle passa devant de nombreux temples, même celui de Bahamut. Elle visita la bibliothèque, passa quelques soirs dans des auberges animées …
Un matin, Marla se présenta devant le temple de Torm, elle leva les yeux vers le ciel, prit une profonde inspiration et y entra.
Marla ne ressortit réellement du temple que 3 ans plus tard. Pendant ces trois années, elle découvrit la foi et apprit le maniement des armes. Torm lui apporta ce qui avait cruellement manqué à sa vie jusqu'à présent : un but ! A présent Marla savait ce que serait son existence : elle mettrait ses armes et son savoir au service des autres, de la justice et de la volonté de son Dieu. Elle n'avait rien oublié de sa vie passée mais maintenant elle entrevoyait son futur avec une toute nouvelle clairvoyance.
Ainsi, sa formation de paladin de Torm terminée, Marla dit au revoir à son temple, à ses instructeurs et à ses frères d'armes. Elle était convaincue de vouloir suivre cette voie, mais elle la suivrait seule.

Ce soir là, Marla se trouvait à proximité de Trinsic. Elle méditait au milieu de dolmens. Marla était un peu perdue. Elle savait quel était le but de sa vie mais comment l'atteindre ? Comment se mettre au service des autres ? Comment trouver une juste cause à défendre ? … tout cela se bousculait dans son esprit.
Et puis depuis qu'elle avait quitté le temple, certains éléments de sa vie passée revenaient la hanter : sa mère, son frère jumeau, que devenaient-ils ? Et son père ? Il ne savait même pas qu'elle était revenus de Moss, elle était pourtant si proche de Drakarys …

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Lord Kntrack
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Message par Lord Kntrack » 16 mars 2014 10:54

c'est beau tout ce que vous avez écrit...
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Joz
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - Background

Message par Joz » 16 mars 2014 17:48

Tu nous le rends bien :D

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