D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Le retour de la grosse campagne D&D qui envoie du steak de Dragon.

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Lord Kntrack » 02 avr. 2014 21:57

Toujours boeuf noir avant...
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Chazam
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Chazam » 02 avr. 2014 23:19

Fute tu me fais un sms, un MP ou un mail avec ton adresse steuplé ?
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Futé
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Futé » 03 avr. 2014 8:13

Je vous ai envoyé un mail à tous, avec tous les détails pour vous rendre chez moi.
A mort les Bantha !!!

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Joz
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Joz » 04 avr. 2014 12:40

@Futé : merci!

@Séb : Rdv à quelle heure au Boeuf?

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Lord Kntrack » 04 avr. 2014 12:48

12h15 réservé au nom de drôles de jeux
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Chazam » 06 avr. 2014 9:57

Encore une énorme partie :)

Magali m'a fait une réflexion très intéressante hier, une fois la nouvelle du passage de niveau obtenue, je me suis dit tiens, maître armure lourde etc... et j'ai mon envie de continuer à passer pour une frêle femme. Et la je me dis, elle a raison, faire une femme frêle avec une armure de plaque sur le cul, y a comme un truc qui cloche...

Donc j'opte pour la prise de points de carac :) et là ca reste cohérent et surtout ca roxx du poney.

Avec dans l’idéal son épée 2 mains ajustable en taille dans un futur plus ou moins proche si le meujeu l'accepte... je rappelle au meujeu pour plus tard, ce n'est ni un gain pour le combat ou quoi c'est juste pour que l’épée 2 mains et l'air d'une dague quand je ne suis pas en combat... d’ailleurs je me demande si lancer un sort de déguisement http://www.aidedd.org/dnd_sorts/index.php?id=64 juste sur l'arme ne réglerai pas le problème, après je conçois que cela ait un coût, au meujeu de me le donner. Toujours, bien entendu, dans le cadre ou il accepterai.
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Malefiss » 11 avr. 2014 10:09

Les légendes de Démétaire Acte 2 - S01 E02 : Le fils de l'étoile / partie 1

Thrèbes, Redoute du Récif de la Dent - 38 du mois de l'Espérance, 1370

Erik Tolsen avait interrogé le coupe-jarret et envoyé un message de la part de la 72ème compagnie du Fort au responsable de la milice de Salvemer, demandant à ce que Simon Taral soit protégé.

« À l'attention du capitaine de la garde de Salvemer :
Nous avons connaissance de menaces à l'encontre de Simon Taral, demeurant au 15, rue de la Petite Pierre.
Erik Tolsen, Commandant de la 72ème Compagnie du fort Tryr »

De son côté, Eölwë avait elle aussi envoyé un message directement à la cible, lui suggérant de sortir de la ville rapidement.

« À l'attention de M. Simon Taral,
Simon,
je suis très inquiète pour votre Santé, l'Origine de vos difficultés nous inquiète.
L'air citadin est malsain. Il faut profiter du ciel étoilé au plus vite.
Votre cousine E. »

Tout ce qui pouvait être fait pour le moment l'avait été, il nous fallait prendre un peu de repos avant de poursuivre notre vindicte contre le Sorcier Sombre. J'ai rejoint ma chambre pour ma méditation quotidienne et j'ai fait une courte prière à la Cavalière Rouge. Je venais de me coucher quand j'ai entendu des jurons dans la chambre d'à coté. D'un bond, j'ai sauté du lit et me suis précipité dans le couloir. Les jurons d'Eölwë (car c'était elle) transpiraient de colère. Hilda, Honorine et Imoen arrivaient elles aussi. Lorsque la porte s'ouvrit, laissant apparaître une éladrine fort pâle mais dont les yeux jetaient des flammes. Elle nous tendit une lettre dépliée et une enveloppe fraîchement décachetée en disant :
- Je sais qui est Simon Taral. C'est le fils de ma cousine Rachel...
J'étais sans voix. Pourquoi est-ce que les hommes du Sorcier Sombre cherchaient à enlever les enfants de Rachel ?
- La lettre adressée à Rachel avait été envoyée à l'Académie des Étoiles qui me l'a fait suivre jusqu'ici, précisa Eölwë.
La réponse était là, dans la lettre que j'étais en train de survoler, lisant par dessus l'épaule d'Hilda, si j'ose m'exprimer ainsi : Simon Taral travaillait sur une traduction d'une tablette sans doute ancienne. Ça devait être ça que cherchaient nos ennemis.
Obsédée par ce que cherchait le sorcier Sombre, mon esprit divaguait et fut brutalement ramené au présent par les questions d'Hilda. La présence d'esprit et le pragmatisme de la demi-orque permit de mettre le doigt sur d'autres points importants bien plus urgents pour le moment :
- Ludivine, la soeur de Simon Taral était peut-être (sûrement même) la prisonnière demi-elfe transférée à Valymport.
- Combien d'autres enfants avait Rachel ? Sont-ils tous en danger ?
- Quand est-ce que la lettre est partie de Salvemer ?
- Qu'est-ce que cette tablette dont parle la lettre et où est-elle ?

Eölwë ne put répondre. Elle ignorait combien de petits cousins elle avait car Rachel n'en avait jamais parlé. De plus, Rachel ayant été une demi-éladrine, parler d'elle était un sujet tabou rarement abordé dans la famille de notre magicienne. Elle n'avait jamais abordé non plus le sujet de la tablette.

S'en suivit une longue discussion des prochaines priorités. Honorine souhaitait qu'on ne laisse pas une prisonnière aux mains des Couteaux Sanglants et qu'il faillait absolument la libérer avant d'entreprendre quoi que ce soit d'autre avant. Les autres penchaient plutôt pour mettre Simon Taral en sécurité avant que le Masque de l'Ombre ne réussisse à le capturer et à lui soutirer des informations. Sans tomber d'accord sur la marche à suivre, nous nous sommes séparés : la nuit porterait conseil...

Une dernière chose me restait à faire. J'avais appris quelques minutes plus tôt qu'il y avait eu un article dans le Quotidien de Thrèbes de la veille qui mettait à mal le Comte de Thrèbes. Stratégiquement, il ne fallait surtout pas laisser ceci sans réponse. J'ai donc rédigé rapidement un article sans en parler à qui que ce soit et j'ai demandé à Eladan de le ramener à la rédaction de la Wyverne Déchaînée, un journal ayant l'habitude de publier des choses dérangeantes.

Le lendemain matin, Hilda était en grande discussion avec Erik Tolsen. Je n'ai pas compris toute la discussion mais j'ai bien entendu l'ordre du commandant :
- Reste zen ! Même si j'en ai envie, je ne veux pas de vagues !
Je me suis approchée pour apprendre de quoi il en retournait. le Léviathan, un galion de guerre faisant partie de la flotte du Sorcier Sombre, mouillait dans le port. Le bâtiment lourdement armé arborait un pavillon menaçant, un crâne empalé sur une épée sur fond noir. Ces couleurs étaient connues des anciens de la 71ème pour être celles de la compagnie de sapeurs qui avait réussi à faire la première brèche dans le fort Tryr, précipitant sa fin. Elle était commandée par Irann Zanne, une demi-elfe à la solde de l'ennemi.

Imoen nous a rejoints pour nous annoncer une autre mauvaise nouvelle : la guilde des voleurs de Thrèbes venait de décider de quitter la ville, laissant la main mise aux couteaux sanglants sur le port, le dernier bastion qu'ils ne contrôlaient pas, nous privant par la même occasion de la protection et de la vigilance des amis d'Imoen. Nous étions de plus en plus isolés. La situation risquait de devenir intenable dans peu de temps. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi nous restions ici. Stratégiquement, il n'y avait aucun intérêt à cela. Lorsque j'en ai fait part au commandant, celui-ci me répondit :
- C'est politique. Nous sommes un pion gênant pour nos adversaires. En arrivant, nous avons mis un coup de pied dans la fourmilière. Depuis que nous sommes là, les choses bougent ici et nos ennemis sont nerveux. Ils vont finir par faire une erreur en se précipitant...

Dubitative, je me suis attelée à mon problème de la journée. Il me fallait trouver un moyen de nous rendre à Salvemer le plus rapidement possible. Je me rendis chez Sariel avec Eölwë pour voir ce quels moyens magiques pouvaient nous aider. Les brigands avaient déjà près de trois jours d'avance et il y avait huit jours de voyage à cheval jusqu'à notre destination. Malheureusement, seule la téléportation nous permettrait d'arriver plus vite qu'eux mais personne dans la compagnie n'était capable de nous téléporter actuellement... En prenant congé de Sariel, petit à petit une idée fit son chemin dans mon esprit : Et si nous demandions de l'aide à un puissant de Thrèbes ? En toute innocence, j'ai demandé si Eölwë ne voulait pas poser la question à Dame Marchelune. L'éladrine a jugé que ça valait le coup d'essayer. La chance n'était pas avec nous, nous avons été refoulées au Conseil des Mages. Dame Marchelune n'était pas en ville et les autres membres du Conseil n'étaient pas disponibles. Je ne peux pas leur jeter la pierre, pourquoi en effet bouleverseraient-ils leurs agendas sans doute déjà chargés pour nous ?
Qu'à cela ne tienne, nous n'avions pas encore dit notre dernier mot. Il y avait en ville une autre personne qui ne verrait pas d'inconvénient à nous aider à mettre les bâtons dans les roues aux organisations secrètes du Sorcier Sombre : Évangélia, l'Immortelle, la protectrice de la cité. Nous nous sommes rendus chez elle pour solliciter son assistance. Là, une nouvelle désillusion nous attendait. Nous avons été accueillis par dame Callista, l'une des Sœurs de la Nécromancie qui nous a prévenus que les Sœurs ne pouvaient pas nous aider. D'ailleurs son autre message était clair aussi. Évangélia n'offrirait plus son aide à moins qu'Abani ne cède et accepte de la rencontrer. Je commençais à comprendre pourquoi Khéro parlait d'ennuis...

Lorsque nous sommes rentrées au Récif de la Dent, je dois avouer que j'étais presque soulagée. Déjà que cela m'avait coûté de demander de l'aide à des gens qui jouent avec les morts pour leur plaisir, ça m'aurait vraiment embarrassée de leur devoir un service. Eölwë, voyant ma tête me dit alors :
- Je vais essayer un truc, peut-être que je peux enchanter les chevaux pour que nous puissions voyager plus vite. Avec un peu de chance, il y a quelque chose dans le grimoire de Rachel qui pourra nous aider.
Aux écuries, l'éladrine a lancé un sort curieux et a invoqué un énorme ballot de paille. Peut-être que cette paille magique permettait à nos montures de galoper plus vite.

Pendant ce temps-là, Hilda et Honorine sont allées prendre un apéritif sur une terrasse au port, histoire de montrer que la 72ème Compagnie n'était nullement effrayée par les manœuvres de Lucciana Visconti, quand bien même la Main Noire avait maintenant étendu son influence sur toute la ville. Je ne suis pas dupe, elles ont voulu surveiller le galion … Imoen aussi d'ailleurs, mais beaucoup plus discrètement... D'ailleurs toutes les trois se sont dirigées vers le Morgenstern et y ont rencontré le capitaine Zanne. Elle aussi semblait avoir envie de nous provoquer car mes amies m'ont rapporté qu'elle y avait porté un toast. Hilda se rappelait du moindre mot :
- Je lève mon verre aux morts de la 71ème Compagnie du Fort, les ennemis les plus braves que j'ai eu l'occasion de combattre.
La demi-orque avait levé son verre puis était partie dégoûtée. Honorine, elle, n'a pas apprécié le toast et a décidé de ne pas suivre les ordres de Tolsen. Elle nous a raconté s'être approchée du bar et avoir abordé le capitaine Zanne, lui parlant de la tradition du Morgenstern. Elle avait même joint le geste à la parole en plaçant un bon gros coup de poing sur la mâchoire de la demi-elfe, lui promettant que le fort Tryr serait repris bientôt et que leur prochaine rencontre se terminerait mal. La demi-elfe avait répliqué d'un crochet du droit au menton de notre amie avec un sourire puis avait ajouté que le Fort n'existait plus et que les armées du Sorcier Sombre l'avaient rasé, pierre par pierre, pour n'en laisser que le souvenir.
Imoen a quand même réussi à récupérer certaines informations : le Léviathan vient des Archipels et fait voile vers Raiden, Thrèbes n'étant qu'une escale de ravitaillement et il était prévu pour lever l'ancre le lendemain en fin de matinée.

Le soir venu, nous avons eu une dernière discussion sur la marche à suivre. Honorine a encore tenté de nous convaincre de partir plutôt vers Valymport pour essayer de libérer Ludivine mais nous n'avions vraiment pas assez d'informations ni sur le lieu de sa détention, ni même par où commencer les recherches. De mauvaise grâce, elle se rangea à notre avis. Erik Tolsen m'a demandé de réfléchir à un code propre à la Compagnie pour crypter nos messages. Je n'ai pas voulu être négative, mais créer un système de codage secret pour une compagnie en campagne de recrutement, ce n'est peut-être pas la priorité absolue. Personnellement, si j'étais l'un de nos adversaires, je tenterais d'infiltrer le groupe en profitant de la campagne de recrutement, la récupération du code n'étant alors plus qu'une question de temps.

Après une courte nuit de repos, l'aube du dernier jour du mois de l'Espérance nous vit prendre la route pour Salvemer. Le voyage s'est déroulé sans la moindre anicroche. Nous avons même aperçu le Léviathan au large au soir du deuxième jour de voyage. Ce maudit bateau était rapide et avait réussi à nous prendre une demi-journée (s'il était parti comme prévu en fin de matinée). Nous aurions dû leur demander s'ils pouvaient nous déposer à Salvemer. J'espère que notre destination ne sera pas une escale pour le vaisseau, genre une escale pour récupérer un colis, une malle, voire même un tapis roulé. Si c'était le cas, il y serait dans quatre jours et demi et pourrait déjà être reparti au moment de notre arrivée sur place...
Nous sommes entrées en ville au milieu de l'après-midi du 7 de la Grande Lune. Salvemer était une bourgade d'environ 2 000 habitants. Nous nous sommes séparées. Honorine a décidé de rester en dehors de la cité pour intercepter ou suivre d'éventuels kidnappeurs. De mon côté, j'ai opté pour aller rendre une visite au capitaine de la garde / milice locale alors que les autres ont décidé d'aller directement chez Simon Taral.

Sachant que la milice avait été prévenue par le commandant Tolsen, j'ai passé mon tabard de la 72ème Compagnie du Fort avant d'aller au casernement de la garde locale, ou plutôt de la milice locale. Là, j'ai demandé à être reçue par le capitaine. On me fit patienter un peu puis je fus accompagnée jusqu'à une porte au premier étage du bâtiment. Le garde frappa et on entendit un bref « Entrez ! ». Il ouvrit alors la porte et me fit entrer dans une petite pièce au centre de laquelle se trouvait un petit bureau derrière lequel un humain d'une soixantaine d'années était en train d'écrire. Le garde se racla la gorge et dit :
- Capitaine, votre visiteur.
L'homme leva la tête et m'inspecta avant de se lever. Il avait un léger embonpoint et semblait sympathique, même si sa petite barbe grisonnante lui donnait un air sévère. D'un coup d'œil, il congédia le garde puis demanda :
« Madame, je vois que vous êtes de la 72ème Compagnie. Que puis-je pour vous ?
- Je m'appelle Enaelynn, nous vous avons envoyé un courrier il y a quelques jours de ça.
- Oui, je me rappelle bien. J'ai envoyé des gars dès que j'ai eu le message mais il n'y avait personne dans la maison. La maison était un peu en désordre mais votre gars avait disparu. J'y ai fait poser des scellés aussi.
À ce moment là, un autre garde est arrivé et nous a interrompus :
- Capitaine, l'alarme rue de la Petite Pierre s'est activée.
L'officier s'est tourné vers moi et m'a dit :
- Quelle coïncidence, j'avais fait mettre une rune d'alarme aussi. Elle semble tout juste s'être déclenchée. Allons voir ça de plus près. Venez avec moi ! »
Je me suis dit que les autres avaient dû essayer d'entrer dans la maison sans faire attention. D'un contact télépathique, j'ai envoyé mon faucon les prévenir. Puis j'ai suivi le capitaine qui rassemblait quelques hommes.

Au 15, rue de la Petite Pierre, Imoen avait crocheté la porte et avait commencé à fouiller la maison avec Eölwë, déclenchant l'alarme. En face, Hilda interrogeait un vieil homme sur Simon. Elle venait d'apprendre que ce dernier était un alchimiste régulièrement en voyage et qu'il était parti il y a quelques jours. C'est à ce moment précis que mon faucon s'est posé sur son épaule et a commencé à gratter de sa serre. La demi-orque mit alors fin à l'entretien et le vieil homme retourna chez lui. La guerrière avait compris le message. Elle se dirigea vers la maison de Simon Taral et écrivit un petit mot pour Simon sur un papier avant de frapper et de glisser le mot sous la porte. Imoen et Eölwë avaient compris qu'il était temps de sortir discrètement et de verrouiller derrière elles.

Moins de dix minutes après, j'arrivais avec la troupe en arme. Le capitaine inspecta la porte, puis l'ouvrit avec une clé et entra avec ses hommes. Il y avait un peu de bazar dans la maison, un vase renversé, une nappe au sol, des outils qui traînaient mais rien qui ne semblait troubler de quelque manière que ce soit les gardes. Interloquée, j'ai demandé au capitaine :
- C'est normal, ce capharnaüm ?
Le soldat a jeté un œil autour de lui puis m'a répondu :
- C'était déjà comme ça quand on est venus il y a quelques jours. Mais comme il n'y avait que quelques trucs renversés et pas de traces de lutte ni de sang, on s'était dit que c'est un chat qui avait fait des siennes.
J'ai trouvé cela un peu gros, mais l'explication se tenait assez pour ne pas avoir à enquêter. Bon, au moins ils n'ont touché à rien.

Après une courte inspection, l'officier ramassa la lettre glissée sous la porte par Hilda et la lut :
« Cher Simon,
nous voudrions t'inviter à dîner. Serais-tu disponible le soir du 9 ?
Passe nous voir en rentrant pour confirmer ta présence.
Signé Hilda »
Le capitaine me tendit la lettre en disant :
- C'est un peu sensible cette rune d'alarme. Elle a dû se déclencher quand madame Hilda a frappé avant de glisser le mot sous la porte.
J'ai hoché la tête en pensant « Bien joué Hilda » puis je me suis tourné vers le soldat :
- Capitaine, vous permettez que je reste ici pour jeter un œil ? Mes collègues ne devraient sans doute pas tarder.
- Tenez, je vous donne la clé. Ramenez-la-moi lorsque vous aurez terminé et je remettrai les scellés à votre départ.

Moins de dix minutes après le départ de la garde, mes amies sont arrivées. Elles en avaient profité pour récupérer Honorine. Eölwë regarda dans la boite aux lettres et trouva notre message. Simon était donc déjà parti lorsque le message était arrivé. Une courte inspection nous révéla certaines choses :
- Il n'y avait que très peu, voire pas du tout, d'affaires personnelles (tableau, décorations, ...)
- Dans une des pièces au rez-de-chaussée, il y avait un laboratoire d'alchimie en bon état
- Les affaires de voyage de Simon étaient toutes là. Il semblait peu probable qu'il soit parti sans...
- Au premier derrière un faux mur, même pas très bien caché, il y avait un petit coffre encore fermé

Imoen inspecta le coffre et nous annonça :
- Il n'a pas été ouvert, même pas touché, mais c'est certain qu'il a été découvert.
Elle fit une pause devant notre air interdit et continua en souriant :
- Il y a un piège dessus, et même pas caché. C'est un Klateur de Masseroc. Un faux mouvement et ça fait exploser la maison, voire le quartier. Je comprends pourquoi ils l'ont laissé sans y toucher. C'est impossible à ouvrir sans la clé.
Eölwë lança une détection de la magie et, mis à part le coffre et son piège, il ne semblait y avoir qu'une aura curieuse dans le jardin. Elle se dirigea vers l'origine de l'aura et brusquement se sentit mal.

Comment Hilda a réussi à trouver l'endroit précis ? Aucun d'entre nous ne le sait. Elle a pris une bêche, s'est dirigé vers un endroit du jardin exactement pareil aux autres et a commencé à creuser. Elle a creusé sur plus d'un mètre de profondeur avant du buter sur un objet métallique. Lorsqu'elle est sortie du trou, elle tenait une sorte de brique en argent avec une rune de Rachel gravée dessus. Cette guerrière est impressionnante. Elle doit avoir des dons cachés. Eölwë a examiné l'objet : il était bien à l'origine de son malaise. À l'intérieur, il semblait y avoir une pièce mobile, comme si la brique d'argent était en fait un coffre qui renfermait quelque petit objet de valeur.

J'ai réinterrogé le vieux d'en face pour ne rien apprendre de plus que ce que Hilda nous avait déjà dit, à savoir que c'était un demi-éladrin qui semblait avoir vingt-cinq ans et qui était déjà installé là il y a vingt ans quand lui-même est arrivé. Il était solitaire et souvent en voyage et apparemment c'était un alchimiste de talent.

Dans la maison, nous avons découvert du courrier : au fond d'un tiroir, une vieille lettre d'environ cinquante ans de Rachel à son fils où elle disait qu'elle partait pour un voyage pour l'éducation de sa cousine, et sur la petite table à l'entrée une réponse d'il y a dix jours d'un marchand de Minsic qui disait que les produits n'étaient plus disponibles pour l'instant et qu'il faudrait attendre quelques semaines.
Donc Simon était encore dans sa maison il y a dix jours, mais plus il y a quatre jours lorsque notre courrier est arrivé (un pigeon voyageur doit bien mettre quatre jours pour venir de Thrèbes...). Il peut être n'importe où maintenant. Peut être que le Léviathan est venu l'embarquer finalement ? Une visite au port s'imposait.

Imoen est partie à la capitainerie pour récupérer des informations sur le trafic maritime des derniers jours. Salvemer étant un port marchand qui traite en particulier de l'import-export de sel, il y avait certainement des registres qui relevaient les arrivées, les départs, les provenances et les destinations des différents bateaux. Le responsable des registres semblait sensible aux charmes de notre amie car il n'a pas fait d'histoires pour fournir toutes les informations demandées. C'est ainsi que nous avons récupéré une liste des navires arrivés ou repartis dans les dix derniers jours : un seul était parti en direction de Valymport il y a dix jours, ce qui l'excluait des suspects (car Simon était encore libre). Nous avons aussi appris que le Léviathan n'a pas fait escale à Salvemer dont le port était de toute façon trop petit pour un bâtiment de cette taille mais qu'il était possible qu'il ait jeté l'ancre au large et mis un canot à la mer pour le transfert.

Pendant ce temps, Hilda, Eölwë et Honorine sont sorties de la ville avec le petit coffre en argent pour essayer de l'ouvrir, mais sans risquer de détruire la cité. A quelques centaines de mètres des murailles, Eölwë a posé le coffret au sol puis s'est éloignée. La magicienne a lancé son sort de rupture hasardeuse de Nahal sur l'objet, l'enveloppant immédiatement d'une boule de ténèbres insondables. Au bout d'une minute, l'effet disparut aussi brusquement qu'il était apparu et en lieu et place du coffret, il y avait une clé et une bague en or avec un œil gravé dessus.

J'étais persuadée que la maison était sous surveillance, ne serait-ce qu'à cause du coffre non ouvert. C'était la seule chose sensée à faire, d'une part parce qu'il était plus simple de récupérer le contenu d'un coffre piégé lorsqu'il a été ouvert par quelqu'un d'autre plutôt que de prendre le risque de tout détruire en essayant de le crocheter, d'autre part parce qu'il est toujours intéressant de savoir à qui on a à faire. Je suis donc restée en surveillance, mon faucon à l'extérieur pour noter les allées et venues qui pouvaient sembler suspectes. Cette intuition fut bonne car, à peine quelques minutes après l'arrivée d'Imoen, le voisin d'en face a décidé de faire un petit tour en jetant des regards stressés de tous les côtés, essayant de se dissimuler dans les recoins plus sombres. La demi-elfe, qui l'avait vu sortir, a alors voulu le prendre en filature, histoire de savoir où il comptait se rendre. Malheureusement, l'homme était aux aguets et elle fut repérée. Après une petite promenade, le vieillard est rentré chez lui sans chercher à rencontrer quiconque. L'espion engagé en face pour quelques piécettes était une excellente idée; pourquoi n'y avais-je pas pensé avant ?

Lorsque les autres sont revenues, nous avons examiné la clé. C'était sans le moindre doute celle qui correspondait au coffre piégé à l'étage. Imoen nous avait assuré qu'avec la bonne clé, non-magique, le piège ne se déclencherait pas, mais c'est avec un excès de prudence que nous avons ouvert le coffre et récupéré son contenu avant de le refermer. Nous étions en possession d'une tablette en pierre gravée de runes dont certaines étaient identiques à celles de la carte qu'Imoen nous avait montré quelques jours avant ainsi que d'un porte-documents. Le porte-documents contenait les recherches sur la traduction de Simon Taral, une clé de décryptage (le mot Ninive) ainsi que le cheminement suivi. Un autre document mentionnait l'endroit où avait été découverte la tablette, dans le désert du Satahamib Oriental un peu au sud-est d'Ar-Taris dans les vieilles ruines d'une ancienne cité qui avait été construites sur des fondations encore plus anciennes. Sur une feuille séparée, une inscription révélait qu'un monocle d'or permettant de lire toutes les langues serait caché quelque part. On pouvait distinguer une référence à cinq pyramides (situées sur la carte entre le chameau et l'oasis) dont l'une était différente car de construction récente (lisse et non pas en escaliers) mais que curieusement, il y avait une seconde chambre funéraire située en sous-sol, comme dans les anciennes pyramides, et non pas seulement dans la pyramide comme les autres de la même époque. Eölwë avait fait immédiatement le lien entre la clé de décryptage et le dernier mot gravé. En quelques heures, elle avait traduit la tablette grâce au mot Ninive :
« les anciens ne veulent rien savoir. mes observations ne laissent aucun doute : la comète s'écrasera sur notre terre et détruira nos empires. il y aura un déluge de feu et de foudre, puis les océans se soulèveront pour achever ceux qui auront survécu. il nous suffisait pourtant d'unir nos force, d'unir notre héritage, afin de sauver ce monde qui nous a accueilli. mais nos anciens restent sourds à mes supplications. Maintenant il est trop tard, nous allons sombrer dans l'abîme. il ne me reste plus qu'une chose à réaliser : mettre mon noyau gemme en sécurité afin qu'il survive à l'apocalypse...

ninive»
J'ai appris plus tard dans la soirée, alors qu'il commençait à faire sombre, que le voisin avait une nouvelle fois quitté sa maison comme un conspirateur, jetant des regards paranoïaques à gauche et à droite. Imoen en a profité pour s'introduire chez lui et lui laisser un petit mot (« Mêle-toi de tes oignons ») dans son livre de comptes sur son bureau alors que sa femme et ses enfants dormaient à côté. Si ceci ne lui fait pas peur, je ne comprendrais pas.

Le lendemain matin, au petit déjeuner, Hilda et Honorine étaient persuadées que Simon était encore dans le coin. Les deux guerrières proposèrent que nous nous promenions sur la place du marché d'un air nonchalant, puis de nous séparer, histoire de provoquer ceux qui nous surveillent. Ça n'a pas loupé, nous avons été agressés par une dizaine de bandits. Heureusement, les malandrins sous-estiment souvent les filles. Ceux-là l'ont appris à leurs dépends. Hilda ayant eu la présence d'esprit de faire un prisonnier, elle a pu l'interroger avec Honorine pendant qu'Imoen fouillait les cadavres pour trouver d'éventuels indices (récupérant quelques pièces d'or au passage) et qu'Eölwë et moi avions craqué sur de magnifiques escarpins en cuir rouge des célèbres Manufactures Daniels. C'est grâce à ça que nous avons pu apprendre que Simon avait été emmené dans des ruines à une demi-journée à cheval de Salvemer.

Nous avons récupéré nos affaires dans la maison de Simon puis nous sommes parties vers les ruines mentionnées. Les quelques marauds qui surveillaient les lieux avaient tôt fait de nous renseigner sur la situation : Les bandits avaient emmené Simon jusqu'à Sircaneau sur Lacs au moment de notre arrivée à Salvemer la veille à midi. En poussant un peu l'interrogatoire, le forban avoua qu'ils devaient déposer l'éladrin chez Arthur St Edouard, le responsable du Cercle Extérieur de la ville.

Sircaneau était à cinq jours de cheval et nous avions déjà une journée de retard. Nous avons poussé nos chevaux jusqu'à leurs limites sans pour autant avoir réussi à rattraper les ravisseurs. Eölwë, Imoen et Hilda sont arrivées aux portes de la ville le soir du 12 de la Grande Lune, Honorine et moi ayant été obligées de faire une pause plus longue la veille pour ne pas tuer nos chevaux avec un rythme effréné.

Sircaneau sur Lacs est une ville riche. C'est le plus grand port lacustre d'Alania, voire de Démétaire. Elle est située sur la côte sud des grand lacs (d'où son nom) qui sont tous reliés entre eux par des canaux. C'est la plaque tournante de tous les échanges de marchandises quelles qu'elles soient entre Thrèbes et les royaumes du nord, d'autant plus que le fleuve, assez large, permet même l'arrivée de très gros navires maritimes comme des galions. Nul doute que des marchands fortunés de Raiden se sont installés dans le coin pour faire prospérer leurs affaires. Ici, le quartier pauvre a des allures de noblesse. Des milices privées patrouillent le long des domaines arborant de riches armures afin de montrer s'il en est encore besoin que leur mécène tient à sa sécurité et à celle de ses affaires. C'est dans cet environnement que nos amies sont arrivées, fatiguées après quatre jours et demi de voyage. Du coup, elles en ont profité pour reconnaître un peu les lieux (et surtout pour s'octroyer une chambre fort confortable avec spa et massages à l'Espadon : 5 po / nuit). Elles ont appris que Arthur St Edouard possédait le plus gros comptoir au nord de la ville et qu'il avait même deux docks privés juste pour lui. Imoen a tout de même poussé les investigations jusqu'au point d'entrer dans le comptoir de St Edouard gardé par deux hallebardiers portant chacun une armure lourde étincelante, prétendant vouloir envoyer un colis vers Mycen Siis dans le Grand Cercyl.

Hilda avait très vite abandonné l'idée d'une couverture basée sur la volonté de recruter pour la 72ème Compagnie car la ville ne compte pas de temple de Tempus. Elle en a donc profité pour rejoindre Eölwë dans le spa de leur auberge où toutes les deux se sont prélassées avant d'aller prendre un verre dans une taverne non loin de là afin de recueillir des renseignements sur Arthur St Edouard. Sans doute émoustillée par le massage de bien-être, la demi-orque se sentit monter un appétit pour un mâle qui l'aiderait à se détendre encore mieux et sut fort avantageusement tirer profit de son côté « exotique » pour séduire un humain avant de disparaître pour la nuit. Eölwë se résigna à retourner à l'auberge où elle croisa Imoen fort troublée : une telle opulence et pas même une antenne de la guilde des voleurs.

Le lendemain matin, Honorine et moi sommes arrivées à la porte de la ville. Le garde en faction, office du tourisme local, eut l'amabilité de nous diriger vers l'auberge la plus proche, l'Espadon. Quel bonheur lorsque j'appris que je pouvais y prendre une chambre et surtout un bon bain après cinq jours sur le dos d'un cheval. Alors que nous nous demandions comment retrouver nos amies, nous les avons aperçues prenant le petit déjeuner sur la terrasse dans des robes de chambre fort luxueuses, ce qui me fait dire qu'effectivement cinq pièces d'or pour une nuit représentaient une petite fortune et que nous n'étions pas dans une auberge moyenne comme celles qu'on trouve à Thrèbes. Nous nous sommes assises à leur table pour manger un morceau car j'étais affamée. Hilda affichait un air souriant et épanoui inhabituel. J'ai haussé un sourcil interrogateur qui m'a valu un regard sombre de la part d'Eölwë. Ce n'était sans doute pas le moment de chercher à savoir ce qui se passait... Après quelques minutes, la demi-orque nous annonça qu'elle devait se préparer pour la visite pour laquelle elle avait pris rendez-vous vers 10h. Encore un sourcil interrogateur de ma part, encore un regard noir d'Eölwë...

Après le départ de l'archère, une fois que nous avions fini de nous sustenter, nous avons voulu savoir quelles informations nos amies avaient pu glaner. Imoen nous parla du comptoir d'Arthur St Edouard, de sa milice privée formée de gros bras, de l'île privée au large avec un galion amarré (surprenant sur un lac) sans autre accès possible que par bateau (un entrepôt ou une prison sans doute). Elle insista particulièrement sur les milices privées très actives et sur l'absence totale de guilde des voleurs. Derrière nous, une voix se fit entendre :
- À tout à l'heure les filles.
Me retournant, je vis une Hilda en robe franchir gaiement la porte de l'auberge. Je jetais un œil à Honorine qui semblait toute aussi surprise que moi. Eölwë nous apporta l'explication : Hilda avait réussi à emballer un humain qui bossait pour St Edouard et qui lui avait fait des confessions sur l'oreiller et lui avait proposé de visiter les docks et les souterrains où ils entreposaient les marchandises prêtes à être expédiées. Imoen qui s'était déjà rendue sur les lieux avait repéré une bouche d'égout non loin de là qui était sans doute un accès vers ces mêmes souterrains.

J'étais impressionnée par l'efficacité de mes amies. En quelques heures, elles avaient découvert moultes informations pour notre mission. Je proposai de rejoindre les autres après avoir pris rapidement un bain (je déteste l'odeur du cheval). Le plan était simple : Honorine tentait de se faire embaucher chez St Edouard comme garde du corps pendant qu'Eölwë (magiquement rendue invisible) et Imoen exploraient les souterrains en passant par les égouts. Hilda essaierait sûrement de repérer les environs et de comprendre comment était organisée la milice privée et ce qu'il en était de leurs rondes et leurs relèves.
Hilda rentra et nous fit un compte rendu détaillé de sa visite : lieux intéressants, nombres de gardes, etc. et elle nous confirma que la bouche d'égoût semblait un bon accès.
Honorine partit en premier vers le domaine du chef du Cercle Extérieur. Elle s'inscrivit sur un registre et lorsqu'un milicien un peu plus imposant lui demanda ce qu'elle faisait dans le coin, elle répondit simplement :
- Je viens chercher du boulot comme garde du corps.
Hilare, le garde rétorqua :
- Une frêle fille comme toi ? En garde du corps ?
- Ben oui, on ne se méfierait pas de moi. Et il parait que ça paye bien ici... Vous voulez que je vous fasse une démonstration ? Envoyez-moi l'un de vos gros gars et vous l'aurez.
Le sergent appela un humain avec une musculature bien développée et fit entrer la guerrière dans une grande pièce carrée, comme une petite arène et dit :
- Allez-y mademoiselle, montrez-moi ...
Honorine fit quelques passes et rapidement se rendit compte que le niveau de son adversaire était plutôt bon. Parfait que diable, autant s'amuser un peu.

Pendant ce temps, Imoen, Eölwë et moi nous nous dirigions vers l'endroit où Hilda avait découvert la bouche d'égout. Une fois repérée, nous l'avons ouvert et Eölwë se lança un sort d'invisibilité pendant qu'Imoen descendait dans les sous-sols. J'entendis l'éladrine me chuchoter de refermer lorsque loin en dessous un gros vacarme se fit entendre. Immédiatement je sus que la demi-elfe avait surestimé sa discrétion. Tant pis, je ne pouvais pas l'aider sur ce coup. J'ai vite refermé l'ouverture avec la plaque de fer que nous avions soulevée et innocemment j'ai bifurqué dans la première rue à ma gauche sans me hâter. Pas de chance, face à moi, une douzaine de miliciens en armes et aux couleurs de St Edouard se précipitaient vers moi en criant :
- Halte-là, que faites-vous ici ?
Je répondis que je cherchais à retourner à l'Espadon, mon auberge mais que je m'étais perdue dans la ville où j'étais arrivée le matin même. Je crains que ma tentative de bluff n'ait pas été aussi crédible que ce que j'aurais souhaité car au lieu de m'emmener à mon auberge, les miliciens m'ont poussé sans ménagement dans l'un des bâtiments non loin de là, sans doute une annexe du comptoir commercial de leur patron. Là, ils m'ont forcé à m'asseoir et ont commencé à m'interroger sur la raison de ma présence dans ce quartier privé. Naturellement, je ne pus que m'insurger contre de telles pratiques et familiarités, moi une représentante de la noblesse elfique. Après quelques minutes, le chef du peloton envoya un de ses hommes chercher le maître d'armes.

Dans l'arène improvisée, Honorine avait de plus en plus de mal à contenir les assauts de son adversaire. Il était bon, très bon même et surtout, il avait l'avantage de sa carrure contre l'humaine. Puis un milicien entra et dit quelques mots à l'oreille du sergent. Ce dernier hocha la tête et cria :
- Bon, ça suffit. Mademoiselle, continuez à vous entraîner et faites un peu plus d'exercice puis revenez demain. Nous verrons ce qu'on peut faire de vous.
Puis il sortit. Honorine prit ses affaires et se dit qu'il nous faudrait peut-être quitter la ville plus vite que prévu. Autant que les affaires soient prêtes.

Le sergent entra dans la pièce au moment où le ton montait entre le milicien chargé de mon interrogatoire et moi. Il hurla :
- Ça suffit. Qu'est-ce qui se passe ici ? Qu'est-ce que vous faisiez dans cette ruelle ?
Je fis mine de m'énerver :
- Oui, je suis bien d'accord avec vous, ça suffit maintenant. Je suis une noble de Sylvania. Voyez mon anneau sigillaire. J'ai déjà dit à ces crétins que je suis arrivée en ville ce matin et que j'ai voulu visiter mais que je me suis perdue. Je cherchais à retourner à l'Espadon, l'auberge qui se trouve le plus proche de la porte ouest.
- Et comment avez-vous pu franchir les cordons de sécurité sans être vue par les gardes ?
- Les gardes ? Quels gardes ? Il n'y avait ni gardes ni sécurité où que ce soit. Alors je vous prie de me faites raccompagner à mon auberge et arrêtez de me blâmer pour l'incompétence de votre équipe de sécurité.
Le sergent s'empourpra et se tourna vers le milicien :
- Vous ! Ramenez cette demoiselle à son auberge ! Et je veux des rondes plus rapprochées !
Moins de dix minutes plus tard, j'entrais dans l'Espadon, rejoignant Honorine et Hilda. Il nous fallait maintenant attendre les autres.

Imoen et Eölwë progressaient doucement dans les souterrains. Arrivées à une intersection, elles aperçurent une porte gardée par deux colosses, le seul endroit qui était constamment gardé. Ce qu'elles cherchaient devait être juste derrière cette porte. Imoen se déplaça aussi silencieusement qu'un fantôme, se positionnant derrière le garde de droite. Eölwë s'approcha du garde de gauche et apparut, semblant surgir de nulle part en lançant un sort de terreur. Le garde sembla se recroqueviller sur lui-même puis sombra dans l'inconscience. Le second eut moins de chance, la rapière d'Imoen lui transperça la gorge. Il était mort avant de toucher le sol. La roublarde sortit alors ses outils et en à peine quelques secondes la serrure avait lâché. Derrière la porte il y avait une ligne de cachots lugubres. Oubliant toute prudence, la demi-elfe s'élança... et déclencha une rune d'alarme...
Dans le second cachot, Eölwë trouva Simon. Il était en piteux état mais en apercevant nos amies, il trouva la force de lever la main vers la cellule d'en face et de murmurer :
- Cousine, sauve Ludivine.
Eölwë fut d'abord surprise mais se reprit vite. Elle puisa dans la toile et fracassa le verrou de la cellule puis se précipita au secours de son cousin. Imoen ouvrit la cellule montrée par Simon. Ludivine était toujours inconsciente lorsque la demi-elfe la chargea sur son épaule. Au loin, des pas de course résonnaient, menaçants. Toutes les deux savaient que la bouche d'égout par laquelle elles étaient arrivées était compromise. Il fallait maintenant courir vers les canaux. Eölwë et Simon sortirent par le canal prévu. Imoen décida alors de prendre un autre chemin, histoire de maximiser leurs chances de fuite et de ne pas être capturées toutes les deux. Elle fit délibérément du bruit attirant un soldat dans sa direction afin qu'Eölwë et son cousin ne risquent rien. L'humain était rapide et gagnait du terrain. Sans Ludivine, Imoen aurait eu toutes ses chances de lui échapper, mais elle se refusait de l'abandonner. Pas après tout ça. Elle s'engagea dans un couloir. Pas de chance, c'était un cul-de-sac... Se retournant, elle vit l'humain debout, épée au clair. Il regarda notre amie et chuchota :
- Vite, prenez l'échelle dans le deuxième couloir à gauche. Elle mène à la sortie.
Puis il se retourna et simula un bruit de combat. Imoen n'attendit pas son reste et se précipita vers le couloir indiqué.

À l'auberge, Honorine avait loué un cheval supplémentaire pour Simon. À peine une heure plus tard, nous avions pris la route vers Salvemer. C'était le chemin le moins susceptible d'être la cible d'une chasse à l'homme. De là, nous pourrions prendre un bateau rapide qui nous emmènerait à Thrèbes car les routes de la ville seraient surveillées. Hilda nous raconta ce qu'elle avait appris : le galion sur le lac était le Dragon des Mers. C'était le navire d'une compagnie à la solde du Sorcier Sombre. Son étendard représentait une hache enflammée sur fond noir. Peut-être que Tolsen en saurait plus à son sujet. L'île auprès de laquelle se trouvait le vaisseau était un comptoir privé qui appartenait à un nouveau riche arrivé il y avait une quinzaine d'années. Quoi qu'il en soit, il était grand temps que les enfants de Rachel soient libres. Ils étaient tous les deux faibles et mal en point. Leur parenté éladrine ne faisait pas de doute car tous deux avaient des traits marqués de leur race. Simon était alchimiste et Ludivine était historienne. Ils étaient jumeaux et avaient 198 ans. Ils avaient eu un frère aîné humain qui avait suivi la voie des armes comme son grand-père. Il est mort de vieillesse il y avait déjà fort longtemps. Simon avait reconnu Eölwë grâce à l'anneau de Rachel qu'elle portait autour du cou, cet anneau trouvé enterré dans le jardin à Salvemer quelques jours plus tôt car seul quelqu'un qui avait suivi l'enseignement de Rachel avait les moyens d'ouvrir le coffret en argent.

Notre arrivée à Thrèbes passa inaperçue, ne serait-ce que parce que notre bateau nous avait débarqué au port, soit juste à côté de la redoute du Récif de la Dent, notre quartier général. Erik Tolsen nous accueilli avec son sourire habituel :
- Je savais que vous réussiriez. Venez, racontez-moi tout.
Nous avons donc raconté nos aventures, d'abord à Salvemer, où nous avons appris l'existence d'une cellule à Sircaneau sur Lacs dont Arthur St Edouard était le chef du Cercle Extérieur puis notre voyage dans la ville marchande et comment nous avons réussi à sauver les cousins d'Eölwë d'un funeste destin. Hilda parla du galion et de l'île privée qui appartenait à un suivant du Sorcier Sombre. D'après elle, cet endroit était sûrement aussi une cellule importante. Le commandant resta silencieux quelques secondes puis annonça d'une voix grave que cette seconde cellule faisait peut-être partie du Cercle Médian, voire du Cercle Intérieur. La question d'Imoen le surprit un peu plus lorsqu'elle demanda qui était l'homme qui l'avait aidé dans sa fuite. La réponse d'Erik Tolsen était elle aussi inattendue :
- Peut-être que la cellule de Sircaneau était déjà infiltrée. Je ne le savais pas. Je ne suis pas assez haut placé dans la Phalange Dragon pour être au courant de ceci.
Erik Tolsen était un membre de la Phalange Dragon. Ceci expliquait bien des choses, comme par exemple le fait qu'il connaisse les localisations des différentes cellules qu'il nous avait transmises. Il continua :
- Je vais devoir négocier avec Évangélia pour la capture de ce monsieur Arthur de St Edouard. S'il y a une autre cellule à Sircaneau, il est la personne qui pourra nous renseigner.
Négocier avec Évangélia ? Que de temps perdu à mon avis... J'espérais que les négociations ne contraindraient pas Abani à aller se présenter chez l'Immortelle.

Nous avons alors discuté avec Ludivine et Simon. Il fallait les mettre à l'abri. Eölwë suggéra de les envoyer auprès de sa famille les Fenaëro car ils seraient en sécurité à Seldarnia. Personnellement, je pensais que K'nTrack City aurait été un choix plus judicieux mais il faut l'avouer, c'était loin de tout... L'alchimiste nous apprit que le Masque des Ombres recherchait d'anciens et puissants artefacts d'avant le temps des anciens mages. Ludivine nous révéla le sujet de ses recherches : pour tous, l'Histoire commence avec la civilisation des anciens mages mais de « récentes » découvertes font état d'une civilisation très évoluée antérieure. Cette civilisation aurait eu des connaissances arcaniques très avancées, même si leur magie n'était pas tout à fait pareille à la nôtre. On ne sait pas ce qu'il est advenu de cette civilisation mais certains prétendent que des conflits internes auraient pu éclater et qu'une guerre magique en aurait causé la chute. La tablette qu'Eölwë avait réussi à traduire à l'aide des notes de Simon était une relique de cette période et la preuve que tout n'a pas été détruit. À cause de ça, certains, dont le Sorcier Sombre, s'intéressent très fortement à ces recherches archéologiques pour éventuellement mettre la main sur l'un ou l'autre artefact très puissant qui lui permettrait d'asservir le monde sans contestation possible. C'est ce moment qu'Imoen choisit pour montrer la carte récupérée chez Lucciana Visconti. Ludivine était intriguée car elle n'avait jamais vu une telle carte, mais malgré tout, les écritures étaient les mêmes. L'existence d'un continent au sud ne lui était pas connue non plus.

À la fin de la discussion, Simon prit la parole en se tournant vers Eölwë :
- Si vous n'avez plus besoin de nous, nous souhaitons que notre cousine nous ramène chez nous.
- Mais, comment est-ce que nous pourrons vous protéger ? s'exclama le commandant.
- Ne craignez rien pour nous. Maintenant que nous savons, nous resterons sur nos gardes, répondit l'éladrin en se levant.

Tous les trois sortirent et se dirigèrent vers la rue du Bouclier non loin de là. Ils s'arrêtèrent devant une porte que Ludivine s'empressa de déverrouiller. C'était une toute petite propriété avec une petite pièce et une cuisine sommaire au rez-de-chaussée et un escalier en haut duquel il y avait une pièce à vivre fort agréable ainsi qu'une petite chambre à coucher. Simon tira sur la trappe au plafond et déplia l'échelle de meunier. Dans le grenier, une toute petite pièce carrée d'environ 15 m² était fermée à clé. L'éladrin ouvrit et attendit que sa sœur et sa cousine entrent avant de refermer à clé. Il regarda Eölwë et dit :
- Cousine, ceci est un héritage de maman. Prends cette clé et garde-la précieusement.
Il indiqua un disque séparé en quatre quartiers (vert, jaune, rouge et bleu). Le quartier vert semblait légèrement enfoncé. Il appuya sur le quartier bleu, débloquant le quartier vert. Puis il rouvrit la porte. Le salon ne semblait que légèrement changé mais la lumière qui le baignait par la fenêtre était, elle, complètement différente, plus claire, plus chaude. Eölwë regarda dehors et resta interdite. Ludivine s'approcha d'elle et lui posa une main sur l'épaule :
- Nous sommes à Raiden. Nous allons te quitter ici. Cœur d'Étoile acceptera certainement de nous téléporter vers K'ntrack City. Si tu as besoin de notre aide, tu nous trouveras là-bas.
Elle prit Eölwë dans ses bras et ajouta :
- Je suis heureuse d'avoir pu faire ta connaissance et j'espère que nous nous reverrons.
Emue, Eölwë se tourna vers Simon qui lui dit :
- Merci pour ton aide cousine, sans toi et tes amis nous serions sans doute morts maintenant. Concernant ce lieu : le vert te ramène à Thrèbes, le bleu te mène ici à Raiden, le jaune est pour Eleph dans les Terres Sauvages et le rouge pour Château-Bief. Je te souhaite beaucoup de courage et bonne chance car tu en auras besoin dans les prochains temps.
Eölwë avait presque les larmes aux yeux lorsqu'elle regarda ses cousins sortir de la maison. Elle les interpella une dernière fois :
- Et la bague ? Qu'est-ce que vous savez d'elle ?
- Tu devras trouver toute seule, nous ne sommes pas des arcanistes, répondit Simon avant de se retourner et de prendre la route.
Eölwë resta seule. Elle regardait partir ses cousins, une boule dans la gorge. Après quelques minutes, elle rentra dans la maison et retourna à Thrèbes pour rejoindre le Récif de la Dent.

À son arrivée, Tolsen nous donnait les dernières nouvelles :
Une nouvelle recrue, Elisa, une rôdeuse humaine de 37 ans nous avait rejoint. Elle était originaire de la Vaste Plaine. Elle avait tué son mari qui la battait puis s'était engagé dans un équipage de marin avec lequel elle avait bourlingué dans les archipels plus de huit années. Le commandant jugeait qu'elle avait un sens de la survie exacerbé mais un caractère de desperado.
Les autres nouvelles étaient bien moins réjouissantes. Le Comte de Thrèbes avait été destitué et Lucciana Visconti était bien partie pour récupérer le titre de Comtesse. La décision serait prise le lendemain, au solstice d'été, lors de la réunion du Conclave des Princes.

Décidément, Thrèbes n'était pas une ville pour nous. Stratégiquement, il n'y avait que des ennuis à gagner ici et très peu de soutien. Je ne démordais pas de l'idée que nous ferions mieux de nous installer ailleurs mais le commandant semblait avoir d'autres informations et prétendait que la ville était la meilleure opportunité politique pour la Compagnie du Phénix. Alors que nous débattions de ce point, Raoul entra et informa qu'un messager orque attendait dehors et souhaitait parler à Hilda. La guerrière se leva et quitta la pièce puis alla rejoindre l'orque à la sortie de la redoute. L'ancien de la 68ème tendit aussi un mot à Erik Tolsen qui y jeta un regard avant de nous dire d'un air grave :
- Mes amis, la reine de la Vaste Plaine est arrivée en ville pour le Conclave et demande officiellement la protection exclusive de la 72ème Compagnie du Fort tant qu'elle sera à Thrèbes...
"Chaos always wins because it is better organized", Terry Pratchett

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Lord Kntrack
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Lord Kntrack » 13 avr. 2014 12:30

Enorme
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Chazam
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Chazam » 13 avr. 2014 21:12

c'est beau comme une tartine de nutella :) miam...
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l'Intelligence c'est comme les sandales elfiques quand on en a pas on s'ecrase !!!

Un bon Thunk est un Thunk mâchouillé par mon Chagar.

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E02

Message par Lord Kntrack » 15 avr. 2014 15:24

Partie du jeudi 1er mai confirmée. On commence vers 14h30 jusque vers 20h - 20h30. Après on peut manger ensemble pour ceux qui veulent mais je ne prolonge pas après le dîner.

Joue t'on à l'association ou est ce que quelqu'un veut accueillir ?
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