D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Le retour de la grosse campagne D&D qui envoie du steak de Dragon.

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D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Lord Kntrack » 07 mars 2014 18:05

Les Légendes de Démétaire Acte II : La Légendes du Sorcier Sombre

Samedi 8 Mars 2014

Donjon & Dragon : Les Légendes de Démétaire à 14h30

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S01E01 : De l'ombre à la lumière

1370 - Redoute du Marteau du Fer Blanc

Nous somme dans la redoute du marteau du fer blanc, non loin de Château Bief capitale de la Vaste Plaine. Le cœur de Khéro était rempli de doute. Elle fixait longuement son armure d’or, la dernière encore existante. Elle pensait à tout ce qu’elle avait vécu. La tragique attaque des elfes noires sur sa citée natale, son adoubement par son maître le glorieux k’ntrack, les nombreuses batailles qu’elle avait livré avec ses compagnons les Tonnerres de Tempus jusqu’à leur fin tragique.
Elle ferma les yeux, fit le vide en elle. Il était temps d’endosser une nouvelle fois sa sainte tenue et de livrer un nouveau combat ; mais cette fois sans ses amis. Elle ouvrit les yeux et appela son armure qui dans une explosion de lumière se déposa sur elle. D’un pas vif et décidé elle se dirigea vers la place d’arme où l’attendaient Bharash, Medrash, Nala, Riardo, Valna, Erik Tolsen, Eliza Zell, Hardek, Berend, Travok et Torbera
Lorsqu’elle arriva elle ordonna la levée des couleurs et prit la parole :
« Mes frères, aujourd’hui, après 20 ans de sommeil, nous nous relevons. Aujourd’hui après avoir soigné nos plais, nous nous redressons pour faire face à notre ennemi. Selon le décret royal signé par sa majesté Anne Hélène III, reine de la Vaste Plaine, nous formons aujourd’hui la 72ème compagnie du Fort Tryr. Elle sera placée sous le commandement du capitaine Erik Tolsen et portera le nom de la compagnie Phénix. Comme cette oiseau nous renaissons de nos cendres. Nous n’aurons de cesse, et ceci jusqu’à notre dernier souffle de rependre ce qui nous a été pris. Pour la gloire et l’honneur des hommes du fort Tryr, j’en fait le serment ».
Et tous reprirent en cœur d’une seul voix : « Pour la gloire et l’honneur du fort Tryr, nous en faisons le serment »
Au lendemain la troupe quitta le fort. Il était temps pour eux de passer de l’ombre à la lumière. Ils chevauchèrent pour la côté océanique du royaume d’Allania
On ne dit pas Richelieu mais Sympa la baraque

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Lord Kntrack » 09 mars 2014 14:00

Voici le sujet pour le dernier scénario.....lâchez vous
On ne dit pas Richelieu mais Sympa la baraque

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Malefiss
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Malefiss » 12 mars 2014 10:53

Les légendes de Démétaire Acte 2 - S01 E01 : De l'ombre à la lumière - Partie 1

Mois de La première Lune, 1370 : Sid Taldar - Terres désolées

La jeune humaine était fatiguée en se rendant à la convocation du chef des opérations de sa tribu. Elle revenait tout juste d'une mission dans le désert au sud de Sid Taldar. Avec son groupe, ils avaient éliminé un groupe de bandits qui avait pris l'habitude d'attaquer des caravanes. Pire, ils avaient rajouté à la provocation en renversant systématiquement l'eau dans le sable. Nul doute qu'ils étaient au service des armées du Sorcier Sombre. Rien de tel que d'interrompre l'approvisionnement et la logistique en temps de guerre... Les combats avaient été rudes. Les brigands étaient bien armés et savaient se battre bien mieux que les voleurs de grand chemins habituels. Heureusement, à part quelques blessures, il n'y avait pas eu trop de dégâts. Elle souffla en arrivant devant la grande tente puis entra :
"- Salut à toi, Abani"
"- Salut à toi, chef"
"- Vous avez parfaitement rempli votre mission aujourd'hui. Grâce à vous, nos marchands pourront circuler bien plus en sécurité qu'avant. J'espère juste que ça va durer."
"- Merci chef"
"- J'aimerai pouvoir t'accorder quelques jours de repos après ça, mais je ne le peux pas. Je dois te demande de rejoindre Kn'Track City pour une mission capitale."
"- Moi ?"
"- Oui, tu as été convoquée personnellement par 'M'."
"- Ah bon ? Et je dois partir quand ?"
"- Immédiatement. J'ai déjà fait préparer tes affaires. "

Mois de la Première Lune, 1370 : Kn'Track City

Abani entra dans la pièce. Comme toujours, elle était très peu éclairée. Derrière un petit bureau, une naine âgée s'affairait. La jeune humaine attendit quelques secondes puis toussota avant de prendre la parole :
"- Bonjour M."
La naine releva la tête et sourit.
"- Ah Abani, te voilà enfin. Je suis contente de te revoir."
"- Moi aussi M."
"- Je vais te demander si tu veux bien venir avec moi pour une mission qui sera sans nul doute très dangereuse mais qui changera la face du conflit avec le Sorcier Sombre. J'ai déjà contacté quelques amis et nous avons commencé le travail."
"- Qu'est-ce que je dois faire ?"
"- Rejoins nous. Nous avons formé une compagnie armée. On va organiser la riposte une fois pour toute."
La rôdeuse sourit. Il était temps...
"- Avec le plus grand plaisir M."
La naine poursuivit :
"- Tu vas m'accompagner, le moment est arrivé d'aller rejoindre une vieille amie."

Mois du Renouveau, 1370 : Campagne autour de Trois-Epis - Royaume de la Vaste Plaine

Après 2 semaines de voyage, la petite troupe était arrivée en vue d'une petite ferme. Ils étaient 8 compagnons, tous humains à part M et Abani se sentait petite à coté d'eux. A côté de la ferme, une demi-orque bâtie comme une machine de guerre coupait du bois, fendant des bûches épaisses comme des troncs sans effort apparent. Les muscles saillants de ses cuisses attestaient s'il le fallait encore de la condition physique de la femme.
M respira profondément, l'air inquiète, et demanda aux autres:
"- Quoi qu'il arrive, ne faites pas de gestes inconsidérés s'il vous plait. C'est déjà assez difficile comme ça !"
Puis elle s'avança, suivie d'un peu plus loin par les autres, tous silencieux. Abani se demandait ce qui était en train de se passer. Certains de ses compagnons avaient l'air inquiets, mais d'autres avaient un sourire joyeux. Etait-ce à cause de cette demi-orque ? Pourtant, même si elle n'était pas aussi expérimentée que les autres, la jeune rôdeuse ne doutait pas de pouvoir se débarrasser de la guerrière. Qu'est-ce qui pouvait donc faire peur à ce point à M ?
Abani sentait que la demi-orque était consciente de leur présence et qu'elle continuait son travail en leur tournant délibérément le dos mais la tension était montée d'un cran. Par réflexe, Abani posa les mains sur ses cimeterres mais l'un des guerriers lui posa la main sur l'épaule en secouant la tête. Brusquement, la femme se retourna, tenant sa hache de manière menaçante. Des flammes dansaient de colère dans ses yeux lorsqu'elle s'écria :
"- Toi ? Qu'est-ce que tu fous là ?"
M semblait se rapetisser devant la montagne en fureur :
"- Bonjour Hilda. Je suis venue te chercher."
"- Comment oses-tu te présenter ici après ce que tu m'as fait ? Après ce que tu nous as fait à tous ? Toi, Khéro, la dernière personne en qui nous avions placé toute notre confiance ?"
"- Laisse moi m'expliquer. Il n'y avait que cette solution."
"- Tu as renié ton serment. Tu nous as fait trahir le nôtre. Nous aurions dû y mourir les armes à la main."
La naine encaissa les hurlements. A côté de la jeune humaine, certains compagnons avaient la mine sombre et les épaules basses. Clairement, ce qu'évoquait la demi-orque était vif dans leurs souvenirs. Vif et douloureux... La femme avait appelé M... Khéro ?... Etait-ce son vrai nom ? Le nom de la dernière survivante de la bataille du Fort Tryr ? Celle qui aurait signé la reddition au Sorcier Sombre ? Mais la naine continua la discussion houleuse :
"- Hilda, tout était perdu..."
"- Et alors ? Nous avions tous juré d'aller au bout. Rappelle-toi : jusqu'au sacrifice final..."
Touchée par la force des mots, la naine baissa la tête. La dénommée Hilda continua sa charge :
"- Et tu as fait de nous des parjures, des moins que rien. Tu nous as volé l'essence même de ce que nous étions..."
"- ..."
"- Tout ça parce que tu as été faible et que tu n'as pas supporté de perdre tes compagnons !"
Un silence lourd suivit cette affirmation. De longues secondes qui semblaient durer de longues heures. Parmi les compagnons, c'est comme si une chape de plomb était tombée. Abani les dévisagea tous, l'un après l'autre. Leur humeur était morose et tous avaient baissé les yeux. Elle entendit même un sanglot étouffé. Dévisageant la demi-orque, elle put y deviner une larme même si la fureur ne l'avait pas quitté.
D'une voix brisée, la naine reprit :
"- Je sais ce que j'ai fait. Mais c'était la seule solution pour qu'un jour il puisse y avoir un espoir."
Elle jeta un sac en direction de la femme.
"- Regarde dedans !"
D'un geste méprisant du pied, Hilda souleva le dessus du sac et s'immobilisa. Ses poings se serrèrent, sa mâchoire commença à trembler. Elle se baissa, tendit les mains pour toucher ce qu'il y avait à l'intérieur du sac et resta quelques instants immobile. Khéro ajouta :
"- Il fallait à tout prix sauver le symbole de la résistance jusqu'au bon moment."
Hilda se releva, des larmes avaient coulé le long de ses joues, dans ses yeux la colère avait été remplacée par une fureur sans nom. Ses phalanges étaient blanches tant elle serrait ses poings forts. Et elle explosa :
"- Enfoirée ! Fille de ....! Comment as-tu pu ? Comment as-tu osé nous faire ça ?"
Abani dégaina ses lames. L'histoire était en train de prendre un tournant désagréable. Khéro ramassa le sac puis en jeta un autre en direction de la guerrière.
"- Tiens, j'ai récupéré tes affaires à Forges. Je n'ai jamais perdu de vue aucun d'entre vous et je me suis juré que je vous offrirai une deuxième chance. Ce moment est arrivé : Nous avons rassemblons les anciens et nous allons créer un nouveau groupe, sous le commandement d'Erik Tolsen. Il est temps de nous relever et de reprendre ce qui est nôtre. Si tu le souhaites encore, rassemble tes affaires. Nous serons à l'auberge jusqu'à demain matin, puis nous partirons."

La troupe fit demi-tour et partit vers le village, laissant la demi-orque seule et déversant juron après juron. Abani tourna la tête et vit la femme lancer sa lourde hache au loin comme si c'était un simple morceau de bois...

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Mois de l'Espérance, 1370 : Quelque part au sud de Trinsic - Royaume d'Alania

La drakéïde de bronze soupira. Le soleil était déjà bas et elle était toujours dans cette forêt qui ne finissait pas. Dans quelques minutes il ferait nuit et il faudrait trouver un endroit pour monter le campement. Mue par une intuition elle quitta la route principale et bifurqua dans un petit chemin. Quelques centaines de mètres plus tard, elle déboucha sur une sympathique clairière au centre de laquelle se dressaient 5 monolithes noirs. Elle s'approcha plus près et inspecta les pierres. Sur chacune d'elles elle put distinguer un symbole gravé : une étoile, un dragon, une licorne, un ange et un phénix.
"- C'est un présage" se dit-elle avant de prendre ses affaires de sa monture et de dérouler son sac de couchage au pied du monolithe avec le symbole du dragon.
Elle disposa ses armes afin de pouvoir les dégainer à chaque instant puis elle s'allongea pour la nuit et sombra dans un sommeil réparateur.
Au milieu de la nuit, elle se réveilla soudain avec un sentiment étrange, comme la prémonition qu'il allait se passer quelque chose d'inhabituel. Elle se leva, saisit son épée longue et retint son souffle. Rien ne bougeait autour d'elle. Même la forêt semblait curieusement silencieuse. Elle se mit à couvert derrière le dolmen et jeta un oeil à son cheval.
"- Rien de particulier là-bas non plus..." remarqua-t-elle.
Elle s'appuya sur le monolithe pour se rasseoir et à ce contact, le symbole du dragon gravé se mit à luire. D'abord imperceptiblement puis de plus en plus fort jusqu'à ce qu'une douce lumière baigne la clairière. La drakéïde affermit sa prise sur la garde de son épée et jeta un oeil autour d'elle. Nul n'aurait pu voir la moindre étincelle de peur dans le regard de la guerrière dont le bouclier était frappé du symbole de Torm. Quelques instants après, un léger sifflement lui fit lever la tête : une boule de feu tombait tout droit sur son campement. La drakéïde se jeta sur le côté et roula à l'abri au moment même où la boule de feu toucha le monolithe dans une lumière aveuglante.

Ayant recouvré l'usage de ses yeux, elle vit la silhouette d'une humaine nue allongée auprès du monolithe, inconsciente. Elle se précipita pour lui porter secours et pour la recouvrir d'une cape.
Lorsque l'humaine reprit connaissance, la drakéïde s'adressa à elle :
"- Bonjour, je m'appelle Marla. Comment vous sentez-vous ?"
L'humaine la regarda fixement comme si elle voulait lire dans l'essence même de son âme, puis après de longues minutes, elle dit en draconique ancien :
"- Pourquoi la fille d'Ofkrysantemiseln vénère-t-elle une divinité humaine ? et pourquoi est-elle devenue une championne de cette divinité ?"
Marla était sans voix mais se reprit très vite :
"- Ce n'était pas un choix de ma part, c'était naturel, ça s'est fait comme ça parce que c'était ma destinée."
L'humaine parut se contenter de cette réponse et resta silencieuse. La drakéïde rajouta :
"- Comment connaissez-vous ma mère ?"
"- On peut le distinguer sans difficulté dans ton oeil. Tu as celui d'Ofkrysantemiseln, il n'y a aucun doute à cela."
Marla resta silencieuse. L'humaine poursuivit :
"- Elle est ma soeur..."
Etonnée, la drakéïde répliqua :
"- Bon, si nous sommes de la même famille, nous pourrions nous tutoyer. Mais cela mérite quelques explications, non ?"
"- Je suis la fille de Trextorius le Sage."
L'humaine était la fille du père de la lignée des dragons métalliques, en tout cas, c'est ce qu'elle prétendait. Marla resta de marbre, bien décidée à ne pas montrer qu'elle était impressionnée puis continua :
"- Quel est ton nom, ma tante ?"
"- Ca dépend... Celui donné par mon père ou celui donné par ma mère ?"
Devant l'incompréhension de la drakéïde, elle ajouta :
"- En général, on me nomme Evangélia."
Abasourdie, Marla réalisa qu'elle avait en face d'elle l'une des immortelles de Thrèbes. Et elle était la fille du grand Trextorius...
L'humaine poursuivit :
"- Où sommes-nous ?"
"- Sur la route de Trinsic, peut être à deux jours de voyage."

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Mois de l'Espérance, 1370 : Ville état de Raiden - République de Raiden

C'était la fin d'après midi. Une vieille femme aux cheveux gris, le dos voutée marchait dans une rue déserte appuyée sur sa canne. En y regardant de plus près, on aurait pu distinguer des traits éladrins sur son visage ridé. A ses côtés, une jeune éladrine restait silencieuse. Elle savait que la vieille femme prenait des drogues dangereuses pour sa clarté d'esprit mais que ces mêmes drogues avaient sans aucun doute consumé les dernières années de sa vie. Arrivées devant une porte anodine, la vieille femme se tourna vers la jeune éladrine et dit entre deux quintes de toux :
"- Eölwë, tu as été mon élève de longues années, en plus d'être ma cousine. Je ne vais pas tarder à rejoindre nos ancêtres mais il me reste quelques rares choses à t'apprendre."
"- Maitresse Rachel, tu as été un professeur patient pour moi"
"- Ecoute-moi et ne m'interromps pas, s'il te plait. Ton père m'a toujours interdit de t'amener ici. Mais le temps m'est compté : ce soir je vais quitter Démétaire pour toujours et dans quelques jours, je vais aller m'éteindre à l'endroit que je considère comme mon seul véritable chez moi. L'heure est venu pour toi de faire un dernier choix : Tu peux partir avec moi ou rester ici. Si tu m'accompagnes, tu risques d'être rejetée par notre peuple et de n'être jamais plus la bienvenue chez toi. Si tu restes, le moment est venu de faire nos adieux."
"- Ma cousine, jamais tu n'as fait quelque chose sans qu'il y ait une raison derrière, quand bien même personne d'autre ne pouvait voir cette raison. Si tu m'as amenée ici, ce n'est sûrement pas pour rien. Je ne vais pas te laisser tomber maintenant."
Un pâle sourire se dessina sur les lèvres de Rachel lorsqu'elle ajouta :
"- Alors viens, mais sois consciente que tu seras changée définitivement après ceci."

La vieille femme traça quelques symboles dans l'air et marmonna une incantation inconnue. La porte s'entoura bièvement d'un halo bleu puis s'ouvrit doucement sur un couloir noir. La vieille femme s'engagea, suivie de son élève et après quelques pas, la porte claqua bruyamment, coupant le lieu du faible éclairage de l'extérieur. Quelques secondes après, Rachel ouvrit une autre porte et une lumière aveuglante envahit la petite pièce ou les deux femmes se trouvaient. La jeune éladrine était surprise, elle n'avait pas même senti la téléportation et pourtant elle avait eu lieu. La porte donnait dans une grande cour. Des murs d'albâtre brillaient sous le soleil de midi. L'édifice était majestueux et immense. Plus loin, des enfants semblaient s'amuser à un jeu inconnu. La vieille magicienne affichait un sourire rayonnant. Eölwë se dit que sa maitresse semblait plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été. Puis celle-ci se tourna vers son élève :
"- Bienvenue à l'Académie des Etoiles, Eölwë. Viens, j'ai quelqu'un à te présenter."

Ainsi donc c'était ça, la mythique Académie des Etoiles ? La jeune éladrine ne savait plus où regarder, tant ce lieu était magnifique. Elle avait aussi une impression curieuse, comme si la magie émanait de ces lieux, ou plutôt comme si les lieux eux-mêmes découlaient de la magie.

Les deux femmes entrèrent dans une tour et au premier étage, Rachel s'arrêta pour frapper à une grande porte. Une voix rauque mais néanmoins mélodieuse répondit :
"- Entre Rachel"
La vieille femme ouvrit la porte et entra, sa disciple sur les talons, et s'inclina. Derrière un grand bureau, une grande créature était occupée à la lecture d'un ancien et volumineux ouvrage. L'éladrine resta sans voix lorsque Rachel lui présenta le saurial de près de 2 m 50. Celui-ci lui jeta un regard bienveillant en disant :
"- Ainsi donc voila ton apprentie... Bienvenue à toi jeune Eölwë."
la vieille magicienne se tourna vers la jeune éladrine en souriant :
"- Eölwë, je te présente Coeur d'Etoile, le fondateur et grand maître de l'Académie des Etoiles."

Avec un petit air espiègle, le saurial dévisagea la jeune éladrine et dit à voix haute :
"- Tu pourras parfaire ton enseignement ici, si tu en es digne et ceci, nous le saurons très vite. Je souhaite que tu joues aux échecs contre mon perroquet."
Etonnée, l'éladrine se demandait si le saurial n'était pas en train de se moquer d'elle. Mais cette pensée disparut aussi vite qu'elle était arrivée avec l'apparition d'un plateau d'échecs sur une petite table. Avec un regard interrogateur vers son mentor, Eölwë s'assit pendant que l'oiseau se posait sur son perchoir face au jeu. Rachel avait un sourire enigmatique lorsqu'elle lui fit un clin d'oeil avant de sortir avec Coeur d'Etoile. Bon, ça serait vite règlé, ce n'est qu'un oiseau finalement...

Trois jours après, Eölwë craqua et jeta l'éponge à bout de nerfs. Pas une seule fois la créature n'avait fait la moindre erreur. Cette sale bestiole l'avait ridiculisé partie après partie. Pire encore, elle se moquait d'elle en balançant raillerie sur raillerie avec une impertinence exaspérante. Tremblante et épuisée, l'éladrine s'assit près de sa maitresse et du maître de l'Académie. Coeur d'Etoile souriait lorsque Rachel lui posa une main sur l'épaule :
"- Je suis impressionnée. Tu as été extraordinaire. Je n'ai tenu que 8 heures avant d'abandonner. Tu as fait preuve d'une persévérance surprenante et d'une concentration parfaite. Je te félicite !"
Le saurial parla alors de sa voix grave :
"- Repose toi, jeune Eölwë. Demain, tu auras ton dernier cours."

Le lendemain matin, Rachel semblait avoir consumé toute l'énergie qui lui restait. Couchée dans son lit, elle transmit son ultime enseignement : le pouvoir de détecter les empreintes magiques des sorts. Eölwë apprit que tout sort (et toute aura) portait en lui une empreinte, comme une signature du magicien qui l'avait créé. Cette empreinte permettait de connaitre ce lanceur de sort et même de deviner le magicien qui était son maître. Après ce dernier cours, Rachel emmena son apprentie jusqu'à sa chambre et lui donna un lourd grimoire. Lorsque Eölwë le feuilleta, elle en fut abasourdie : l'ouvrage contenait des sorts légendaire dont la puissance était quasiment sans limite et que même les plus grands mages ne pensaient pas qu'ils existent.
Difficilement, Rachel dit alors d'une voix douce et sifflante :
"- Je vais quitter ce monde très bientôt. Je vais te demander un dernier service : Je souhaite qu'à ma mort, tu brûles ma dépouille selon le rituel de l'Académie qui se trouve aussi dans ce grimoire et tu récupères les cendres résiduelles. Ces cendres pourront servir de composants pour certains sorts et rituels du grimoire. Je sais que tu en feras bon usage."
L'inquiétude étreignait le coeur de la jeune élève. Après quelques minutes de silence où seule la respiration de plus en plus laborieuse de la vieille femme se faisait entendre, celle-ci demanda :
"- Eölwë, sois gentille de prendre le paquet qui se trouve dans mon coffre là-bas et ouvre le s'il te plait."
L'éladrine sortit un long paquet d'environ 1m30 enveloppée dans un riche tissus. Elle le posa sur la table basse près de Rachel et entreprit de défaire les liens avec un respect que d'aucuns pourraient trouver exagéré. Elle déplia doucement le tissus laissant apparaitre la garde puis la lame d'une magnifique épée longue. D'une voix tremblante d'émotion et de fatigue, Rachel articula difficilement :
"- Voici l'épée de mon père Galinndan... Je voudrai qu'elle te revienne dorénavant... Je pense que le temps de la tirer à nouveau ... est arrivé. Tu seras le guide de ceux qui se battent ... contre le Sorcier Sombre. Beaucoup de gens ont suivi cette lame par le passé ... et beaucoup n'attendent qu'elle ... pour s'engager à nouveau dans le combat. Je voudrais que tu ... ailles près de Trinsic, à l'auberge du Sans Soucis pour ... rejoindre le groupe formé ... par Erik Tolsen..."
Quelques instants plus tard, la vieille femme rendit son dernier souffle. Les larmes aux yeux et le coeur étreint par le chagrin, Eölwë se rendit auprès de Coeur d'Etoile. Ce dernier assura qu'il s'occuperait de tous les préparatifs.

Le rituel fut exécuté le soir même. Eölwë récupéra les cendres comme le souhaitait sa maitresse et les déposa dans l'urne prévue à cet effet. Elle en mit une petite quantité dans une fiole qu'elle conserverait sur elle et laissa l'urne dans la chambre de Rachel qui était désormais la sienne.

Le lendemain matin, la jeune éladrine prit congé de Coeur d'Etoile et partit vers son destin pour respecter les dernières volontés de feue sa maitresse et partit pour Trinsic.

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Mois de l'Espérance, 1370 : Auberge de la Dague Ecarlate, Trinsic - Royaume d'Alania

La demi-elfe était assise dans un coin et attendait son petit déjeuner, ruminant de sombres pensées. La veille, assise à la même table, elle avait repensé à cette dernière semaine plate en événements sans ennuis, bagarre, course, surveillance et elle s'était dit que c'était louche, trop beau pour durer... Ces pensées avaient été prémonitoires. La nuit dernière, elle avait été réveillée par un seau d'eau froide sur la tête. En face d'elle, un elfe en armure de cuir et un humain taillé comme un demi-ogre avec des bras comme des troncs d'arbre. Comment avait-elle pu se laisser surprendre de la sorte ? L'elfe lui avait planté un bouclier en écailles de dragon sous le nez en chuchotant :
"- Tu sais d'où ça vient, ça ?"
La demi-elfe avait acquiescé. Elle se souvenait toujours du butin qu'elle ramenait de ses expéditions nocturnes. L'autre avait alors continué :
"- Depuis que tu as 'récupéré' ça, c'est la catastrophe. J'ai 10 de mes hommes qui protègent ta mère 24 heures sur 24. Ils ont déjà déjoué 28 attaques de la Main Noire..."
"- Ah, quand même... Mais pourquoi ?"
"- Ta dernière sortie, c'était une mauvaise cible. Celui qui l'a commandité t'a très mal rencardé. C'était la maison de Lucciana Visconti, l'un des bras droits officieux du Sorcier Sombre. Je ne sais pas ce que tu as volé d'autre là-bas, mais apparemment tu as déclenché quelque chose."
"- Qu'est-ce qu'on peut faire ?"
"- Il faut que tu quittes la ville. Et que tu brouilles les pistes et tes liens avec nous. Je me suis débrouillé pour que tu puisses t'engager dans une petite organisation militaire formé par un de mes amis, ça fera l'affaire..."
Puis il m'avait tendu une petite enveloppe repliée.
"- Si tu ne le fais pas pour la guilde, fais le au nom de notre amitié..."
Alors qu'ils étaient sur le point de repartir silencieusement, l'elfe s'est retourné et lui avait jeté un petit paquet :
"- A propos, voilà tes nouveaux papiers, Imoen..."

L'aubergiste déposa les victuailles sur la table, un sourire forcé plaqué sur sa mine contrariée habituelle. 'Imoen' jouait toujours avec l'enveloppe. Elle n'aimait pas ce qui se passait. Sa famille était sous la menace de la Main Noire, une organisation criminelle extrêmement puissante en Alania. Heureusement que ses 'amis' avaient été là... Malgré son appréhension à céder sous la contrainte, la voleuse décacheta l'enveloppe. A l'intérieur, un petit papier griffonné de quelques mots :
"Auberge du Sans-Soucis, Erik Tolsen"
Elle connaissait l'endroit : l'auberge du Sans-Soucis se trouvait sur la route du sud, à environ une journée de Trinsic. C'était un arrêt réputé pour toute caravane marchande venant de Thrèbes. Encore quelques instants de réflexion et la demi-elfe se décida enfin. Elle prit les victuailles qu'elle pouvait emporter et laissa le reste, non sans prendre quelques bouchées et se mit en route en pensant :
"Dans quel merdier est-ce que je me suis encore fourrée ?"

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Mois de l'Espérance, 1370 : Fin d'après-midi à l'auberge du Sans-Soucis, royaume d'Alania

La femme était blessée et épuisée. Elle n'avait pas la carrure d'une combattante mais elle en avait le regard. Seule l'épée à 2 mains accrochée dans son dos permettait de penser qu'elle était une guerrière. Elle jeta un rapide regard en arrière. Elle avait semé les orcs qui la poursuivaient. Elle pensait à voix haute "Si je tenais le salopard qui a affirmé qu'ils n'étaient qu'une douzaine en maraude, je lui ferais passer l'envie de raconter des bobards."
Elle avait perdu les 4 hommes d'arme qui l'avaient suivi. Demain, elle serait à Trinsic et ensuite, elle reviendrait avec des renforts. Pour l'heure, il fallait qu'elle soigne ses blessures dont certaines saignaient encore. Heureusement l'auberge était en vue. Elle laissa son cheval au garçon qui s'occupait de l'écurie et entra dans le bâtiment sans faire plus attention. Comme à son habitude, elle s'installa à une table isolée, dos à la foule, pour commander un repas et une chambre. Elle appuya sur l'une des plaies d'où coulait un mince filet de sang lorsqu'un gobelet l'atteignit sur l'arrière du crâne. Se retournant, elle vit un homme aux cheveux grisonnants et d'une cinquantaine d'années lever la main. Furieuse, elle se leva et se dirigea vers l'inconnu, prête à en découdre. alors qu'elle n'était plus qu'à quelques pas, celui-ci lui cria d'une vois forte :
"- Il y a 20 ans, j'ai offert une épée à 2 mains exactement comme celle-ci, à la gravure près, à une gamine qui voulait devenir une guerrière."
La jeune femme s'arrêta interloquée. Le guerrier sut qu'il avait fait mouche et continua :
"- Vas-tu nous rejoindre pour faire partie de la riposte ?"
Un sourire rayonnait sur le visage de la femme lorsqu'elle s'assit à la table du guerrier. Avec lui, se trouvait un drakéïde et une naine. Il poursuivit :
"- Dis moi, qu'est-ce qui t'est arrivé ? Qui t'a mis dans cet état ?"
"- Une troupe d'orcs que nous étions sensés chasser ou éliminer mais il s'est avéré que la douzaine que nous nous attendions à voir, était en fait une petite partie d'une troupe plus importante. Il doit en rester une cinquantaine. Si je tenais l'imbécile qui nous a donné de faux renseignements ou le responsable de la garde qui ne m'a donné que 4 hommes, je leur ferais passer un mauvais quart d'heure."
"- Où se trouve cette troupe ?"
"- Environ 2 heures au sud-ouest d'ici. Ils progressent doucement vers le nord."
La naine se leva et se dirigea vers la porte. D'une voix qui ne laissa aucune place à la discussion, elle répondit :
"- Je vais aller m'occuper de ces orcs. Je serai de retour dans 3 heures."
La guerrière voulut se lever pour l'accompagner mais une main l'en empêcha :
"- Reste assise, elle sait quoi faire pour s'en occuper. Et laisse le drakéïde jeter un oeil à tes blessures."

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Mois de l'Espérance, 1370 : Temple de Tempus, Trinsic - Royaume d'Alania

J'avais été appelée à Trinsic pour une affaire d'importance moyenne. Il semblait qu'un cimetière militaire soit le théatre de phénomènes impliquant des mort-vivants. Habituellement, ce genre de cas était traité par les prêtres de Kelemvor mais le fait que le lieu était un ancien cimetière de Tempus fit que les responsables de mon ordre, le culte de la Cavalière Rouge, en furent chargés. Il se dit aussi que les autres cultes ne veulent rien avoir à faire avec le culte de Tempus depuis que celui-ci avait perdu en puissance. J'avoue ne pas savoir si c'est là la vérité ou simplement des ragots. Toujours est-il que je fus convoquée par ma hiérarchie et priée de me rendre dans le temple de Tempus pour m'occuper de cette menace, ce que je fis.

Dans le bureau du responsable du Temple de Tempus, un vieillard me dévisageait avec condescendance :
"- Ainsi donc on ne nous envoie qu'une jeune elfe ?"
Je déteste qu'on me prenne de haut. J'étais surement plus âgée que ce vieillard imbu de lui-même. Je serrai les lèvres et pris sur moi de ne pas répondre et garder la conversation sur le domaine professionnel :
"- Avez-vous d'autres informations à partager avec moi ? Dois-je m'attendre à des problèmes ?"
"- Rien de plus que ceci : le problème nous a été remonté par un pécore qui braconnait dans le coin. Il a fui et est venu directement ici tremblant de peur. Il nous a assuré qu'il avait vu un fantôme."
"- Et où est donc ce cimetière ?"
"- A environ 2 jours au sud-est."
Je pris congé et partis vers le lieu hanté.

Je suis arrivée sur place au milieu du 2ème jour. C'était une journée magnifique et le soleil illuminait l'endroit. J'ai laissé mon cheval à la garde de mes serviteurs et j'ai revêtu mon armure. J'ai envoyé mon faucon reconnaitre les lieux d'en haut. Partageant sa vue, je pus me rendre compte de l'étendue du problème : un spectre flottait au dessus d'une grande tombe près du centre du cimetière. J'ai ordonné à mon faucon de rester aux aguets et de me prévenir s'il y avat des complications, puis, prudemment, je me suis avancée, la main sur la garde de mon épée, prête à dégainer. M'attendant à une embuscade, je me suis approchée du spectre. Celui-ci me fixait sans esquisser le moindre mouvement alors que je progressais doucement entre les sépultures. Arrivée à quelques mètres de lui, je pus constater qu'il n'avait toujours pas bougé. Curieusement, il ne dégageait aucune hostilité envers moi. D'habitude, on commence toujours par un sort pour repousser les morts-vivants dans ces cas là mais je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai baissé mon arme et j'ai engagé la discussion :
"- Bonjour, est-ce que vous voulez bien me dire qui vous êtes ?"
"- Bonjour jeune elfe, je suis l'occupant de cette tombe."
J'ai jeté un oeil sur la dalle et avec quelques difficultés dues au délabrement de la pierre tombale, j'ai pu déchiffrer le nom : Hubert de Tryr. Je n'en croyais pas mes oreilles. J'étais au pied de la tombe du guerrier qui avait donné son nom à l'une des plus célèbres forteresses du culte de Tempus, sinon du monde.
"- Pourquoi êtes vous revenu, monseigneur ?"
"- J'attends qu'on me libère."
"- On m'a envoyé ici pour cela. Pour vous libérer d'une manière où d'une autre."
"- J'attend cette libération mais elle ne pourra pas avoir lieu ici, quels que soient les efforts que vous déploieriez."
"- Comment dois-je faire alors ?"
"- Trouvez des guerriers et libèrez moi."
Je pris conscience qu'il ne parlait plus de lui mais plutôt du légendaire Fort Tryr.
"- Est-ce que je peux trouver un moyen de vous emmener avec moi ?"
"- Je suis enchaîné à cet endroit. Rien ne peut être fait ici. Je vous l'ai déjà dit : trouvez des guerriers et libèrez moi. Rien d'autre ne pourra avoir d'effet."
"- Je vais m'y employer."

Je repris la route pour revenir à Trinsic et en discuter avec le responsable du temple de Tempus. Le soir même je me suis arrêtée à la même auberge que la veille : l'auberge du Sans-Soucis. Bizarrement l'ambiance semblait différente. Les marchands avaient déserté les lieux et une troupe de guerriers semblait avoir pris leur place. Derrière le bar, une demi-orque servait les boissons fort maladroitement. Au dessus, un étendard de Tempus était accroché au dessus du bar. Je me suis installée à la table libre la plus proche de la porte avec mes 2 serviteurs et j'ai observé la salle en restant sur mes gardes. Quelque chose clochait. Un je-ne-sais-quoi qui avait attiré mon regard sans que je ne puisse mettre le doigt dessus. J'ai rebalayé la salle du regard lorsque mon regard est tombé sur l'étendard de Tempus. D'instinct, j'ai su que c'était le Saint Etendard que tout le monde croyait perdu depuis la prise du Fort Tryr.
C'était un bien curieux hasard de trouver cette relique à peine quelques heures après la discussion avec le spectre de Hubert de Tryr où ce dernier me demande de rassembler des guerriers pour reprendre le Fort. Très vite, je repérais le chef de la troupe. C'était un humain d'une cinquantaine d'années légèrement grisonnant assis à une table avec un drakéïde et une femme portant une grande épée.
J'ai demandé à Eladan, l'un de mes suivants, d'inviter cet homme à ma table pour pouvoir discuter de cette quête que m'avait confié le fantôme quelques heures plus tôt. Mais l'homme, au lieu de répondre à mon serviteur, s'est exclamé à voix haute pour être entendu malgré le bruit ambiant :
"- Si ta maitresse souhaite discuter, qu'elle bouge son cul et vienne le demander elle-même."
Quelle outrecuidance ! Ce barbare m'insultait ouvertement. J'étais furieuse. On ne s'adresse pas de la sorte à une dame, et encore moins à quelqu'un de la noblesse elfique, surtout lorsqu'on est un inconnu ! Malgré son tabard de Tempus et l'étendard déployé, l'inconnu rustre n'avait rien en commun avec Hubert de Tryr dont même le fantôme était plus civilisé. C'est avec cette pensée en tête que je lui répondis d'une voix aussi forte que la sienne (du moins, je l'espérais) :
"- Hubert de Tryr serait bien déçu de ce que sont devenus ses hommes."
Là, c'est comme si j'avais jeté un pavé dans une mare. Un silence de plomb s'était fait dans l'instant. Tous les regards se sont tournés vers moi, clairement hostiles. La demi-orque fit le tour du bar et se mit dos à la porte, histoire de couper ma retraite. L'inconnu se leva et s'approcha. Bizarrement, lui, semblait s'amuser de la situation. Peut-être parce qu'il m'était physiquement supérieur. Et il lâcha :
"- Donne moi une seule raison de ne pas te tuer !"
J'ai hoché la tête vers l'étendard en jetant :
"- La voilà ma raison : le Saint Etendard de Tempus"

L'homme sembla surpris que j'aie pu reconnaitre le Saint Etendard. Il partit d'un éclat de rire puis, en s'installant à ma table, dit :
"- Tu es courageuse ... Inconsciente mais courageuse... Je m'appelle Erik Tolsen. Quel est ton nom, jeune elfe ?"
"- Je m'appelle Enaelynn."
"- Je suis le commandant de cette troupe. Nous recrutons pour reprendre le Fort Tryr à l'ennemi."
Il se tourna vers la demi-orque et lui signifia :
"- C'est bon, Hilda, je vais m'en occuper."
Voilà qui tombait à pic. Nous avions le même objectif. Je répondis :
"- Moi aussi, je recrute et pour le même objectif."
Puis je lui narrai ma rencontre avec le spectre de Hubert de Tryr et la quête qu'il m'avait confié.

Alors que nous étions en train de discuter, la porte s'ouvrit pour laisser place à une jeune demi-elfe. Je ne sais pas comment (d'ailleurs la demi-elfe non plus, à mon avis) mais en un clin d'oeil, Hilda l'avait saisi et l'avait projeté au sol, la faisant glisser jusqu'au milieu de la pièce... Comme si de rien n'était, elle se releva et se présenta. Elle s'appelait Imoen et souhaitait rejoindre les rangs de la compagnie d'Erik Tolsen.

Peu après, la porte s'ouvrit encore une fois, et une autre drakéïde portant le symbole de Torm entra dans l'auberge. Elle était impressionnante. Derrière elle, une humaine emmitouflée dans une cape trop grande survola la salle. La drakéïde demanda si quelqu'un avait une tenue de voyage de taille humaine à lui prêter. Lorsque l'humaine se fut habillée, elle se dirigea vers Erik Tolsen et après avoir pâli, ce dernier la fit monter à l'étage en demandant à la demi-orque de faire monter quelqu'un dés qu'elle arriverait. La drakéïde qui s'appelait Marla s'est alors installée à la table de l'autre drakéïde (qui, je l'appris plus tard, était en fait son cousin et s'appelait Medrash).

Environ une demi-heure plus tard, la porte s'ouvrit encore une fois et une naine entra, causant un regard sombre de la demi-orque. Elle jeta son marteau dans un coin avant de s'approcher de la table où se trouvait l'humaine (Honorine) et les deux drakéïdes. S'adressant à l'humaine, elle affirma :
"- Les orcs ne sont plus une menace. Je m'en suis occupée."
La guerrière jeta un oeil étonné au marteau et eut un air satisfait pour une raison que j'ignore. La naine commanda un pichet de bière et le vida d'un trait. Hilda lui dit alors :
"- Erik est en haut, avec une dame..."
"- Et alors ?"
La demi-orque pointa Marla du doigt et ajouta :
"- Elle est venu avec elle. Et elle dit s'appeler Evangélia..."
La naine se renfrogna en se dirigeant vers l'escalier :
"- Et merde, voilà les ennuis qui commencent..."

Erik Tolsen revint dans la salle quelques minutes plus tard et ordonna :
"- Que quelqu'un fasse de la place pour la table de banquet. Il ne manque plus qu'une personne."
Lorsque la naine redescendit, elle avait l'air sombre. La dénommée Evangélia la suivait de peu, l'air hautain et un sourire énigmatique sur les lèvres. Se pouvait-il qu'il s'agisse d'Evangélia, l'Immortelle de Thrèbes des légendes ? Je pensais qu'elle avait disparu il y a bien longtemps...

La porte s'ouvrit une dernière fois et une éladrine entra. Elle se présenta :
"- Je m'appelle Eölwë. Je cherche Erik Tolsen. Est-ce qu'il est là ?"
L'humain s'avança :
"- C'est moi. Je crois que nous sommes au complet maintenant."
"- On m'a demandé de vous montrer quelque chose."
L'éladrine s'approcha d'une table et sortit un paquet enveloppé d'un tissus. Elle fit place nette et posa le colis sur la table puis défit doucement et cérémonieusement les liens. Lorsqu'elle souleva le tissus, révélant une magnifique épée longue, un silence surnaturel se fit dans l'auberge. Je ne comprends pas bien pour quelle raison mais il semblerait que tout le monde présent avait reconnu cette épée. Une jeune humaine avait les yeux qui pétillaient. La guerrière avec l'épée à deux mains s'approcha pour la toucher, suivie par tous les autres, à tour de rôle. Erik Tolsen posa le doigt sur la lame à son tour puis il dit :
"- Voilà un deuxième symbole que tous croyaient perdu à jamais, l'épée du légendaire Galinndan... Festoyons mes amis, cette journée est celle du renouveau et de l'espoir !"
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Lilianthe » 12 mars 2014 13:16

Mois du Renouveau, 1370 : alentours de Trois-Épis, Royaume de la Vaste Plaine

La hache vola et alla se planter dans le tronc d'un sapin. Des bûches suivirent rapidement le même chemin, lancées avec force le plus loin possible. Hilda serra les poings, ses ongles rentraient dans sa chair. Elle n'entendait rien, ne voyait rien, ne ressentait rien sinon une immense brûlure à l'intérieur de tout son être, un maelström de douleur et de colère. Elle n'entendit pas les cavaliers s'éloigner de sa ferme. Quand la douleur fut trop forte, elle hurla. Elle ouvrit les yeux et se dirigea vers le sapin. La mâchoire serrée, elle tremblait encore de fureur. Arrivée à l'arbre, elle en libéra sa hache et entreprit de frapper l'arbre. Tenant le manche à deux mains, elle frappait de toutes ses forces. Sans technique, sans précision, juste avec force et fureur. Lorsque l'arbre tomba, elle s'acharna sur lui, encore et encore. Jusqu'à ce qu'elle glisse, épuisée et qu'elle tombe à genoux à côté du tronc déchiqueté. Les mains toujours serrées sur le manche de la cognée, trempée de sueur, elle se mit à pleurer en tremblant, à genoux, la tête posée sur ses mains. Elle resta ainsi, immobile, un long moment, puis s'assit à côté de l'arbre mort. Elle passa une main dans ses cheveux, puis pris son visage entre ses mains. Elle releva ses genoux, les serrant contre elle et baissa la tête.
La douleur était toujours là, plus sourde, moins violente. Et la fureur avait laissé place aux souvenirs. Elle se revoyait, vingt ans plus tôt, quittant le Fort-Tryr, épuisée, blessée, entourée de quelques compagnons, meurtrie et complètement désemparée. Elle suivait Sainte Khéro et son chariot, sans comprendre ce qu'elle faisait là. Khéro avait donné l'ordre de partir, d'abandonner le fort. Elle obéissait, elle suivait les autres, mais se sentait perdue, sans repère, déboussolée. Ses compagnons n'avaient pas l'air beaucoup plus en forme qu'elle. L'un d'eux se risqua une nouvelle fois :
« Mais Khéro, pourquoi ?
- Il n'y avait pas le choix. Je sais ce que je fais. Continuez à avancer. »
Cette question était dans l'esprit de chacun : pourquoi ? Mais ils étaient trop exténués. Ils se disaient qu'ils avaient dû rater quelque chose. Qu'ils étaient trop fatigués pour que leur cerveau fonctionne correctement. Cela ne pouvait pas être. Le Fort-Tryr ne pouvait pas être tombé, eux vivants. Ils ne pouvaient pas être en train de l'abandonner. C'était impossible. Et pourtant... Devant eux, un petit poney tirait péniblement un chariot transportant cinq corps : les légendaires Tonnerre de Tempus, dont un archange ! Ils étaient morts. Tombant un à un au cours des assauts des armées du Sorcier Sombre. Aucun n'avait résisté à la vague d'adversaires venant d'Outreterre. Les Tonnerres étaient tombés, ainsi que 237 soldats de la 71ème compagnie, le Fort était perdu, le Saint-Étendard avait été pris et brûlé.
237... pas 250... Eux n'étaient pas morts. Ils n'avaient pas rejoints leurs compagnons dans le sacrifice ultime, ils n'avaient pas respecté leur serment. Ce n'était pas possible. Pourquoi ? Pourquoi ? Étaient-ils là, sur les flancs des Marteaux de Tryr, à marcher vers Martel alors que les troupes du Sorcier Sombre investissaient le fort ? Pour que les Tonnerres de Tempus aient une sépulture digne de leur rang ? Quelle idiotie ! Pour sauver quatorze malheureuses vies qui étaient prêtes à mourir en faisant leur devoir ? Quelle absurdité ! Khéro avait signé la reddition. Elle avait abandonné le Fort, le Saint-Étendard, Martel et la région au Sorcier Sombre. Pourquoi ? En échange d'un laisser-passer pour emporter les corps de ses compagnons ? Quel besoin avait-elle d'enfermer les corps de ses amis dans un tombeau ? Un tombeau caché en plus ?!! Il aurait été tellement plus simple de les brûler, comme dans les tribus nomades orques. À quoi servent des pierres, une fois que l'âme est partie ? À se souvenir ? À élever un monument à la gloire des Tonnerres ? Même pas ! Khéro a gardé le lieu de leur sépulture secret !
Longtemps après ce jour funeste, longtemps après l'évacuation, Hilda s'était encore posée la question. Elle n'avait jamais trouvé de réponse satisfaisante. Elle ne comprenait toujours pas. Tout ce qu'elle voyait, c'était qu'ils avaient trahi leur serment, qu'ils avaient trahi leur dieu et tous les habitants du comté. Que jour après jour, les fidèles désertaient Tempus, se tournant vers d'autres dieux. Que partout les tempusiens étaient vus comme ceux qui avaient perdu le Fort-Tryr, alors que cinq enfants avaient réussi à le tenir... Que le Sorcier Sombre s'était installé de ce côté du Col de Tryr et qu'il pourrait lancer une nouvelle offensive dès qu'il serait prêt... Hilda ne comprenait pas.
Et aujourd'hui Khéro venait de réapparaître. Avec le Saint-Étendard ! Cela ébranlait toutes les convictions d'Hilda. Le Saint-Étendard n'était pas perdu. Le Fort pourrait être relevé. Khéro avait trompé le Sorcier Sombre. Elle avait accepté l'humiliation de signer la reddition. Tout cela pour sauver l'étendard. Il y avait une certaine logique là-dedans. Même si Hilda n'était pas convaincue de la justesse des choix de Khéro. L'explication de Khéro ne ferait pas disparaître les vingt années de honte et de parjure, d'errance et de désespoir. Ni la haine et la colère qu'elle éprouvait envers la naine.
Hilda releva la tête. Les larmes avaient coulé le long de ses joues, puis s'étaient taries et avaient commencé à sécher. Elle sortit la petite bourse qu'elle portait en pendentif de sous sa chemise et l'ouvrit. Elle en sortit une petite pierre qu'elle fit tourner dans ses mains. C'était un morceau de pierre, irrégulier, pas très grand, qui avait approximativement la forme d'un T. Après avoir longuement regardé la pierre, elle la rangea dans sa bourse. Elle essuya d'un geste le reste d'humidité sur ses joues et se releva. Elle ramassa la cognée et partit en direction de sa maison. À quelques mètres devant sa porte, le vieux sac que lui avait jeté Khéro était toujours là. Hilda s'arrêta un moment à sa hauteur. Le regarda, soupira et le ramassa. Puis elle entra dans sa maison.
La demi-orque posa le sac sur la table et la hache à sa place à côté du tas de bois près de l'âtre. Elle mit de l'eau à chauffer puis se lava, égalisa ses cheveux et les natta. Puis elle enfila ses vêtements de voyage et son armure. Après quelques instants d'hésitation, elle ouvrit le vieux sac. Elle en sortit un tabard aux armes de Tempus, une dague et le bois d'un arc. Elle caressa longuement celui-ci en souriant. Elle l'essuya délicatement afin d'ôter la poussière qui s'était infiltrée dans le sac en seize ans, en s'arrêtant un instant sur les armoiries du Fort-Tryr. Puis elle chercha une nouvelle corde, l'équipa et le banda. La magie de l'arme la fit vibrer. L'archère sourit comme à une vieille amie. Son visage retrouva de sa dureté, elle posa l'arc sur la table et mit un genou à terre. Une main sur son arme, elle fit ce qu'elle n'avait plus fait depuis bien longtemps. Elle pria.
« Ô Tempus, cela fait bien longtemps que je ne T'ai adressé mes prières. Mais aujourd'hui, aujourd'hui, j'ai besoin de Toi. Car aujourd'hui, je pars en guerre. »
Elle avait pris sa décision. En fait, elle savait que cette décision, elle l'avait prise il y a bien longtemps. Elle n'avait jamais vraiment hésité. L'heure du pardon envers Khéro n'était pas encore venu. Et le fait que ce soit la Sainte-Naine qui soit venue n'était pas ce que la demi-orque avait rêvé, mais cela faisait vingt ans qu'elle s'était promis de retourner au Fort-Tryr, et aujourd'hui il y avait un espoir : un espoir azur et or qui n'attendait que d'être hisser de nouveau au grand mât. Le fait que Khéro l'accompagne était annexe. Hilda se battrait pour le Saint-Étendard, pour le Fort-Tryr, pour la 72ème. Si Tolsen lui demandait de le suivre en Enfer pour libérer le fort, elle le ferait.
Elle se releva, jeta de l'eau sur le feu de la cheminée, barra les fenêtres, prit ses armes, son bouclier et quitta la petite maison en fermant la porte derrière elle. Elle alla seller son cheval à l'écurie, fixa solidement son sac et bouclier et enfourcha sa monture. Elle remonta la route en direction du village, le carquois et l'arc dans le dos, l'épée au côté. À mi-chemin, un enfant sortit d'une fermette et lui cria :
« Tu t'en vas Hilda ?
- Oui, Tom, je m'en vais. Tu t'occuperas de ma maison comme d'habitude ? Je risque d'être absente longtemps...
- Oui ! Comme d'habitude Hilda. Tu vas où aujourd'hui ? »
Elle lui sourit, puis reprit sa route en lui répondant : « 
- Aujourd'hui ? Aujourd'hui, Tom... Aujourd'hui, je pars en guerre. »
Dernière modification par Lilianthe le 12 mars 2014 23:59, modifié 1 fois.
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Chazam » 12 mars 2014 15:56

Honorine, je suis le Capitaine Delanoi
Comme nous vous l’avons expliqué un petit groupe d’orc sillonne nos terres, une petite douzaine selon nos informations
Je vous demande donc de prendre 4 de nos meilleurs miliciens et d’aller mettre fin à leur exactions.
Très bien, elle alla dans la salle de garde
Et elle demanda 4 volontaires pour aller affronter les orcs.

Purée tu as vu ça, moi ce n’est pas les orcs que j’ai envie d’affronter, une nuit avec ça, ça doit valoir son pesant d’or.

Comme à chaque fois, elle faisait semblant de ne pas entendre
Apres quelques minutes les 4 volontaires furent mis au parfum de la mission.

Le lendemain matin, les 4 hommes attendaient Honorine à la porte de l’auberge ou elle passa la nuit.
Le groupe se mit en route et après quelques heures de marche, ils trouverent les orcs.
Il y en avait 4 à l’extérieur de ce qui semblait être un corps de ferme.

Ok écoutez-moi, vous restez caché ici dans les fourrés je vais m’occuper des 4 qui sont là quand les autres sortiront vous chargerez sur eux Ok
Oui Madame

Elle se redressa et couru vers les 4 orcs qui riaient en voyant cette frêle femme.
Quand elle abattis son arme pour asséner le premier coup, un orc tomba mort.
Les 3 autres surpris essayèrent de se défendre mais la macabre gestuelle qu’Honorine avait peaufiné au fil des années après Lerina, ne laisserai que peu de chance aux autres peaux vertes.
Une porte claqua dans son dos et des orcs commencèrent à sortir et à l’encercler, ses hommes vinrent à la charge comme elle l’avait ordonné mais le flot d’orc ne cessait pas, 10 puis 20 puis 30

Cela ne s’annonçait pas vraiment bien, ses hommes étaient très vite débordé, elle du tailler dans tous les sens pour pouvoir leur ouvrir un chemin de replis.
L’un des hommes tomba au sol et alors qu’un orc balançait son épée pour pourfendre le malheureux, Honorine y opposa son corps, ce qui lui entailla le flan.
Elle serra les dents, cria a l’homme à terre de se lever et de courir

Ils coururent tant bien que mal jusqu'a ce que la moindre respiration déchaînait une brûlure intense dans leur poumons.
Aprés une petite heure, Ils avaient apparemment semé leurs poursuivants

Maudit soit tous ces officiers, Déjà que je viens leur proposer mon aide, ils ne sont même pas fichus de me donner des informations correctes.
Elle râlait, pestait, tout en soutenant un des guerriers et que les 3 autres soldats claudiquant suivaient.
Je ne perdrais pas mes hommes ici… elle sera les dents et accéléra le pas.
Apres 2 bonnes heures de marche elle vit une petite bâtisse au toit de chaume affaissé au loin, la fatigue, les douleurs et plaies aidant, elle décida d’y installer ses hommes.

Messieurs, barricadez-vous ici, je pense que nous avons une bonne heure d’avance sur les orques, je vais aller querir de l’aide à Trinsic et botter le cul du merdeux qui nous a mis dans cette situation.
10 – 12 orcs m’avait on dit… soit son informateur était borgne et il n’a vu qu’une moitié de ceux-ci ou alors il n’aurait vu que ceux étant allé se soulager la vessie… quoi qu’il en soit, il va apprendre qu’en stratégie militaire il n’y a pas de place à l’à peu près.

Une fois ses hommes installés, elle reprit la route dans une allure soutenue, mais ses blessures et le sang qui coulait de celles-ci lui rappelaient qu’elle devait se reposer, elle arrivait devant un lieu qui ne lui était pas inconnu. L’auberge ou elle avait passé la nuit avant de partir en mission.
Elle allait ouvrir la porte quand le prévôt ouvrit brusquement la porte devant elle en lâchant un rot. Le prévôt changeât de couleur au vu de la guerrière. Elle était blafarde, couverte de sang et elle avait dans ses yeux cette flamme qui brûlerait quiconque les fixerait trop longtemps.

Madame Honorine que puis-je pour vous,
Retourne à Trinsic tout de suite, prévient la milice, mes hommes sont à 6 kilomètres d’ici, ils ont besoin de soins et les orcs ne sont pas 12 mais près du triple…
Comment ça le triple ? Mais ils avaient dit une dizaine et que 4 hommes suffiraient
Oui je sais, ils se sont trompés mais ils ne réaliseront jamais que se tromper dans ce type de circonstance ça coûte la vie de gens … J’irai leur expliquer mon point de vue demain… fais vite… sors mes hommes de là.
Le prévôt enfourcha sa monture et galopa en direction de Trinsic qui n’était qu’à quelques lieues, pour dépêcher un petit détachement afin de récupérer les blessés.

La pression retomba d’un coup, sachant que ses hommes allaient être secouru, elle s’agrippa à la poignée de la porte de la taverne pour ne pas défaillir, j’ai perdu beaucoup de sang je dois manger.
Elle ouvrit la porte et s’engouffra dans l’établissement sans même regarder qui était sur son chemin.
Elle repéra une table vide dans un coin de la salle, s’y installa et glissa à la demi-orc derrière le bar, un repas, une bière et une chambre aubergiste
Elle s’assaillait lourdement sur la chaise et regarda l’entaille qu’elle avait sur le coté.
Que dirait mon capitaine, surement un truc du style Honorine, parer les coups c’est bien, avec le corps beaucoup moins…
La demi-orc arriva à sa table, lui posa un couvert et une assiette ou pommes de terre et morceaux de viandes pataugeaient dans leur jus, du pain et une bière.
Avant de s’éloigner, l’imposante aubergiste, qui était tout sauf une serveuse aux yeux d’Honorine, lança : il faudrait faire soigner ça …
Sans pouvoir remettre le doigt dessus, il semblait que le visage de la demi-orc n’était pas inconnu d’Honorine…

Elle lança quelques coups de cuillère dans la pitance qui lui était servi. Alors qu’elle commençait à reprendre peu à peu conscience de son environnement,
Un godet vola et vint cogner la tête de la guerrière, elle se tourna pour voir qui était l’auteur de ce jet qui n’avait pas l’air d’être dut à une quelconque maladresse.
Une main tendue vers le ciel, comme pour signifier, ICI, je suis celui qui a lancé cet objet
Elle prit une rasade de sa bière et lança à son tour le gobelet vers l’homme aux cheveux grisonnant.
Il évita celui-ci sans effort, il se leva, il était d’une grande taille, d’une musculature saillante et son équipement démontrait un niveau certain de qualité.

Il y a 20 ans, j’ai donné à une jeune fille mon épée. Elle aurait pu la vendre pour mener une vie correcte et oublier le passé.

Elle a choisi de la porter pour récupérer ce qui lui a été volé, un père, un fort, un rêve.
Si mes blessures ne m’empêchaient pas de le faire, je te sourirai Eric Tolsen de Tempus, moi non plus je ne t’ai pas oublié.

M’accompagnerais-tu si je te disais que l’heure était venue ?

A ces mots, le champ de vision de la guerrière s’élargissait, il n’y avait pas que la serveuse demi-orc qui ne collait pas au tableau, tous les gens dans cette taverne, elle les avaient déjà vus.
C’était ça, ils étaient tous là il y a 20 ans…

Honorine, m’accompagneras tu accrocher ceci sur le mat du fort ?

Elle n’en croyait pas ses yeux, si elle le pouvait, elle pleurerait, LE saint Etendard… là devant ses yeux.

Quand est-ce qu’on part ?

Attends, Il manque encore quelques personnes, je vais t’expliquer le plan… mais avant, que t’est-il arrivé ?

Des orcs à 3h de marche d’ici une bonne trentaine qui se déplacent vers le Nord

La naine, la dernière des tonnerres, Khero la sainte, qui n’avait pipé mot de toute la discussion, s’adressa au Drakeide à droite d’Eric, soigne ses blessures, je vais faire un tour…
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Lilianthe » 12 mars 2014 19:16

Chazam a écrit : ... parer les coups c’est bien, avec le corps beaucoup moins…
J'adore :biggrin:
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Chazam » 13 mars 2014 14:26

Lilianthe a écrit :
Chazam a écrit : ... parer les coups c’est bien, avec le corps beaucoup moins…
J'adore :biggrin:
Merci, moi c'est ta plume que j'adore :) ton texte est vraiment classe
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Malefiss » 23 mars 2014 20:55

Les légendes de Démétaire Acte 2 - S01 E01 : De l'ombre à la lumière / partie 2

C'était bien parti. J'avais trouvé mon armée et nous avions tous le même objectif. Je ne cessai de me poser des questions : qu'est-ce qui était vrai dans toutes les histoires qu'on racontait ?
Le Saint Étendard détruit par le Sorcier Sombre ? C'était faux, il était là, déployé au dessus du bar...
L'épée de Galinndan perdue ? Je l'avais sous les yeux et je pouvais la toucher...
Khéro, seule survivante du Fort ? C'est peut-être faux aussi alors ?

C'était effectivement faux : la désinformation avait magnifiquement fonctionné, même auprès de certains membres de la troupe survivante. Comment, alors que tout était perdu, est-ce que Khéro a pu sauver l'Étendard ? La naine nous expliqua qu'à la dernière descente des couleurs, elle avait mis en place un stratagème pour le remplacer par un faux dont la magie était assez puissante pour pouvoir tromper l'ennemi. Puis elle avait fait sortir l'original avec les survivants en camouflant l'aura magique, ou plutôt en le déposant dans un autre demi-plan...
Quant à l'épée, même Khéro n'était pas au courant. Il semblerait qu'elle fut récupérée par Rachel à la mort de son père.

Un immense espoir me réchauffa le cœur : peut-être que mon père était encore en vie... J'irai voir Khéro plus tard, ou Tolsen... Ils auront peut être quelques informations à me donner. Je n'ai pas donné mon nom pour l'instant. Personne ne sait donc qu'en plus de la mission du héros Hubert de Tryr, j'ai une raison personnelle de me rendre au Fort : je dois savoir...

Erik Tolsen prit alors la parole :
- Avant tout, il nous faut connaître notre ennemi et savoir où il exerce son influence et comment. Ces dernières années j'ai obtenu quelques renseignements d'importance. Le Sorcier Sombre a créé des organisations secrètes et a créé des cellules « indépendantes » dans presque tous les royaumes de Démétaire. Ces organisations sont au nombre de trois et ont chacune une tâche spécifique :

* La Main Noire : C'est un réseau d'influence spécialisé dans l'infiltration politique. Elle est dirigée par Lucciana Visconti à Thrèbes.
* La Dague Sanglante : Ce sont des troupes d'élites, un réseau d'assassins d'une cruauté extrême. On ne sait pas qui les dirige, ni où est leur quartier général, mais on suspecte l'Impératrice de Marmo.
* Le Masque des Ombres : Cette organisation est une sorte de guilde des voleurs. Nous avons appris qu'ils faisaient des fouilles archéologiques et qu'ils recherchent des objets anciens, mais nous ne savons pas pour quelle raison. Nous ignorons qui en est le chef et où se trouve leur cellule principale.


Ensuite il nous parla des différentes cellules qu'ils avaient identifié (mais sans doute pas toutes) de par le monde dont certaines avaient déjà été détruites :

* Thrèbes
* Raiden
* Marmo
* Alania : Baie Récif
* Haut Valigarde : Brennheim et Middelgarde
* Grand Cercyl : Cendre Baie
* Valis : Valymport, Castrèbes, Kreid, Château Valim et Valcastel
* Haute Forêt : Entrechêne et Sanctil
* Vaste Plaine : Giraucée (détruite) et Porte Vieuxbourg (détruite)
* Royaumes d'Acier : Akaladum (détruite) et La Fournaise (détruite)
* Principauté du Grand Orient : Erytos (détruite)


Il reprit :
- Nous savons qu'ils préparent quelque chose, mais nous n'avons aucune idée de quoi il peut bien s'agir. Cela a sûrement un lien avec les objets ou reliques du passé qu'ils cherchent, d'autant plus qu'ils y ont mis les moyens dernièrement. En tout cas, cela n'augure rien de bon pour les royaumes libres...
L'un d'entre nous posa la question qui nous interpellait tous :
- Comment et par qui est-ce que certaines cellules ont pu être détruites ?
Erik Tolsen nous apprit alors l'existence de 2 anciennes organisations que tout le monde semble avoir oubliées. Elles furent créées lors de l'avènement de la Reine Fiona et pendant la période sombre de la Confrérie :
* La Phalange Dragon : un groupe d'intervention secret créé par le Prince Kashew rassemblant des spécialistes issus de diverses forces armées et rompus aux opérations complexes.
* La Couronne Coatl : un groupe de renseignement créé par Évangélia, qui identifie les menaces et planifie les opérations de la Phalange Dragon.

Il s'arrêta et posa son regard sur chacun d'entre nous puis, solennellement ajouta :
- Une dernière chose : Je suis, par décret de la reine de la Vaste Plaine comme il fut d'usage, le commandant de la 72ème Compagnie du Fort : La compagnie Phénix, créée officiellement ! Notre mission sera de reprendre le Fort Tryr après avoir détruit toutes les cellules mises en place par l'ennemi. Venez mes amis, prêtons le serment du Fort !

C'est donc dans l'auberge du Sans-Soucis, nous avons tous prêté serment à la 72ème Compagnie du Fort. Elle était nommée Compagnie Phénix, comme ce légendaire oiseau qui renaissait de ses cendres.
Les survivants furent les premiers à passer. Eux devaient effacer et oublier la 71ème pour renaître plus forts. Hilda passa en dernier. La demi-orque semblait avoir été la plus atteinte par la chute du Fort. Peut être que cela expliquait la distance qu'elle gardait avec les autres anciens. Ensuite, les nouveaux arrivants prononcèrent le serment. D'abord Marla, la drakéïde paladine de Torm, puis Honorine, l'humaine guerrière avec son épée à 2 mains ensuite Abani, la jeune rôdeuse des sables, humaine elle aussi. Suivit Imoen, la demi-elfe voleuse et Eölwë, l'éladrine magicienne. Ensuite ce fut mon tour. Je répétai chaque phrase :
Moi, Enaelynn, je jure
De toujours combattre avec honneur et bravoure
De faire preuve de courage sur le champ de bataille
De suivre le code de la guerre
De traiter avec respect mon adversaire
De soutenir mes compagnons en toute circonstance
Et de défendre le Fort quelqu'un soit le prix
Jusqu'au sacrifice final.
Devant mes frères et le Saint Étendard j'en fais le serment.
Lorsque ce fut fait, Erik Tolsen alla décrocher le Saint Étendard, le replia soigneusement et se dirigea vers Hilda pour lui tendre le paquet :
- Hilda, je souhaite te nommer officiellement porte-étendard de la 72ème Compagnie du Fort.
La demi-orque prit l'étendard et resta murée dans le silence.

Le commandant se tourna alors vers nous en disant :
- Mes amis, je propose que nous allions tous boire une bière dans un autre symbole du passé : le Morgenstern !
Je ne sais pas pourquoi, mais cette phrase eut un effet euphorisant sur toute la troupe des anciens.

À ce moment là, Évangélia est redescendue de l'étage. Khéro nous la présenta comme étant l'une des filles de Démétaire et qu'elle nous accompagnerait jusqu'à Thrèbes où elle irait rejoindre ses disciples. Je me souvins d'une ancienne légende que me racontait mon précepteur Falgan : celle-ci disait que lorsque le monde est menacé, la déesse Démétaire envoie ses filles pour aider l'humanité et pour le sauver. Si c'est vrai, pourquoi donc est-ce que Erik Tolsen avait pâli à son apparition et pourquoi Khéro avait-elle parlé d'ennuis ?

Cette nuit-là, je préparai un message pour ma hiérarchie afin qu'ils préviennent le responsable du temple de Tempus qui avait requis notre aide. Le problème était en cours de traitement mais la résolution prendra sans doute un peu plus de temps que prévu même si le spectre en question n'est pas dangereux.

Dès le lendemain matin, nous avons pris la route vers Thrèbes. Il nous fallut près de deux semaines pour arriver en vue de la grande cité. Nous nous sommes arrêtés pour passer les tabards aux couleurs de la 72ème Compagnie du Fort que nous avions récupérés au cours du voyage. C'est ce matin là qu'Évangélia a pris congé de nous pour aller rejoindre ses disciples.

Parvenus devant les portes de la ville, Erik Tolsen laissa à Marla, la drakéïde paladine de Torm, le soin de discuter avec le garde de la grande porte. Ce dernier semblait particulièrement nerveux à la vue du petit groupe armé qui se présentait devant lui. D'une voix pas si rassurée, il nous invectiva :
- Halte là, aucune troupe en armes ne peut pas rentrer à Thrèbes !
Marla tenta de négocier notre passage mais le garde ne voulut rien entendre. Au début, le commandant laissa faire, mais devant l'air obtus du garde, il éclata :
- Moi, Erik Tolsen, commandant de la 72ème Compagnie du Fort reformée par décret de la Reine de la Vaste Plaine, j'exige d'être reçu par le commandant des armées unies de Thrèbes avec les honneurs qui nous échoient selon le protocole ! Exécution !

Le soldat bredouilla des excuses et s'écarta pour nous laisser passer. C'est ainsi que la compagnie entra dans la cité. La nouvelle de la reformation d'une compagnie du Fort se répandit comme une traînée de poudre. En remontant la grande avenue, nombre de badauds étaient venus voir ce qui se passait et qui nous étions. Lorsque nous sommes arrivés devant le palais, le responsable des armées nous attendait déjà dans son uniforme de parade. Après de courtes présentations, le commandant exigea un casernement digne de notre rang, ainsi que la tenue des festivités habituelles pour la rentrée en ville d'une compagnie. Il demanda (ou plutôt réquisitionna) la redoute du récif de la Dent, une place forte située sur une presqu'île dans la baie de Thrèbes juste à l'entrée du port. Le militaire de Thrèbes n'était pas des plus expansifs en entendant les requêtes et ce fut pire quand Erik Tolsen lui suggéra :
- Pour les festivités de demain, veuillez inviter la noblesse de la ville comme il est de coutume, et n'oubliez surtout pas Dame Lucciana Visconti. Je suis certain qu'elle sera heureuse de nous voir !
- Je vais m'en occuper de ce pas, répondit l'homme.

Notre prochaine étape fut le temple de Tempus. Là, les rares fidèles ont accueilli la nouvelle de la réapparition du Saint Étendard avec des larmes de joie. Le commandant a ensuite mené la troupe jusqu'à une auberge plutôt banale, le « Morgenstern ». Celle-ci était occupée par une poignée de jeunes suivants de Heaume. Bizarrement, alors que toutes les tables ou presque étaient disponibles, la troupe a décidé d'occuper celle des jeunes gens. J'ai pensé que cela allait dégénérer mais non... rien... ils se sont simplement levés et sont partis sans le moindre mot... Bon, quelques minutes après, une autre troupe de heaumites est entrée, pour la plupart des combattants aguerris et là, j'avoue ne pas avoir compris ce qui s'est passé : Medrash, notre ami drakéïde a mis une beigne au commandant et en quelques secondes, ce fut la bagarre générale entre les tempusiens et les heaumites. L'aubergiste a vite décroché le miroir derrière le bar. J'ai même cru voir deux heaumites se bastonner l'un l'autre. Ce fut le chaos total pendant près de 20 minutes. Soudain, une cloche a sonné et la bagarre s'est arrêtée aussi vite qu'elle avait commencé. Une grande table festive fut dressée et tous se sont assis pour festoyer et rire ensemble. Un vieux guerrier de Heaume s'est écrié :
- Ça faisait longtemps que j'attendais ça. Je ne pensais pas revivre un tel évènement un jour...

Alors que la journée laissait place à une belle soirée, le commandant Tolsen nous demanda (à Imoen, Hilda, Eölwë et moi) d'aller remettre une invitation à dame Visconti en main propre avant de les rejoindre au récif de la Dent. Imoen, qui connaissait le chemin pour y avoir fait une excursion lucrative un jour, nous a guidé à travers la ville, nous faisant visiter des endroits pittoresques. Notre promenade nous a mené jusqu'à un manoir cossu dans le quartier noble et c'est avec une satisfaction certaine que la roublarde a frappé à la grande porte. Un serviteur en luxueuse livrée a ouvert la porte, a examiné nos tabards aux couleurs de Tempus avant de demander :
- Que puis-je pour vous ?
- Nous venons personnellement inviter Dame Visconti aux festivités qui auront lieu demain pour l'arrivée en ville de la 72ème Compagnie du Fort, répondit Hilda avec un large sourire
L'homme nous ayant prié d'attendre dans le patio a alors disparu par une porte un peu plus loin. Quelques instants plus tard, un éclat de voix féminine retentissait : très en colère à mon humble avis... Puis une femme fort jolie, il faut l'admettre, apparut et vint vers nous pour s'exclamer avec un entrain aussi faux que le miel de sa voix :
- C'est avec la plus grande joie que j'accepte votre invitation. J'ai hâte de pouvoir saluer votre commandant.
Quelle ironie. L'hypocrisie de cette femme ne laissait de doutes que sur sa capacité à dissimuler ses sentiments lorsqu'elle était contrariée. Un comble pour une telle politicienne...

Satisfaits de l'effet produit sur le chef de la Main Noire, nous sommes repartis rejoindre les autres, non sans faire un petit détour par le temple de la Cavalière Rouge pour que je puisse persuader quelques collègues à embrasser notre cause. Malheureusement, les directives de ma hiérarchie furent de ne pas engager ouvertement le culte pour le moment. J'avoue être repartie déçue de cet entretien...

À notre retour à la redoute du Récif de la Dent, nous avons fait connaissance de Raoul, le premier des engagés volontaires de la 72ème Compagnie. Raoul était le dernier survivant de la 68ème Compagnie et il s'était juré de tout faire pour la reprise du Fort. J'ai appris aussi qu'Imoen avait subtilisé une carte très ancienne qu'elle avait trouvé dans un porte-cartes en or posé dans un coffre fort particulièrement bien protégé chez Lucciana Visconti il y a quelques semaines de ça et que cette dernière semblait particulièrement y tenir. Lorsque la demi-elfe nous a montré la carte, nous fûmes surpris : elle représentait le continent de Démétaire ainsi qu'un autre continent plus grand au sud. Une étroite bande de terre dont l'île de Moss semblait être ce qui en restait, reliait les 2 continents.
C'est très curieux car personne n'avait jamais entendu parler de terres par là-bas, surtout de cette taille... Il y avait aussi quelques inscriptions dans une langue totalement inconnue à certains endroits. Ces endroits correspondaient ou étaient proches des localisations des différentes cellules ces organisations secrètes du Sorcier Sombre. Eölwë suggéra que l'ennemi devait faire ses fouilles archéologiques à ces endroits ou au moins dans les alentours. Si seulement on savait ce qu'ils cherchaient...

Pour en savoir plus, Eölwë et Imoen sont parties à la bibliothèque du Conseil des Mages. Malheureusement ce fut en vain, ou plutôt non... Elles ont appris que toutes les informations relevant de l'exploration de l'océan au sud, ainsi que des contes et légendes anciennes qui auraient pu y faire référence ont disparu, à la fois des livres, des archives ET des registres. Encore un mystère à résoudre.

Le lendemain, en fin de matinée nous nous sommes tous rendus à la cérémonie de présentation de l'Étendard sur la grande place centrale, un classique de l'entrée dans Thrèbes des Compagnies du Fort. L'évènement eut lieu en présence des notables de la ville ainsi que d'une foule de curieux, voire d'admirateurs, et fut suivi d'une réception au palais. Il parait que 200 Heaumites étaient présents mais que les Tempusiens étaient encore plus nombreux (naturellement, les estimations des uns et des autres dépendent de leur appartenance). Néanmoins, il est certains que les Tempusiens étaient bien plus nombreux que ce que la faible fréquentation de leur temple ne laissait entrevoir. La noblesse de la cité était aux premières loges : Le comte Jean-Charles XV de Thrèbes, de la lignée de Flawne selon les historiens, se tenait sur la petite estrade spécialement montée pour lui. À ses cotés, on pouvait voir Évangélia ainsi que le Prince Nathan des Terres Désolées. Derrière la fille de Démétaire, on pouvait deviner Lucciana Visconti. Là aussi on pouvait presque sentir l'animosité de cette dernière. Ce n'est pas très étonnant, vu l'engouement de l'alliée du Sorcier Sombre pour l'invitation que nous lui avions adressée. Un peu plus loin, tous les Immortels du Conseil des Mages encore en ville étaient présents. Ce qui en soi était déjà un évènement rarissime ces dernières années.
Imoen, toujours sur ses gardes, put repérer quelques individus louches qui semblaient surveiller nos moindres faits et gestes, en particulier ceux du Commandant et de Sainte Khéro. Eölwë quant à elle alla discuter avec Dame Marchelune, l'Immortelle éladrine et prit rendez-vous pour le lendemain matin afin de discuter de certaines recherches. De son côté, Marla demanda une audience auprès d'Évangélia qui proposa que la drakéïde vienne le soir même pour dîner, mais qu'elle emmène Abani. Elle a sûrement dû remarquer que lors de la rencontre dans l'auberge, la jeune rôdeuse était terrifiée en sa présence, récitant litanies de protection et prières aux esprits dès que la fille de Démétaire la regardait. D'ailleurs, pendant le voyage vers Thrèbes, la jeune humaine avait gardé une distance respectable entre elle et l'Immortelle.
Bref, une journée mémorable...

Le soir arrivant, Marla a tenté de convaincre Abani de l'accompagner chez Évangélia mais la jeune humaine se mit à trembler de tous ses membres. Elle était terrorisée. La drakéïde décida donc d'emmener Imoen avec elle. En revenant, la paladine et la roublarde nous ont raconté que la fille de Démétaire avait été fort contrariée de voir que quelqu'un put refuser une de ses invitations et surtout qu'elle ne voulait pas discuter de quoi que ce soit en présence de la demi-elfe. Marla avait néanmoins obtenu quelques informations en privé sur le sujet qui l'intéressait, à savoir les dragons et l'île de Moss : les dragons semblent considérer cette terre comme sacrée et comme un refuge, quel que soit leur type. Pour plus de renseignements, il faudrait qu'elle aille trouver un ancien dracosire et qu'une visite au 35 rue des Hallebardes à Thrèbes devrait être intéressante...

Le lendemain matin, Eölwë est allée à son rendez-vous avec Dame Marchelune. L'éladrine était un peu tendue à l'idée de rencontrer l'Immortelle en tête-à-tête. D'autant plus que Dame Marchelune avait la réputation de n'accorder que peu très rarement des entretiens où elle n'avait rien à gagner. la magicienne toqua à la grande porte du bureau de son aînée et une voix se fit entendre :
- Entrez !
- Dame Marchelune, je vous remercie de m'accorder cette entrevue, osa Eölwë en s'inclinant.
- C'est un plaisir pour moi de rencontrer une compatriote. Qu'est-ce qui vous amène ?
- Je viens vous informer que ma maîtresse, Rachel, a quitté ce monde.
L'Immortelle sembla peinée par la nouvelle lorsqu'elle répondit :
- Quelle perte immense pour les arts arcaniques. Elle était très douée. Mais elle avait choisi d'embrasser le côté humain de sa mère, plutôt que celui de son père... Si je peux faire quelque chose pour vous, n'hésitez pas.
- Je viens vous voir parce que j'ai besoin de conseils avisés. Et à qui mieux qu'une éladrine pourrais-je m'adresser en toute confiance ?
Dame Marchelune sourit doucement. Décidément cette jeune femme savait y faire.
- Dites-moi ce qui vous tracasse.
- Hier, je me suis rendue à la grande bibliothèque du Conseil des Mages pour y chercher des informations. Et la seule chose que j'ai trouvé c'est un élément dérangeant.
- Ah bon ?
- Je me renseignais sur les légendes anciennes et sur les anciens continents de notre monde. Bizarrement, je n'ai trouvé que le vide. Les ouvrages qui en parlaient ont disparu et ont même été retirés des registres.
- C'est fâcheux...
- Qui pourrait avoir accès à ces documents ou plutôt qui pourrait modifier jusqu'aux registres ?
- À peu près tous les mages d'un certain rang peuvent consulter la bibliothèque. Pour les registres, il faut déjà que les gens soient influents ou haut placés. Je vais faire établir une liste.
- Dans quel but est-ce que quelqu'un voudrait effacer des données dans une bibliothèque.
- À part pour cacher une information, je ne vois pas. Mais dites-moi, que cherchez-vous donc ?
Embarrassée, Eölwë rougit, puis répondit :
- Nous avons... J'ai découvert une carte qui semble très ancienne. Elle représente le continent de Démétaire, avec quelques légères différences. Au sud se trouverait un continent inconnu, en tout cas d'après cette carte, relié à Démétaire par un isthme situé à l'endroit même où se trouve l'île de Moss. Sur cette carte, il y a aussi des inscriptions dans une langue inconnue, autant dire qu'elles sont indéchiffrables.
- Avez-vous essayé un rituel de compréhension des langues ou de lecture de la magie ?
- Euh... Je prévois ceci pour demain...
- Faites d'abord ceci et si vous obtenez quelque élément concret que ce soit, je vous aiderai.
- Et vous, avec votre savoir immense, avez-vous entendu parler d'un continent ou d'une légende qui y ferait référence ?
- Non, pas exactement. Il y a eu d'anciennes civilisations sur Démétaire, mais je n'ai jamais entendu parler de continent au sud. En revanche, il y a des terres à l'ouest, assez loin et très difficiles d'accès.
- Je vais étudier cette carte plus en détail. Nous verrons bien ce qu'elle nous révélera. En tout cas, elle semble originale et très ancienne.
Dame Marchelune changea alors de sujet :
- Dites-moi, où en êtes-vous avec votre cursus ? Qu'avez-vous appris avec Rachel ?
Voila, nous y étions. C'est peut-être ceci la raison pour laquelle la vénérable Immortelle avait accepté si facilement le rendez-vous...
- Le dernier enseignement qu'elle m'a prodigué est la détection des empreintes magiques.
- Intéressant, mais pas forcément très utile pour nous les éladrins. Qu'allez-vous faire maintenant ? Allez-vous retourner à l'école des Arts Elfiques ? Voudriez-vous continuer vos études avec moi ?
Eölwë fut surprise par la proposition et bredouilla :
- J'aimerais beaucoup, mais j'ai déjà pris d'autres engagements...
Dame Marchelune afficha un air déçu avant de poursuivre :
- Tant pis, mais n'hésitez pas à venir me voir si vous changez d'avis. Emmenez aussi votre carte pour que nous y jetions un œil toutes les deux. Si je peux vous aider, je le ferai.
Eölwë se leva pour partir :
- Dame Marchelune, je vous ferai part de mes découvertes. Merci de m'avoir accordé un peu de votre précieux temps.

De son côté, Abani, encore un peu troublée par le fait de savoir qu'une cellule ennemie se trouvait sur sa terre natale et qu'elle cherchait quelque chose qui semblait très important, en avait conclu que les affrontements qui opposaient son peuple aux forces du Sorcier Sombre étaient peut-être liés à ces recherches. La mystérieuse carte indiquait elle aussi un point près d'Ar-Taris. C'était tout près de la zone maudite de Talnaryss, la Cité des Morts. Se pouvait-il que les expéditions archéologiques des cellules secrètes les conduisent jusque là-bas ? Et si c'était pour en contrôler les morts ? Ou pour s'allier à eux ? L'impact pour les Terres Désolées serait terrible... Elle se rendit donc au palais pour demander une audience au prince Nathan. Celui-ci la reçut rapidement avec un sourire éclatant :
- Bonjour Abani, que me vaut la visite d'une émissaire de la désormais célèbre Compagnie du Phénix ?
Qu'est-ce qu'il était charmant ce prince. La rôdeuse rougit d'abord puis se reprit et bredouilla :
- Mon prince, nous avons des questions sur la Cité des Morts à quelques près d'Ar-Taris.
Le regard du prince s'assombrit et son sourire disparut :
- C'était une ville prospère jusqu'au jour funeste où est apparue la nécromancie d'on ne sait où. Les légendes disent que l'énergie de la non-vie est arrivée comme un châtiment divin. D'aucuns prétendaient que Manitou, le grand esprit du mal est venu lui-même prendre la ville. Et la non-vie s'est répandue comme le sable fin poussé par les furieuses bourrasques d'un vent de tempête et s'est insinuée partout. On raconte que les rares survivants sont morts avant de n'avoir pu donner la moindre explication cohérente, mais non sans avoir transmis la terreur dans le cœur de tous ceux qui les avaient entendus. La belle Talnaryss n'était plus et fut rebaptisée Cité des Morts et fut comme condamnée par les autorités de l'époque. C'est devenu alors une région maudite que les tribus ont évité d'abord par crainte, puis par superstition.
La jeune femme réprima un frisson et, après un silence inconfortable, osa :
- Et dans les anciens récits, la ville dans son âge d'or s'appelait comment ?
- Je ne sais pas, je ne suis même pas certain qu'il y ait eu d'anciens noms. Il faudrait demander aux tribus nomades les plus anciennes. Pourquoi donc me parlez-vous de cet endroit ?
- Parce que nos ennemis s'y intéressent.
L'humeur du prince s'assombrit encore:
- Dans ce cas, c'est très grave. Peut-être cherchent-ils un moyen pour amplifier les énergies nécrotiques, ou pire... Je vais faire surveiller les lieux par mes gens.
- Merci mon prince. Et si vous trouvez quelque chose, quelle que soit l'information, s'il vous plaît, dites-le nous rapidement.
Puis elle s'inclina respectueusement et sortit.

Marla et Imoen avaient enfin trouvé la rue des hallebardes. Arrivées au numéro 35, elles se regardèrent puis la drakéïde tira sur une petite cordelette reliée à une petite cloche accrochée à un balancier et on put entendre un petit son cristallin étrangement clair. L'instant d'après, la porte s'ouvrit et un humain en tenue sombre dévisagea les jeunes femmes pendant de longues secondes avant de les faire entrer et de les mener à un petit salon. Quelques minutes plus tard, la maîtresse de maison, une drakéïde d'acier, fit son apparition. Sa beauté semblait surnaturelle et elle sourit chaleureusement en voyant les visiteuses :
- Bonjour mesdames, je suis dame Levra, dit-elle d'une voix douce. Que puis-je pour vous ?
Marla était perturbée. Elle sentait bien que cette femme avait des origines draconiques, mais elle sentait aussi une autre présence, à la fois plus puissante et plus subreptice, mais incontestablement draconique. Néanmoins, elle ne distinguait aucune malice ou méchanceté, ni chez leur hôte, ni de la présence tapie quelque part.
- Dame Levra, nous sommes venues sur la demande de dame Evangélia. Elle prétend que vous avez les réponses que nous cherchons.
La drakéïde d'acier se fendit d'un large sourire :
- Posez vos questions, j'essayerai d'y répondre du mieux que je le puis.
La paladine raconta que nous cherchions des informations à propos d'un continent au sud qui serait relié à Démétaire par une fine bande de terre dont l'île de Moss serait l'un des points. Elle raconta aussi que les armées du Sorcier Sombre cherchaient quelque chose en rapport avec cette carte et que les informations sur une éventuelle terre au sud avaient été savamment effacées des bibliothèques.
Dame Levra soupira :
- Je ne peux vous aider mais je vais demander à ma mère.
Elle ferma les yeux et inspira profondément et resta silencieuse pendant de longues minutes, puis elle rouvrit les yeux et dit d'une voix triste :
- Je suis désolée, je ne peux pas vous aider et ma mère non plus. Néanmoins elle m'a demandé de vous passer un message : allez poser la question à Mycen le doré, l'ancien dracosire d'or, ou à Shooting Star, le grand dracosire rouge. Ils sont les plus anciens des dragons et si cette information existe, ils doivent la connaître.
Marla était un peu déçue mais elle remercia la drakéïde d'acier et prit congé. Sur le perron de la porte, elle se retourna et demanda :
- Une dernière chose, Dame Levra, quelle est cette présence que je sens ?
La femme répondit avec un grand sourire :
- C'est Snuiss, ma mère, la protectrice de Thrèbes.

Pendant ce temps, à la redoute du Récif de la Dent, alors que Hilda et Honorine, assises au pied du Saint Étendard, méditaient les yeux dans le vague, un mouvement furtif insolite attira leur attention. Concentrée, Hilda chercha ce qui avait pu lui mettre les sens en éveil et parcourut la ville d'un œil inquisiteur. Elle prit quelques instants mais elle identifia ce qui semblait incongru dans la situation actuelle : une silhouette noire était debout sur un toit à une distance que la demi-orque estimait à plus de 500 mètres et semblait regarder dans sa direction. Puis, la silhouette prit un arc et le banda avant de lâcher une flèche enflammée vers le fort. L'entraînement prit le dessus, la guerrière prit son arc et tira elle aussi, manquant la flèche de peu. Horrifiée, elle suivit le trait ennemi, craignant que celui-ci ne mette le feu. Heureusement, la trajectoire du projectile était trop courte et il vint se planter sur le ponton qui donnait l'accès au fortin. Lorsqu'elle releva le regard, la silhouette avait disparue. Honorine se précipita et éteignit la petite flamme qui commençait à consumer un document attaché au fut de la flèche. Elle le déplia et lut : "Partez ou mourrez !"
Un symbole représentant une main noire était clairement visible au bas du message. Lorsqu'elle ramena le document à Erik Tolsen, ce dernier s'amusa :
- C'est bon pour nous, ils commencent à s'impatienter. Il va être temps pour nous de frapper un petit coup pour les effrayer un peu...
Honorine proposa de répondre dans un message court, genre « Venez les amis, on vous attend... », d'attacher la réponse à un pavé et de le jeter dans une fenêtre chez Dame Visconti (qui était le chef de la Main Noire). Le commandant semblait désapprouver la méthode mais ne voulut pas l'empêcher...

Suite à cet incident, je suis retournée au temple de la Cavalière Rouge et j'ai demandé une audience au grand prêtre. Je concevais qu'il ne souhaitait pas engager ouvertement le culte de notre côté pour le moment mais je pus argumenter qu'il fasse en sorte de limiter l'influence de notre ennemi, pour qu'au moins ce dernier ne puisse prendre l'avantage sur nous. J'ai su que j'avais gagné lorsque le patriarche a répondu :
- Je vais voir ce que je peux faire...

Revenus au fort, Imoen nous renseigna sur la situation de la guilde des voleurs. Celle-ci n'avait pratiquement plus d'influence dans la ville : il ne leur restait que la zone du port. Tout le reste était tombé sous le contrôle de la Main Noire. Toutefois, la guilde proposa de garder un œil protecteur dans cette zone, histoire que le Récif de la Dent et ses occupants soient « tranquilles ».

Le soir venu, autour du repas au réfectoire, nous partageâmes les différentes informations que nous avions récoltées. Après la question du message de la Main Noire, Erik Tolsen nous expliqua que le moment était venu pour avoir une action d'éclat et enfin montrer que nous étions présents et que la 72ème Compagnie du Fort ne devait pas être prise à la légère. Il avait obtenu des informations selon lesquelles un groupe de brigands à la solde du sorcier Sombre avaient monté un camp sur une île au large de Thrèbes. Il ne savait pas ce qu'ils faisaient là-bas, mais il était important de mettre fin à cette menace. L'ennemi ne s'attendait pas à ce que nous menions ouvertement une attaque. Il fallait préparer un petit groupe d'intervention car le vrai danger était ici, à la redoute du Récif de la Dent. C'est là que la Main Noire avait déjà ouvertement menacé la Compagnie. Le commandant regarda Hilda et demanda :
- Hilda, je souhaite que tu commandes le détachement qui effectuera la mission. Les autres vétérans resteront ici pour organiser les défenses. Honorine et Marla te couvriront pendant qu'Abani et Imoen se chargent des sentinelles. Eölwë s'occupera des mages s'il y en a, et la jeune Enaelynn sera le soutien tactique si nécessaire.
La demi-orque caressa doucement la hampe de son arc avec un sourire en répondant :
- Ça sera fait...

Bien avant l'aube suivante, un petit bateau nous attendait, amarré aux docks de la redoute. J'avais demandé à mes serviteurs de rester au fortin. Ils pourraient se rendre utile et travailler à l'intendance avec Raoul tout en restant en sécurité. Hilda embarqua la première et dès que tous furent assis, donna l'ordre de partir. Les trois marins connaissaient leur métier car même en pleine nuit, leurs gestes étaient sûrs. La traversée dura un peu plus de deux heures et nous sommes arrivés en vue de l'île avec les premiers rayons de soleil. J'ai envoyé Gwahaedir, mon faucon, pour faire une reconnaissance. Dés son retour nous étions fixés : il y avait une vingtaine d'humanoïdes dont une demi-douzaine avec des épées et des boucliers. Ces derniers étaient près des tentes dans la partie sud alors que les autres erraient, sans doute encore pris dans les brumes nocturnes. Il nous serait facile de les surprendre si nous agissions rapidement.

Le débarquement eut lieu sur une petite plage au nord. Très vite et sans bruit, les trois premiers ennemis furent neutralisés. Malheureusement, le quatrième eut le temps de crier avant de succomber lui-aussi. Le combat qui suivit ne nous mit jamais réellement en danger car la surprise de notre assaut avait laissé les brigands complètement désorganisés. Hilda eut la présence d'esprit d'assommer l'un des bandits et de le ligoter. Cela nous permettrait d'avoir quelques informations s'il parlait - et il parlerait... En y regardant de plus près, nous avons découvert que les scélérats étaient en fait des membres de la Dague Sanglante, l'une des organisations secrètes du Sorcier Sombre. Imoen fouilla le campement (et les cadavres) et récolta 450 pièces d'or ainsi que diverses affaires (six épées et boucliers, quelques armures en cuir, ...) dont les futures recrues de la 72ème Compagnie feraient très certainement bon usage. Dans les tentes, Marla découvrit avec horreur 3 cadavres humains attachés, deux hommes et une femme, tous d'environ 30 ans. Ils portaient des vêtements de la Vaste Plaine et avaient été atrocement torturés puis assassinés lorsque les scélérats avaient eu les informations qu'ils cherchaient. Il s'agissait là de serviteurs de quelqu'un de plus important. Ce point fut confirmé lorsque Honorine mit la main sur deux documents :
- un papier avec les coordonnées d'un certain Simon Taral, au 15 rue de la petite pierre à Salvemer
- une lettre signée de la Main Noire : l'ordre de transférer la prisonnière à Valymport et de la remettre à la personne du Cercle Extérieur
Hilda, qui avait tenté d'interroger le prisonnier sans succès, donna alors le signal du départ. Le commandant saurait le faire parler.

Nous fûmes de retour au Récif de la Dent un peu après la mi-journée. Après un bref débriefing avec Erik Tolsen, celui-ci se dirigea vers le prisonnier et d'une voix froide lui annonça :
- Tu sais qui je suis. Voilà ce que je te propose : le choix est relativement simple. Soit tu nous dis tout ce que tu sais et je te laisse partir, soit je te dépose à la villa Perce-Neige. Tu sais, celle où habite Dame Visconti...
Le bandit, jusqu'alors arrogant, avait pâlit à ces mots. L'angoisse transpirait dans sa voix lorsqu'il répondit :
- Je vais parler.

C'est ainsi que nous avons appris que la troupe avait monté une embuscade entre Forge et Trois-Épées afin d'enlever une jeune noble demi-elfe et son escorte puis, toujours d'après les ordres l'avait ramenée sur l'île afin d'attendre deux semaines pour enfin l'envoyer, il y a six jours de ça, sous bonne garde jusqu'à Valymport. Le prisonnier ne connaissait pas le membre du Cercle Extérieur qui était le maillon juste au dessus de leur chef de groupe dans la hiérarchie. Concernant Simon Taral, il était la prochaine cible de la troupe. Une dizaine de crapules était partie deux jours auparavant pour le kidnapper.

Qui était la demi-elfe enlevée ? Et qu'est-ce que ce Simon Taral avait de particulier pour tant intéresser nos ennemis ? Quoi qu'il en soit, il nous fallait empêcher ça à tout prix. Malheureusement nos adversaires avaient déjà deux jours et demi d'avance et Salvemer était à près de 8 jours de cheval au nord. La première chose à faire était de prévenir M. Taral de la menace qui pesait sur lui. Abani suggéra d'envoyer un pigeon voyageur avec un message pour lui donner rendez-vous à l'extérieur de la ville. J'ai suggéré de rester prudent car le message pouvait être intercepté, d'autant plus que si cette personne était si importante pour notre ennemi, elle était certainement surveillée, en tout cas, elle l'aurait été si j'avais organisé l'opération. Imoen proposa d'envoyer un second message au capitaine de la garde de Salvemer pour qu'il protège la cible. Deux précautions valent mieux qu'une... J'ai préféré taire la petite voix qui me disait que si la Main Noire avait étendu son influence, le capitaine de la garde était sans doute soit corrompu et de leur côté, soit surveillé de près lui aussi...

Quoi qu'il en soit, il nous fallait absolument empêcher cet enlèvement et trouver qui était Simon Taral et pourquoi le Sorcier Sombre voulait tant mettre la main sur lui...
"Chaos always wins because it is better organized", Terry Pratchett

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Chazam
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E01

Message par Chazam » 24 mars 2014 7:00

J - 12....rahhhhhhhhhhhhhh
Taxidermiste spécialisé en dragon

l'Intelligence c'est comme les sandales elfiques quand on en a pas on s'ecrase !!!

Un bon Thunk est un Thunk mâchouillé par mon Chagar.

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