D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Le retour de la grosse campagne D&D qui envoie du steak de Dragon.

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D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Message par Lord Kntrack » 22 févr. 2015 18:02

S01E08 – Cœurs Obscurcis

8ème Jour du mois Les Grandes Glaces – 1371 Calendrier du Pacte

Un hiver rude s’est abattu sur Démétaire. C’est au milieu de la nuit que le commandant de la 72ème compagnie du Fort Tryr, Erik Tolsen, ordonna à Hilda de rassembler les hommes dans la cour. Et c’est sous une pluie glaciale qu’il prononça ses mots.

« Soldats, compagnons, frères, aujourd’hui notre compagnie a été blessée au plus profond de sa chaire et de son âme. Enaelynn a décidé de rejoindre l’ennemi. Par cette trahison elle a jeté le déshonneur sur notre compagnie. Nos valeurs, mais aussi la mémoire de ceux qui ont porté ces couleurs ont été bafoués. Ce crime odieux ne peut et ne restera pas impuni. J’ai envoyé un message auprès de la reine de la Vaste Pleine, pour qu’Enaelynn soit poursuivie par notre autorité, pour désertion, trahison envers la compagnie, trahison envers le royaume de la Vaste Pleine et haute trahison envers sa majesté Anne Hélène III. Par son acte Enaelynn est devenu notre ennemi. Elle devra être capturée morte ou vive.

Ne vous trompez pas. Même si nous avons signé des traités de paix qui n’engagent que la morale des seigneurs qui les ont signés, la guerre reprendra. Nous avons fait le serment de libérer notre royaume et reprendre ce qui nous a été pris. Nous le ferons ! Nous Marcherons sur Khàl Darken et mettrons à genoux les Sorcier Sombre. Tel est notre devoir, pour la gloire du Fort et de son Saint Etendard et pour en mémoire de la 71ème.

En attendant, et jusqu’à nouvel ordre toute la compagnie est confinée dans ses quartiers. Rompez les rangs !! »
On ne dit pas Richelieu mais Sympa la baraque

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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Message par Lord Kntrack » 20 avr. 2015 20:04

S01E08 – Cœurs Obscurcis (suite)

20ème Jour du mois Les Grandes Glaces – 1371 Calendrier du Pacte

Les pièces de l'échiquiers se mettent lentement en place. Les dragons se réunissent à Thrèbes pour décider de l'avenir du pacte. La reine des Eladrins est sortie de son sanctuaire pour tenter de prendre possession des archipels. Marcus et ses hommes sont aux portes de Thrèbes, prêts à refermer leurs serres avides de sang sur leur proie.

Il ne reste que peu de temps avant le mariage princier qui doit sceller l'alliance entre deux royaume. Chacun sait ce qu'il a à faire. L'avenir de Démétaire se joue maintenant !!
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Malefiss
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Message par Malefiss » 01 juin 2015 12:35

Les légendes de Démétaire Acte 2 - S01 E08 : Les cœurs obscurcis

Thrèbes, 8ème jour du mois des Grandes Glaces, an 1371 du calendrier du Pacte

L'ambiance était exécrable dans la 72ème Compagnie. La tension était palpable depuis le retour du groupe d'Abani il y avait 2 jours de ça. Et la mauvaise météo de ce mois des Grandes Glaces n'arrangeait rien à l'humeur générale. Mais le pire était encore l'incompréhension.
La nouvelle avait très vite fait le tour. Enaelynn était partie auprès du Chevalier Noir et avait trahi la compagnie, trahi son serment. On disait même que certains l'avaient laissé partir chez l'ennemi, sachant qu'elle était une menace pour tous. Elle devait être au courant de beaucoup de choses car elle travaillait avec le commandant. C'est même elle qui avait une grande part de responsabilité dans la stratégie qui a mené à la victoire de la compagnie dans les archipels contre le Chevalier Noir. Ce même Chevalier Noir qu'elle vient de rejoindre. Pourtant Enaelynn était une fervente opposante au Sorcier Sombre et croire qu'elle qui a toujours été loyale envers la Compagnie et qui voyait toujours les choses à plus long terme, ait pu trahir était inconcevable. Mais c'était arrivé...
Le commandant Tolsen était d'humeur sombre depuis le compte rendu d'Hilda. Pire, il était dans une colère froide. Et pourtant la mission avait été un succès total à ce qui se disait.

En début de soirée, une missive est arrivée pour Eölwë, la magicienne éladrine : un astronome de Thrèbes souhaitait quérir son aide à propos d'un objet céleste observé récemment. Qui de mieux qu'une élève de l'illustre école des Etoiles, qui plus est la disciple de Rachel, pouvait l'aider sur le sujet ? Mais l'atmosphère hostile des derniers jours ne contribuait pas à l'envie d'aider.

Sur le coup de 23h, Erik ordonna à Hilda de rassembler toute la compagnie dans la cour. La fraicheur de la nuit déjà avancée et la pluie glaciale qui tombait eurent un effet désastreux sur le moral des troupes, mais bien moins que le discours du commandant :
« Soldats, compagnons, frères, aujourd’hui notre compagnie a été blessée au plus profond de sa chair et de son âme. Enaelynn a décidé de rejoindre l’ennemi. Par cette trahison elle a jeté le déshonneur sur notre compagnie. Nos valeurs, mais aussi la mémoire de ceux qui ont porté ces couleurs ont été bafoués. Ce crime odieux ne peut et ne restera pas impuni. J’ai envoyé un message auprès de la reine de la Vaste Pleine, pour qu’Enaelynn soit poursuivie par notre autorité, pour désertion, trahison envers la compagnie, trahison envers le royaume de la Vaste Pleine et haute trahison envers sa majesté Anne Hélène III. Par son acte Enaelynn est devenue notre ennemie. Elle devra être capturée morte ou vive.

Ne vous trompez pas. Même si nous avons signé des traités de paix qui n’engagent que la morale des seigneurs qui les ont signés, la guerre reprendra. Nous avons fait le serment de libérer notre royaume et reprendre ce qui nous a été pris. Nous le ferons ! Nous Marcherons sur Khàl Darken et mettrons à genoux le Sorcier Sombre. Tel est notre devoir, pour la gloire du Fort et de son Saint Etendard et pour en mémoire de la 71ème.

En attendant, et jusqu’à nouvel ordre toute la compagnie est confinée dans ses quartiers. Rompez les rangs !! »

Mais lorsque les hommes s'apprêtaient à retourner dans les casernements, Tolsen cria :
- Compagnie, nous nous sommes laissés aller ces derniers temps et nous nous sommes ramollis. Ce n'est pas comme ça que nous vaincrons. Ceci doit changer aussi. Prenez vos affaires. Nous partons pour une marche commando !
Les quelques raleurs se sont calmés très vite. Le froid saisissant et l'effort demandé en pleine nuit y ont contribué. C'est fourbue et frigorifiée que la compagnie est revenue dans la cour du palais vers 3h du matin.

La nuit fut plus courte que prévue car le réveil de la compagnie fut orchestré pour 6h. Il faisait encore nuit lorsque le clairon sonna le rassemblement devant l'étendard à 6h30. Juste après le lever du drapeau, le commandant demanda dix volontaires parmi les chasseurs de la Vaste Plaine. Il les mit sous le commandement de Renard et leur donna l'ordre de mener la traque de la traitresse. Ensuite il nomma Kaeline agent de liaison avec le guet de la cité. Le reste de la journée fut éprouvant pour tout le monde. La neige avait commencé à tomber et toute la matinée, les hommes se suivaient sur le parcours du combattant. C'est presque avec soulagement qu'ils restèrent consignés dans leurs quartiers après le déjeuner.

Avant de prendre son tour de garde pour l'après-midi, Honorine demanda à voir Hilda pour avoir une permission exceptionnelle le 13 du mois. Lorsque la demi-orque demanda pourquoi, la guerrière ne répondit pas, déclinant simplement qu'elle ne pourrait en parler qu'à Tolsen.
Au courant de l'après-midi, l'humaine vit arriver un groupe peu banal se présenter pour voir Erik Tolsen : un nain des montagnes, un elfe des bois et une demi-orque immense qui aurait fait passer Hilda pour une gringalette. Honorine accompagna les nouveaux arrivants jusqu'au bureau du commandant. Sur le chemin, le nain fit quelques commentaires sur le petit nombre de gardes et sur la nécessité de l'augmenter. Arrivé, le groupe entendit les voix de Tolsen et Hilda à travers la porte. La demi-orque affirmait que tenir ce rythme n'était pas envisageable pendant longtemps au vu de la mauvaise météo et le commandant s'était alors mis à crier que le laxisme dont la compagnie avait fait preuve les mois précédents était la cause de tous les ennuis qu'ils avaient et que s'ils avaient été plus exigeants, la jeune demi-elfe n'aurait pas déserté. Honorine prit une profonde respiration et frappa à la porte. Quelques secondes après, on put entendre tonner un "Entrez !" menaçant. L'humaine ouvrit la porte et aperçut le commandant le visage rougi par la colère. Hilda tentait de garder son calme mais Honorine sentait qu'elle fulminait et qu'elle trouvait la réaction du prêtre démesurée et injuste. Pressée de rejoindre la tranquillité de son poste de garde, elle annonça simplement :
- Commandant, des visiteurs pour vous !
Puis elle s'effaça et repartit vers son poste de garde.
Hilda regarda rentrer les nouveaux venus puis vit l'expression de Tolsen changer du tout au tout. En un instant, toute la hargne et la colère s'étaient évanouis de son visage, faisant place à un large sourire :
- Enfin les renforts !
D'une humeur joyeuse, il se tourna vers Hilda et avec un large sourire lui présenta les visiteurs :
- Hilda, voilà Aldran, KnTrack de Torwin et Takwaere. Ce sont de vieux compagnons. Est-ce que tu peux faire venir Medrash, Sariel et Abani s'il te plait ?

Surprise par le changement du commandant, Hilda s'exécuta et une fois que le second, la magicienne et la fille de Démétaire furent dans le bureau, elle partit s'occuper de la compagnie. Le petit comité resta enfermé dans le bureau pendant tout l'après-midi et il commençait déjà à faire sombre lorsque Tolsen fit appeler la guerrière. Celle-ci n'était pas au bout des surprises que lui réservait cette journée : Tolsen lui annonça que les trois arrivants rejoignaient la compagnie et tant qu'officiers et assigna la montagne Takwaere à Hilda pour qu'elle devienne son adjointe.
- Allez visiter et faites connaissances de la 72ème mes amis.
Medrash et Sariel partirent faire le tour des installations avec Arlan et KnTrack pendant que Takwaere suivait Hilda.

Tolsen avait encore un large sourire lorsqu'il entendit toquer à sa porte. Il ouvrit la porte et se trouva face à Marla. Surpris, il recula pour laisser entrer la drakéïde avant de refermer. Celle-ci n'y alla pas par quatre chemins. Elle dégaina posa une lame et son fourreau sur le bureau. L'officier la reconnut immédiatement : l'épée de Méridian, l'un des Tonnerres de Tempus !
- Marla ? Qu'est-ce que tu fais avec cette arme ?
La paladine hésita un instant et répondit :
- Elle m'a été donnée par Khéro. Je vais la donner à Shooting Star.
- QUOI ? Tu as complètement craqué ?
- Je veux éviter que la guerre des dragons ne reprenne.
- Il faut que tu ailles voir Evangélia tout de suite !

Hilda se sentait un peu perdue. Elle avait maintenant une adjointe, une barbare freelance dont la force ne faisait pas de doute. C'est vrai qu'elle appréciait de voir des combattants émérites les rejoindre, mais là, trois inconnus arrivent et sont nommés officiers alors que personne n'a jamais entendu parler d'eux et tout ça dans une période où l'un des membres dont on ne doutait pas de la loyauté venait de trahir... C'était certainement peu approprié et cela allait avoir une incidence sur les troupes et faire poser des questions. Enfin bon, c'était Tolsen le patron. Il devait savoir ce qu'il faisait...
Elle montra les casernements à l'immense demi-orque et lui fit donna ses premiers ordres :
- Tu t'occuperas d'organiser les travaux d'intérêts généraux, histoire de te familiariser avec les membres de la Compagnie. A ce propos, si Raoul a des gestes déplacés, ne tape pas trop fort, il ne faudrait pas le casser...
Puis elle partit prendre son diner. La fatigue se faisait sentir. Trois heures de sommeil la nuit dernière après une course sous les intempéries ne lui avaient pas suffi. Elle regarda par la fenêtre. Il neigeait toujours. Elle pensait à Enaelynn. Comment avait-elle pu les abandonner ? Elle avait pourtant prévenu le commandant que la découverte du médaillon sur Irann Zanne aurait des conséquences et qu'il fallait en discuter. Mais il n'avait rien fait, rien voulu entendre, rien voulu croire. Et ces derniers mois, c'est vrai qu'elle même la laissait un peu de côté quant au partage d'informations, encore plus suite au rêve d'Abani. Qu'aurait-elle fait à sa place si elle avait été mise à l'écart des données importantes ? Elle n'en savait rien... N'empêche que rien ne permettait de penser qu'elle s'en aille si vite. Elles s'étaient battues ensemble dans les ruines, elles ont même failli mourir ! Et Kaeline ? Pourquoi n'avait-elle pas pris les mesures nécessaires ? Y avait-il un plan derrière tout ça ?
Un raclement de la gorge mit fin à ces rêveries. Elle vit Takwaere qui se tenait devant elle et qui attendait.
- Oui ?
- J'ai vérifié et il manque une certaine Eölwë pour les travaux d'intérêts généraux.
- Va me la chercher.

La demi-orque sourit et repartit, aussi silencieusement qu'elle était arrivée. Quoi qu'il en soit, sa méthode devait être efficace car moins de cinq minutes plus tard, l'éladrine apparut. Son air maussade et boudeur fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase après la tension des dernières 24 heures et Hilda éleva la voix, énervée :
- Quand je donne des ordres, on les exécute ! Il n'y a pas de raison que tu te sentes exemptée. Et j'ai, nous avons, besoin de savoir que les ordres sont suivis. C'est une histoire de confiance !
Eölwë n'a rien répondu. Mais on voyait dans son regard fatigué qu'elle était à la limite du self control lorsqu'elle repartit. Le nettoyage du casernement, c'était l'affaire de quelques instants avec le sort adéquat.

Il était près de 18h lorsque Marla arriva chez Evangélia. L'accueil fut chaleureux, bien plus que cette dernière journée. Après avoir eu droit à un thé chaud, Evangélia commença :
- Alors Marla ? Qu'est-ce qui t'amène ce soir ?
La drakéïde posa à nouveau l'épée sur la table. Evangélia eut un sourire :
- Oh, l'épée de Méridian
- Oui, Khéro me l'a donné pour Shooting Star.
- Pour Shooting Star ?
- Oui, il m'a demandé cette épée pour accepter de discuter du pacte qui a été brisé.
- Et il va en faire quoi ?
- Je ne sais pas. Peut-être parce que c'est l'arme qui a tué son frère d'après la légende. Elle a baigné dans le sang de Nars d'après Khéro.
- Je sais qu'il existe un ancien rituel qui permet de ressusciter un dragon. Mais pour ça, il faut du sang de son père. Mais Nars était le premier de sa lignée. Et à moins de posséder du sang de Thrextorius le sage ou de Sarlac le Sombre, chose que je pense hautement impossible car ils sont morts depuis bien longtemps.
Marla réfléchit un instant puis ajouta :
- Et si on suppose que Shooting Star a pu mettre la main sur du sang d'un patriarche ?
La question frappa Evangélia. Elle mit quelques secondes à répondre :
- Peu probable, mais toujours possible... Je connais le bestiau... Est-ce qu'il te semblait insistant ?
- Je ne saurais dire... Peut-être, oui.
- Le risque est grand de voir revenir Nars. Et il ne serait pas content...
Pour la première fois, Océane prit la parole :
- Nous l'avons déjà vaincu une fois. On le vaincra encore s'il le faut !
Evangélia sourit à sa sœur et continua :
- Quoi qu'il en soit, si nous avons une chance de maintenir le pacte, il faut la saisir. Car si le pacte est rompu, les drakéïdes quitteraient Thrèbes et au mieux resteraient neutres dans ce conflit. Et s'il nous faut affronter les éladrins, les dragons et aussi les drakéïdes, nos chances seraient minces.

Marla se leva pour prendre congé mais Evangélia l'arrêta :
- Il ne faut pas le laisser garder l'initiative. Tu dois reprendre les choses en main, et ça, c'est possible car de par ta lignée, tu as l'autorité pour ça. Voilà ce que nous allons faire : Tu vas lui dire que tu as l'épée et qu'il l'aura quand il sera venu à Thrèbes avec ses frères pour signer un nouveau pacte. N'hésite pas à exiger leur présence. Il viendra s'il veut l'épée. En parallèle, tu enverras un courrier à Mycen le doré, Bran l'argenté et à Krysante, ta mère, pour qu'ils viennent. A ce moment là, les dracosires seront tous là et le pacte pourra être signé.
Marla hocha la tête et prit congé. Sur le pas de la porte, Evangélia ajouta :
- Ah, et n'oublie pas le mariage de Louis-Jacques de Macéo dans trois mois. Tu seras la représentante du Cercyl...

Lorsque Marla arriva dans la cour, la compagnie était déjà rassemblée sous la neige qui tombait toujours. Tolsen venait de commencer les présentations des trois nouveaux officiers. Il semblait de bien meilleure humeur que les derniers jours. D'ailleurs, il annonça que la course quotidienne de 23h ne serait que de 10 kilomètres. En quelques minutes tout avait été expédié, malgré les questions que certains se posaient sur les trois nouveaux arrivants directement propulsés dans de hautes fonctions. Il faut avouer que la demi-orque Takwaere arrivait à couper court à toute envie de poser des questions, et ceci d'un simple regard noir.

Honorine interpela Tolsen et lui demanda aussi une journée de permission pour le 13 du mois. S'en suivit une discussion où Honorine avoua qu'elle avait un rendez-vous avec Irann Zanne. Finalement le commandant donna son aval pour la journée.

*******************

Il était 19h lorsque je devinai les lumières de Thrèbes au loin. J'y étais presque... Je pouvais y être dans quelques heures, en forçant un peu. J'ai accéléré le pas. J'espérais que la 72ème compagnie pourrait m'aider. J'étais épuisée de devoir rester sur le qui-vive à chaque instant. Il faut dire que les Couteaux Sanglants avaient failli m'avoir il y a dix jours du coté de Sircanneau.
J'ai repensé à ces 'sharén bù zhayan', ces assassins précipités à ma poursuite, trop sûrs d'eux, trop certains de leur réussite ou trop fiers de savoir qu'ils m'attraperaient... Heureusement que je les avais repéré rapidement et que j'ai pu profiter d'une descente du guet local pour me retirer dans une chambre au premier étage et passer par la fenêtre. C'est comme le mois dernier, où il s'en était fallu d'un cheveu... Sans l'écroulement de ce pan de mur instable, c'en était fait de moi. Mais ils s'étaient améliorés. Ils mettaient de moins en moins de temps pour me tomber dessus... Et ils n'hésitaient pas à employer les moyens les plus vils. Je me souvenais encore de Kreid où ils ont tenté de m'avoir en m'incitant à aider une pauvre femme dont le bébé était malade. J'avais failli tomber dans le panneau mais par chance j'avais détecté les mouvements suspects avant qu'il ne soit trop tard. Et la fois où ils ont enlevé les enfants du patron de l'auberge où je m'étais arrêtée pour le forcer à me retenir, le temps que les renforts arrivent. Là aussi, ma veine habituelle m'avait permis de libérer l'otage car j'avais aperçu le bandit pousser le garçon dans un vieil entrepôt juste après l'avoir vu remettre le message pour l'aubergiste; et tout ça parce que je suivais des yeux une chauve-souris dont je trouvais le vol inhabituel... Mais le plus sournois avait été de tenter de me faire arrêter par le guet local à Trinsic pour des troubles à l'ordre public. Heureusement que j'avais senti les rivalités, voire l'inimité, entre deux des miliciens et que j'aie pu les pousser à se battre entre eux pendant que je me dérobais...

Vers deux heures du matin, je frappai à la porte de la ville. Il ne neigeait plus mais transie par le froid et l'humidité hivernale, j'avais hâte de trouver un petit coin chaud. La sentinelle, d'abord méfiante avait fini par m'ouvrir la porte et m'avait indiqué que la 72ème stationnait du côté du palais vers le nord puis m'a dirigé vers l'auberge du Cheval Blanc. Je dus user de mon plus beau sourire pour que l'aubergiste m'ouvre et me trouve une chambre en échange d'une petite pièce d'or.

*******************

Eölwë était endormie, tout comme Sariel, et ne remarqua pas tout de suite que l'anneau qui était accroché à une petite chainette autour de son cou brillait un peu plus fort que d'habitude, pas plus qu'elle ne vit la lumière qui se dégageait du grimoire et de la couronne marqués tous deux du symbole de l'œil.

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J'ai verrouillé la porte derrière moi et j'ouvris mon sac à dos. Il y avait une chaleur et une vibration étrange depuis que j'étais entrée en ville. La pierre qui était emmitouflée dans une de mes couvertures. C'est elle qui produisait cette chaleur. Curieuse, j'ai déplié la couverture et au moment de dévoiler la pierre, celle-ci se mit à briller plus fort et à pulser dans ma main, comme le jour où je l'avais trouvée dans ces ruines. 'Gái si' ! Vite je la remis dans la couverture mais je continuais à la sentir palpiter et émettre des vagues de chaleur. Il fallait que je trouve une solution pour cacher cette source de magie ou les Couteaux Sanglants me trouveraient à nouveau alors que j'étais si près du but.

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La brusque lumière et les vibrations des objets réveillèrent les deux magiciennes. Curieuses, elles se mirent à inspecter les objets qui semblaient pulser. Eölwë dit à Sariel d'aller chercher Tolsen car il y avait quelque chose en ville qui émettait des interférences. Elle se garda bien de dire qu'elle avait vécu le même phénomène dans la tombe de Ninive, lors de la découverte du fragment de la lumière de Desmeth qu'ils avaient laissé sous la protection de Khéro et ne sachant pas ce que Hilda avait révélé à Tolsen. Elle prit l'anneau et le décrocha doucement de la chainette. Le passant à son doigt, elle lança un sort mineur de prestidigitation pour tenter d'allumer une petite lumière dans un coin de la pièce. Mal lui en prit car le petit sort de rien du tout se transforma en un mur de feu doré dans un vacarme infernal.
En quelques minutes, le casernement était passé d'un sommeil réparateur au branle-bas de combat, croyant à une attaque. Hilda arriva sur les lieux au moment où la magicienne sévèrement brûlée réussit à dissiper le sort. Elle éteignit les flammes qui lèchaient encore les couvertures et les vêtements puis se retourna vers l'éladrine :
- Ca va ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je ne sais pas, ça ne m'était encore jamais arrivé.
La magicienne demanda à la demi-orque de lui passer son grimoire, brillant et pulsant lui aussi. Celle-ci le prit et le lui tendit, avec un affreux doute sur le fait que ce soit une bonne idée. Au moment où Eölwë toucha le grimoire, il y eut un nouveau flash lumineux et un gouffre se forma sous les pieds de la guerrière qui se retrouva 3 étages plus bas en un instant avec les jambes salement amochées par la chute.

Eölwë réussit à enlever l'anneau de son doigt quelques secondes avant que Tolsen arrive, suivi de Sariel. Les objets pulsaient toujours. Tolsen cria :
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je ne sais pas. Je ne peux pas l'expliquer, mais ça ressemble à une perturbation arcanique puissante.
Sariel tenta de lancer un sort de détection de la magie mais l'éladrine réussit à l'empêcher à temps. Derrière elle, Marla et Honorine attendaient, vite rejointe par une Hilda qui boitait.
- Vous quatre, trouvez-moi d'où ça vient, immédiatement.

Après quelques soins magiques sur Eölwë et sur Hilda, la petite troupe se mit en marche, guidée par la magicienne qui sut détecter les différences d'intensité des pulsations selon la direction vers laquelle elle se tournait. Après quelques hésitations et une vingtaine de minutes à tourner dans la ville, le petit groupe identifia la direction et se dirigea droit vers le sud-est en direction des portes de la ville.

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Je commençais à paniquer. Malgré la couverture, la lumière et les pulsations étaient toujours là. La chambre semblait vibrer de manière surnaturelle. Pire, depuis quelques minutes, l'intensité et la fréquence des pulsations semblait augmenter. Il me fallait isoler la pierre sans quoi les assassins des Couteaux Sanglants me repèreraient, si ce n'était pas encore le cas. Je lançai un sort d'abri de Léomund autour de moi et je voyais que tout semblait être revenu à la normale à l'extérieur de l'abri et la pierre semblait pulser plus doucement. Je me suis autorisé une petite sieste. Personne ne pouvait pénétrer dans mon abri si je ne le voulais pas. J'étais tranquille pour 8 heures.

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Eölwë avançait rapidement, suivie de Marla, Hilda et Honorine.
- On y est presque. On doit être tout près.
Elles tournèrent au coin d'une rue et brusquement, Eölwë s'arrêta sans prévenir. L'anneau venait de cesser de briller.
- Qu'est-ce qui se passe encore ? Je suis certain que nous y sommes presque.

Le petit groupe se mit à la recherche de quelque élément inhabituel sans succès et après une dizaine de minutes, l'éladrine suggéra que la source se trouvait peut-être dans l'auberge du Cheval Blanc car l'auberge était exactement sur le chemin où elle pensait avoir senti les pulsations plus précisément avant que le signal ne disparaisse. Elles rentrèrent dans l'auberge et l'expression d'Hilda devait être assez méchante pour intimider l'aubergiste :
- Vous avez eu un nouveau client lors de la dernière heure ?
- Comment est-ce que vous savez ?
- Qui et où ?
- Une jeune femme. Elle a pris la chambre 17 au premier étage.
- Envoyez quelqu'un à la 72ème et que le commandant Tolsen nous rejoigne.

Puis le groupe se précipita dans l'escalier et s'arrêta devant la porte de la chambre 17. Hilda tenta de l'ouvrir mais elle était verrouillée.

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Je ne sais pas si c'est mon intuition ou le bruit de la clenche actionnée qui m'avait réveillé mais je sentais qu'il se passait quelque chose. J'étais en alerte.

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Hilda dit alors :
- Il faut qu'on entre absolument. Tant pis, Tolsen paiera les dégâts.
Puis d'un violent coup de pied, elle défonça la porte juste à coté de la serrure.

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Brusquement la porte explosa avec un gros bruit. L'instant d'après, une demi-orque à la mine patibulaire entra dans ma chambre, suivie d'une éladrine, d'une humaine et de la plus imposante drakéïde que j'aie pu voir de ma vie. Toutes portaient un tabard avec un phénix qui ressemblait vaguement à la description qu'on m'avait fait des armoiries de la 72ème Compagnie. Je me mis à paniquer.
Ils étaient là. Les Couteaux Sanglants m'avaient déjà retrouvée.
Ils ont été fichtrement rapides cette fois-ci. Ça devait être à cause de la réaction de la pierre lorsque je suis entré dans la ville. En plus ils ont dû deviner que je chercherais à me mettre sous la protection de la 72ème Compagnie parce qu'ils ont revêtu de faux uniformes. A moins qu'ils n'aient infiltré la compagnie ennemie...
Les tueuses des Couteaux Sanglants s'étaient arrêtées, surprises de voir mon abri de Léomund. La demi-orque demanda à l'éladrine qu'est-ce que c'était que cette demi-sphère noire qui se trouvait dans la pièce. Cette dernière était sans aucun doute une mage car elle répondit très vite :
- Ca ressemble à un abri de Léomund à quelques détails près.
- Ça dure combien de temps ?
- Normalement 8 heures.
- Bon, on va rester là.

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Qu'est-ce que j'allais faire ? Il me fallait m'enfuir... Je regardais dans la pièce. L'humaine s'était arrêtée sur le pas de la porte. La fenêtre m'était inaccessible car la demi-orque s'était assise juste devant. Vite, il me fallait une solution. De toute façon, il fallait que je tente quelque chose. Selon leur mode de fonctionnement habituel, ils attendaient leurs renforts. Il fallait donc agir rapidement.
D'instinct, je me suis lancé un sort d'invisibilité puis discrètement j'ai tenté de sortir.

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Eölwë sentit la vibration de son anneau une seconde avant la lumière éblouissante qui venait d'envahir la pièce suivie d'un bourdonnement sourd. Elle cria :
- A couvert !

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Je n'ai pas été ébloui par le flash lumineux dans la pièce. Peut-être que ma chance légendaire m'avait fait cligner des yeux au bon moment. Quoi qu'il en soit, j'ai aperçu les assassins se jeter au sol. L'humaine dans le cadre de la porte s'était reculée, me laissant juste ce qu'il me fallait pour passer. L'invisibilité aidant, je me suis précipitée dans la rue. Le palais ! Il me fallait trouver l'endroit où la 72ème était cantonnée. Le garde m'avait dit vers le nord. C'est donc la direction que j'ai prise, en faisant bien attention de ne pas laisser de traces. J'ai réussi à éviter les hommes en armes qui venaient vers moi, peut-être des hommes du guet, dont certains pouvaient faire partie des Couteaux Sanglants.

*******************

La brillance des objets portés par Eölwë diminua petit à petit et le bourdonnement s'était arrêté. Le groupe fouilla la petite chambre sans rien trouver de plus. La demi-sphère était toujours présente et impénétrable. Quelques minutes plus tard, Tolsen entrait dans la pièce avec Sariel et quelques hommes. Il avait fait cerner le bâtiment par les hommes de la 72ème. Hilda tenta d'expliquer ce qu'elles avaient trouvé. Elle était encore énervée que leur proie leur ait glissée entre les doigts. Le commandant se tourna vers les magiciennes et insista :
- Est-ce que vous pouvez localiser l'événement ?
Eölwë et Sariel semblaient un peu réticentes à retenter l'expérience pour détecter la source de l'anomalie mais devant l'insistance de Tolsen, elles incantèrent et se mirent à chercher l'anomalie dans la ville. La première par le sud et la seconde par le nord lorsque tout à coup Sariel cria :
- C'est chez nous, au palais.
- Et m... Tous au casernement ! Au pas de course !

*******************

J'étais arrivée devant le palais. Si les Couteaux Sanglants avaient infiltré la 72ème, et ils l'ont certainement fait, les sentinelles seraient le meilleur choix. Quoi de mieux que d'intercepter et d'éliminer une menace tout de suite quand elle se présente ? Me montrer aux gardes de la porte n'était pas une bonne idée, l'un d'eux était sans doute un des 'qín shòu', un des assassins à ma poursuite.
Je devais donc trouver un officier. Les officiers sont certainement fiables; d'habitude ils font partie des anciens compagnons de confiances. Je me suis faufilée entre les gardes, toujours invisible. Par chance, aucune protection magique ne semblait s'être déclenchée. Je me suis mise contre un mur et j'ai observé.
Encore un coup de chance, une femme avec les insignes d'officier arriva dans la cour. C'était une humaine d'une bonne quarantaine d'années en armure avec un bouclier sur lequel on pouvait voir le symbole de Tyr, le dieu de la justice. Parfait ! Si je me dévoilais à quelques mètres d'elle sans armes ni intention hostile, elle va m'écouter. Je me suis donc déplacée jusque devant elle et j'ai dissipé mon invisibilité :
- S'il vous plait madame, je voudrais voir votre chef. Les Couteaux Sanglants ont essayé de me tuer, ici, à Thrèbes !
La prêtresse, surprise, a immédiatement hurlé :
- A la garde !
En moins de trente secondes, une douzaine de gardes m'entourait. La femme s'approcha et ordonna :
- Que quelqu'un la fouille !
'Bái chi' J'ai d'abord cru qu'elle avait appelé la garde parce que j'avais mentionné les Couteaux Sanglants, mais ce n'était pas le cas... Je ne pouvais pas permettre que quelqu'un me prenne la pierre. C'est précisément à cause d'elle que ma tête était mise à prix par les assassins de Marcus. J'ai lancé un sort d'invisibilité et j'ai tenté de m'évader de ce guêpier. Du coin de l'oeil j'ai aperçu une drakéïde noire lancer un sort de dissipation. Au moment même où je redevenais visible, je fus touchée par un sort d'enchevêtrement et j'ai senti une douleur lancinante dans mon flanc gauche... Lorsque j'ai baissé les yeux, j'ai vu mon pourpoint rougir du sang qui coulait de la blessure causée par la lance d'un des hommes...
A la porte, une troupe arrivait en courant. Je reconnus la demi-orque et l'immense drakéïde. J'ai dû me tromper quelque part, je me suis jetée dans la gueule du loup : droit dans le camp des gens que je fuyais depuis plus d'un an... Ceux-là se comportaient comme de vulgaires bandits. J'ai été transpercée par une lance et une épée alors que je n'avais pas même sorti une arme et que je demandais de l'aide. Puis une ombre est arrivée sur ma droite et la dernière chose dont je me souvienne fut une orque géante avec une hache et une horrible douleur sur le coté de mon crâne.

Ma perte de connaissance n'a pas dû durer très longtemps, quelques secondes tout au plus. Lorsque je suis revenue à moi, deux humais me tenaient les bras et la prêtresse de Tyr parlait avec un humain en armure lourde. La demi-orque qui avait fracturé la porte de ma chambre d'auberge s'apprêtait à ramasser mon sac à dos. J'avais l'impression de pouvoir presque sentir pulser la pierre au fond de mon sac, alors que rien ne semblait visible. Je percevais aussi à nouveau le léger bourdonnement et quelque chose semblait luire sous la chemise de l'éladrine. Celle-ci entama le lancer d'un sort de détection de la magie au moment où la demi-orque allait ouvrir le sac. Je laissais échapper un faible 'NON' de désespoir lorsque j'ai assisté, sans rien pouvoir faire, à la perte de conscience des deux magiciennes, assommées par la puissance du choc magique dû à leur propre sortilège. Impuissante, j'ai regardé la demi-orque trifouiller dans mes affaires et brusquement blêmir avant de refermer mon sac avec hâte et se tourner vers celui qui semblait être le chef avec un air implorant :
- Ne restons pas ici.
- Allons dans mon bureau.
Elle fit un signe à l'autre demi-orque, la montagne, qui posa son immense poigne dans ma nuque et m'emmena à la suite de l'humain.

On me mena jusqu'à une grande pièce avec un énorme plan de travail où je fus attachée solidement à une chaise, les mains dans le dos. L'immense demi-orque s'adossa contre le mur à ma droite, prête à intervenir. Face à moi, une humaine à la peau sombre, comme celle des habitants du désert, attendait patiemment et en silence. L'humain discutait avec l'autre demi-orque, qui avait aussi des insignes d'officier :
- Hilda, qu'est-ce qui se passe ?
Gênée pour une raison que j'ignore, elle répondit :
- Commandant, ce qu'il y a dans ce sac, c'est pareil que ce qu'on a trouvé dans les ruines et qu'on a laissé à Khéro.
Khéro ? Est-ce qu'ils parlaient de Sainte Khéro ? La légendaire survivante des non moins légendaires Tonnerres de Tempus ? Je me notais de me renseigner à ce sujet plus tard, si j'en avais l'occasion.
L'humain que la guerrière avait appelé commandant se tourna vers moi :
- Jeune fille, je crois qu'il est temps pour vous de nous fournir quelques explications ! D'abord, qui êtes-vous et que venez-vous faire ici ?
- Je m'appelle Shui Huang. Je suis arrivée en ville il y a quelques heures à peine. Moins d'une heure après, j'ai été attaquée par un groupe de bandits déguisés que je pensais faire partie des Couteaux Sanglants et qui s'est introduit nuitamment et par effraction dans ma chambre.
L'homme jeta un coup d'œil interrogateur à la demi-orque prénommée Hilda puis se retourna vers moi :
- Poursuivez je vous prie !
- J'ai paniqué. Et j'ai réussi à m'enfuir. Je suis arrivé à l'endroit que le garde de la porte m'avait décrit comme le casernement de la 72ème Compagnie dont je venais quérir l'assistance. Mais comme les agresseurs de l'auberge avaient des vêtements semblables, j'ai pensé trouver un officier pour éviter de tomber dans les griffes d'un autre assassin infiltré. Mais quand je me suis dévoilée devant la prêtresse de Tyr sans armes et en racontant l'agression dont je fus la cible, celle-ci a appelé des hommes pour me dépouiller de mes biens alors que je ne cherchais que protection. J'ai cru à ce moment-là que je m'étais trompée et que je n'étais pas au bon endroit, que j'étais tombée entre les mains des Couteaux Sanglants. Je ne pouvais pas laisser quelqu'un s'en prendre à mes affaires. J'ai voulu fuir mais tels des bandits de grand chemin, les soldats n'ont pas hésité à se servir de leurs armes contre une femme désarmée. Rien qui ne ressemblait à l'idée que je m'étais faite de l'honorable 72ème Compagnie.
- Dites-moi, seriez-vous celle que les Couteaux Sanglants cherchent à attraper depuis plus d'un an ? Celle pour qui une forte récompense est offerte morte ou vive sur tout le continent depuis les Principautés du Grand Orient et jusqu'à Thrèbes ?
J'ai gardé le silence un instant. Encore quelques secondes et mes mains seraient libres. Devant mon silence, l'homme continua :
- Je suis Erik Tolsen, commandant de la Compagnie du Phénix, 72ème Compagnie du Fort Tryr. Est-ce que vous voulez bien répondre s'il vous plait ?
- Oui, je suis celle dont la tête est mise à prix par un certain Marcus, chef des Couteaux Sanglants.
La demi-orque eut l'air un peu confuse mais l'humaine à la peau sombre eut un très large sourire. L'homme alla chercher une liasse de feuilles dans son armoire et se tourna à nouveau vers moi, lui aussi arborant un large sourire. L'atmosphère semblait s'être détendue d'un coup. Il me présenta quelques documents dont le côté droit était orné d'une sorte de couronne stylée. Chacun d'eux concernait une étape de ma logue fuite. Devant mon air surpris il dit :
- Nous vous suivons depuis votre arrivée dans les Royaumes Nomades. Nous ne connaissions pas votre nom mais l'acharnement que nos ennemis mettait à vous retrouver nous incitait à les en empêcher. Plus d'une fois, nous avons oeuvré pour que les renforts adverses ne puissent pas arriver à temps et pour que votre piste soit perdue par vos poursuivants.
A nouveau, je gardai le silence. Ma chance n'était pas la seule chose qui m'avait permis de ne pas tomber dans les mailles des filets tendus par les hommes de Marcus. A y réfléchir, certains événements s'expliquaient bien mieux à la lumière de ces informations. Tolsen reprit :
- Vous voulez bien nous dire pourquoi Marcus vous en voulait ?
- A cause du contenu de ce sac.
- Et qu'est-ce qu'il y a dans ce sac, s'il vous plait ?
- Une pierre magique que j'ai récupéré dans une ruine dans les Vastes Terres d'Enone sous le nez des Couteaux Sanglants et peut-être de Marcus lui-même. Je suppose qe vous comprenez pourquoi je ne pouvais pas laisser quiconque toucher à mes affaires...
Le chef de la 72ème Compagnie se tourna vers la montagne et demanda :
- Takwaere, détache la demoiselle.
- Ne vous donnez pas cette peine, répondis-je en posant les mais sur mes genoux avec la corde qui avait servi à me ligoter.
Dans la pièce, quelqu'un tenta de réprimer un éclat de rire, sans beaucoup de réussite. Amusé, Tolsen fit chercher les deux magiciennes. Lorsque celles-ci furent arrivées, il me demanda de décrire les ruines où j'avais trouvé la pierre. Lorsque j'eus terminé, l'éladrine qui s'appelait Eölwë me demanda :
- Et vous avez trouvé autre chose ?
- Oui, des inscriptions dans une langue inconnue sur les murs de la pièce où j'ai trouvé la pierre. J'en ai fait des frottis avant que tout ne s'effondre. Ils sont dans le double fond de mon sac. Attention, les feuilles sont fragiles.
Hilda, toujours un peu suspicieuse, fouilla dans mon sac et finit par sortir les fines feuilles de papier. Elle les tendit à Tolsen qui les confia à Eölwë pour traduction. Par la fenêtre, je pouvais voir que le jour n'allait pas tarder à se lever. Il devait être près de 6h du matin. Encore une nuit blanche... La tension était encore retombée d'un cran, l'adrénaline des dernières heures était retombée et je commençais à ressentir la fatigue. Le commandant fit alors d'un ton plutôt solennel :
- Dame Shui, nous sommes toujours intéressés par les gens talentueux. Plus encore s'ils ont maille à partir avec notre ennemi ou s'ils ont un but commun avec nous. Voilà ce que je vous propose : Vous intégrez la 72ème Compagnie et nous vous offrons notre protection contre les Couteaux Sanglants. Votre solde sera celle d'un homme du rang et vous serez un membre à part entière de notre famille. Je vous laisse jusqu'à ce soir pour prendre votre décision. En attendant, je vous propose de vous restaurer et de prendre un peu de repos.

On me rendit mon sac et le lieutenant Takwaere m'emmena au réfectoire où je pus prendre un solide petit déjeuner. Le rassemblement sonna et j'entendis le commandant Tolsen annoncer que ce serait un sacrilège de ne pas profiter d'une aussi belle journée pour une marche commando. Puis on m'emmena jusqu'à une chambre confortable (et facile à surveiller). Par habitude, j'ai lancé mon abri de Léomund pour mettre la pierre en lieu sûr, et pour éviter que d'autres ne puissent la localiser.

Il devait être midi lorsque je me suis réveillée. Dieux que c'était agréable de pouvoir dormir tranquillement, cela faisait tellement longtemps. Après un brin de toilette, j'ai appelé le garde en faction devant ma porte. En me voyant, celui-ci fut d'abord surpris puis il m'annonça que l'éladrine Eölwë souhaitait me voir. Il me mena jusqu'à l'étude qu'elle occupait. En me voyant, elle sourit et elle dit sans détour :
- Tu nous as bien eues cette nuit. Bien joué le coup de l'abri.
Devant mon silence, elle poursuivit :
- J'ai regardé ces frottis. Est-ce que tu peux m'en dire plus sur les ruines, comme par exemple leur type d'architecture, leur localisation ?
Je répondis rapidement à ses questions puis elle me proposa de travailler avec elle sur la traduction. Lorsque je lui ai avoué que j'avais déjà essayé, sans succès et à plusieurs reprises, elle s'amusa et me répondit qu'eux, avait la clé de traduction car ils avaient déjà traduit des textes rédigés dans la même langue.
Nous avons mis près de deux heures à décrypter les documents. Ils racontaient l'histoire de la venue d'anciens voyageurs qui ont amené la Lumière de Desmeth aux peuples de notre monde. Apparemment ils auraient donné un fragment de cette Lumière pour créer la magie dans les temps anciens et l'un de ces fragments avait été confié à une jeune humaine nommée Mystril.
Devant ma curiosité, Eölwë m'apprit qu'elle pensait que la pierre en ma possession était un de ces fragments. Je l'ai interrogé sur la façon dont elle m'avait retrouvé si vite et elle m'a avoué qu'elle possédait des objets antiques en orichalque un métal doré et très solide que je ne pensais qu'il n'existait que dans les légendes où il était souvent appelé le métal des dieux. Elle me montra son anneau, semblable à un anneau d'or marqué d'un œil, qui pulsait toujours très légèrement. Ces objets entrent en résonnance lorsqu'ils sont proches d'autres objets faits dans le même métal. D'ailleurs cet effet était aussi présent avec un fragment de la Lumière de Desmeth mais amplifié de façon considérable. Elle avait suivi les variations des fréquences résonnance pour me localiser. Et apparemment, elle pensait que le Mur des Ossements avait une clé de voûte formée d'un de ces fragments et cela expliquait pourquoi il était si solide infranchissable. Mais qu'en étudiant ces fragments, on devait pouvoir trouver une faille et l'exploiter. D'ailleurs ses dernières recherches lui avaient permis d'expliquer certaines caractéristiques et certains effets surprenants qu'on avait constatés du Mur.

Le soir venu, le commandant me convoqua dans son bureau en présence de son état-major. La demi-orque Hilda était présente, tout comme l'humaine à la peau sombre Abani, ainsi qu'un Drakéïde de bronze nommé Medrash. Il y avait aussi un elfe des bois, un nain et le lieutenant Takwaere la montagne. Il alla droit au but :
- Dame Shui, quelle est votre réponse à ma proposition de ce matin ?
Je sentais les regards inquisiteurs, souvent curieux mais parfois hostiles, lorsque je répondis :
- J'accepte votre offre
- Qu'il en soit ainsi. Vous prêterez serment demain matin devant le sait Etendard de Tempus. Vous serez affectée au groupe d'Hilda ici présente.
Celle-ci n'avait pas l'air particulièrement heureuse de m'intégrer dans ses effectifs. Il continua :
- Est-ce que vous avez quelque chose à dire ?
- Je crois qu'il faudrait qu'on mette ma pierre en lieu sûr... A ce que j'ai compris, c'est comme un phare et si Marcus ou le Sorcier Sombre la veut, il risque de venir en force s'il sait où la trouver.
- Et que suggérez-vous ?
- Mon abri de Léomund personnalisé semble efficace. Il a empêché votre magicienne Eölwë de me détecter lorsque j'étais dedans. Je suggère que je montre mon rituel à vos magiciens et que vous établissiez un roulement pour que l'abri soit toujours actif autour de la pierre. En gros, il faut lancer le sort toutes les huit heures. Un peu moins si on veut être certain qu'il n'y aura pas d'émission.

On m'a alors proposé une place vacante dans une des chambres prévue pour notre groupe. Je la partageais avec Abani, la rôdeuse des sables que j'ai déjà eu l'occasion de croiser, Honorine Tchazz, une guerrière humaine qui ne quittait pas son épée lourde et une demi-elfe du nom de Kaeline à l'air fort sympatique qui avait été affectée aux 'relations avec le guet'. Dans notre groupe, il y avait aussi l'éladrine magicienne Eölwë, l'impressionnante drakéïde de bronze Marla (qui parait-il serait la fille de la dracosire de bronze Krysante) et Hilda, qui commandait. Je me suis fait très vite une opinion sur mes compagnes d'aventure :
Hilda donnait l'impression d'êtret un peu psychorigide et un peu trop carrée, mais franche, juste et droite dans ses bottes quoi qu'un peu limitée dans ses raisonnements.
Honorine était tendue, son arrogance et son attitude expansive ne me semblaient être qu'une façade pour voiler ses doutes.
Eölwë était une magicienne de l'Ecole des Etoiles plutôt impulsive. Elle était l'élève de Rachel, la fille du légendaire Galinndan.
Marla m'apparaissait comme un enfant que son rang avait chargé d'une responsabilité trop importante pour ses épaules. Elle était une paladine de Torm.
Kaeline, l'autre demi-elfe était agréable et affable. Néanmoins, son regard pouvait être dur comme l'acier.
Abani restait une énigme. Cette rôdeuse toujours de bonne humeur, semblait être incontournable dans la compagnie pour une raison inconnue.
"Chaos always wins because it is better organized", Terry Pratchett

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Lilianthe
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Message par Lilianthe » 02 juin 2015 17:37

Toujours irréprochable...

Beau boulot :)
La vie est un bien perdu quand on ne l'a pas vécue comme on l'aurait voulu.
Mihai Eminescu (1850-1889)

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Chazam
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Message par Chazam » 02 juin 2015 19:32

J'avais pas vu :) encore une fois chapeau l'artiste ;)
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l'Intelligence c'est comme les sandales elfiques quand on en a pas on s'ecrase !!!

Un bon Thunk est un Thunk mâchouillé par mon Chagar.

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Lord Kntrack
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Re: D&D 5 : Les légendes de Démétaires Acte II - S01E08

Message par Lord Kntrack » 02 juin 2015 20:20

J'adore le passage où tu te fais assommé : Puis j'ai vu une ombre. ...
On ne dit pas Richelieu mais Sympa la baraque

http://kntrack.labrute.fr

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